Entretiens :Catia D'Amore a accepté de prendre le micro et de partir à la découverte des exposants, conférenciers... de cette 2e édition de Saignelégier.

 
Voici la liste des interviews dans l'ordre chronologique:
Christiane Beerlandt  - Ghislaine Pasquier - Marie Lise Labonté - Martine Desmoulins Berger & Roger-Michel Berger - Thierry Gaubert - Walter Fürer


 

Entretien avec le Dr Dirk Lippens, traducteur de Madame Christiane Beerlandt, 2 mars 2013
Christiane Beerlandt est conférencière et auteur belge néerlandophone. Elle a écrit depuis 1991 plus de 20 livres, dont 11 sont traduits en français. Ces ouvrages, qui traitent du développement personnel, de la psychologie des profondeurs et de philosophie, sont utilisés par de nombreux thérapeutes et médecins. Les plus connus sont « La Clef vers l’Autolibération » et « La Symbolique des Aliments ». Elle sera présente au Salon du mieux-vivre de Saignelégier pour deux conférences :


•    13 avril 2013, 17h00 : Rien ne se passe par hasard.
•    14 avril 2013, 13h00 : Le sens profond de nos envies alimentaires.


Bonjour Monsieur Lippens, je vous remercie de nous consacrer ce moment, pour nous parler de l’œuvre de Madame Christiane Beerlandt.
Tout d’abord, j’aimerais dire que Christiane Beerlandt se réjouit d’être à nouveau en contact avec le public suisse. Cela a toujours été une expérience très agréable pour elle, parce que les Suisses sont très lucides, ils veulent savoir le fond des choses et ils réfléchissent sur le sens profond de celles-ci.
Pouvez-vous nous expliquer de quelle façon se déroule le processus d’écriture de Madame Christiane Beerlandt ?
Oui. Par exemple, pour son livre le plus connu, « La Clef vers l’Autolibération », qui traite des origines psychologiques et émotionnelles d’environ 1000 maladies, elle a préparé 1000 morceaux de papier, et sur chacun deux, elle a écrit le nom d’une maladie. Ensuite, elle a choisi un des papiers à l’aveugle et s’est posé la question : quelle est l’origine psychologique la plus profonde de la maladie que j’ai en main ? Là, commence un processus d’écriture qu’elle nomme « se brancher sur la fréquence de la vérité ». C’est un talent très développé chez Christiane Beerlandt, que la vie lui a donné dès sa naissance. Cela lui permet de travailler très vite, c’est un don spécial. Une fois le texte écrit, elle regarde quelle maladie est annotée sur le morceau de papier, et écrit ainsi le titre. Elle utilise ce même procédé pour chacun de ses ouvrages.
Bien sûr, les personnes qui ont un esprit critique vont se demander si tout cela est juste. La seule chose qui compte, c’est la réalité pratique. Dans mon cabinet médical, j’ai vraiment constaté la valeur énorme de l’ouvrage « La Clef vers l’Autolibération » pour les patients. Quand ils lisent le texte correspondant à leur maladie, ils sont toujours étonnés de son exactitude et de sa justesse frappante.
Christiane Beerlandt, dès sa naissance, a toujours voulu aider les gens, les aider en profondeur. Elle souhaiterait essayer de remédier à toute la souffrance de l’humanité, en donnant de l’information aux gens pour leur permettre de prendre leur vie en main.
Essayer de guider les gens vers leur propre vérité ?
Oui. Disons que la vérité, personne ne peut la posséder, mais la vérité, c’est une fréquence, et dans la vie, on peut essayer de se brancher à cette fréquence et sur le noyau profond qui est en nous. Si nous arrivons à nous brancher à l’âme profonde, à celui que nous sommes vraiment, ce sera en faveur de notre santé, et nous nous sentirons de plus en plus heureux.

Pouvez-vous nous dire deux mots sur le sujet de la conférence du samedi 13 avril « Rien ne se passe par hasard », Christiane Beerlandt nous parlera-t-elle de synchronicité ?
Cette conférence traitera du sujet de l’ouvrage intitulé « Le livre des Signaux ». Pour l’instant, 3 tomes sont traduits en français, un 4ème devrait sortir en fin d’année.
Prenons un exemple : il se passe un événement dans votre vie, cela peut être un événement plutôt banal comme une lampe qui saute ou un évier qui est bouché, ou un événement plus important, comme un accident de voiture ou un incendie. Bien sûr, quand il y a une lampe qui saute dans la maison ou un pneu crevé, c’est un problème technique. C’est vrai, mais, en même temps qu’un tel événement se produit, il se produit de façon synchrone quelque chose en nous, au niveau de notre psychisme, de notre émotion, de nos convictions profondes. Cette synchronicité est expliquée dans « Le livre des Signaux ». Par exemple, reprenons notre lampe qui saute. Soudain, plusieurs lampes sautent en même temps dans la maison, il y a bien sûr le fait qu’elles sont usées, cela on le sait, mais il est bon de s’attarder sur ce qui ce passe en nous au même moment. Je résume brièvement le texte de Christiane Beerlandt, qui est assez long : il s’agit souvent d’une sorte de dureté. Cela peut être des pensées dures ou des pensées de colère, de vengeance. Cela peut être aussi le fait d’avoir travaillé très dur pendant les jours précédents, d’avoir exagéré. Normalement, le courant électrique est souple, c’est une ondulation. Quand il y a une interruption du courant à cause de la lampe qui saute, cela correspond toujours à cette dureté qui est en nous. Lorsque l’on comprend bien le signal, lorsque l’on s’accorde plus de douceur avec soi, - oui je ne vais plus avoir ces pensées de vengeance ou de colère envers les autres -, alors une douceur s’installe en vous, vous aurez compris ce signal, et vous vous éviterez d’autres signaux liés à cette dureté. Vous vous éviterez par exemple des palpitations ou des extrasystoles cardiaques.
Et de quoi parle la 2ème conférence, qui aura lieu le dimanche 14 avril, « Le sens profond de nos envies alimentaires » ?
Toute personne a des envies alimentaires spontanées. Moi, par exemple, je vais peut-être avoir envie d’une pomme et vous d’une orange. C’est différent pour chaque personne, et cela n’est pas un hasard. Nos envies alimentaires peuvent nous apprendre énormément sur nous, parce que chaque aliment correspond à un symbolisme profond, et chaque aliment dont nous avons envie spontanément nous adresse un message très important. Là encore, il s’agit de comprendre ce message. Il y a des exemples frappants, quand, par exemple, tout à coup vous avez envie de lait alors que vous n’en buviez jamais. Le lait symbolise un nouveau chemin que l’on veut entamer inconsciemment ou consciemment. Par exemple, un peintre qui va commencer un nouveau tableau peut, à ce moment là, avoir très envie de lait. Le lait va l’aider psychologiquement et physiquement dans ce qu’il est en train de faire. Cela peut aussi se produire lors d’une maladie, quand tout à coup on a envie de beaucoup de jus de citron ou d’eau avec du jus de citron, en cas de grippe. Si l’on comprend bien la symbolique du citron et que l’on met cela en application, ça va aider à la guérison. Là encore, je vais être très bref par rapport au texte de Christiane Beerlandt. Le citron nous demande de ne pas courir, courir, courir tout le temps, sans plus voir la beauté des petites choses, d’une fleur au bord de la route, d’un chant d’un oiseau. Le citron nous demande de devenir plus tranquille intérieurement. C’est un peu un parallèle au symbolisme de la grippe, qui nous dit que la vie stressante a exigé beaucoup trop de nous ; la personne est pour ainsi dire prise par une pince pour être mise au lit et retourner  au plus près d’elle-même, s’ancrer dans la tranquillité.

Les médias et l’opinion publique ont été mis en émoi ces dernières semaines par le scandale de la viande chevaline. Une escroquerie d’ampleur internationale, qui met l’industrie agro-alimentaire au premier rang d’une affaire où l’on a fait passer de la viande de cheval pour de la viande de bœuf. Est-ce que Madame Christiane Beerlandt s’est déjà penchée sur le symbolisme de ce sujet ?
Je ne peux malheureusement pas vous répondre. Christiane Beerlandt  a été interviewée à ce sujet par un important journal belge en tant que philosophe de l’alimentation. Ici en Belgique, les gens ne se font pas tellement de souci à ce sujet. Mais dans tous les autres pays européens, la consommation de ces produits suspects a énormément baissée. Je suis sûr qu’il y a une signification profonde, et je vais demander à Madame Beerlandt d’utiliser son don pour voir de laquelle il s’agit. Elle pourra certainement l’expliquer lors de sa conférence.
Monsieur Lippens, nous arrivons au terme de cet entretien, souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
Simplement, je peux vous dire qu’en tant que médecin, j’ai vu tellement de petits et de grands miracles avec les ouvrages de Christiane Beeerlandt. J’ai vu des gens malades qui ont été fondamentalement aidés en lisant le texte correspondant à leur maladie. Je suis très reconnaissant envers Madame Christiane Beerlandt d’avoir écrit tous ces ouvrages pour nous aider à devenir qui nous sommes vraiment, à devenir de plus en plus heureux et ainsi améliorer notre santé.
Lausanne, le 2 mars 2013
Catia D’Amore



        Entretien avec Ghislaine Pasquier, 28 février 2013
On dit que l’instant d’entre-deux temps est un moment favorable aux passages d’énergies, d’âmes. La journée est rayonnante en Gruyère, ce n’est plus vraiment l’hiver, ce n’est pas vraiment le printemps. Ghislaine Pasquier est guérisseuse. L’Espace Imago où elle prodigue ses soins est adossé au pied du Moléson…en face, le village de Gruyère et la dent de Broc complètent le tableau. C’est dans ce lieu puissant qu’elle élabore ses élixirs de fleurs et de cristaux.


•    Ghislaine Pasquier sera présente sur le stand 242


Bonjour Ghislaine Pasquier, merci de m’accueillir. C’est magnifique ici. Pouvez-vous nous parler de votre enfance, de vos racines ?
Mes racines, mon atterrissage initial, s’est fait en Provence dans la Drôme. Rires. Je suis née en compagnie d’un frère jumeau, entre Nyons et Montélimar, dans un village qui s’appelle Valréas. C’est une terre que j’aime beaucoup, qui est restée assez sauvage, aride. Les personnes qui l’habitent aussi peuvent être un peu plus âpres de contact, et, en même temps, ce sont des personnes proches de la terre. J’ai eu une enfance assez tranquille, au milieu de cette flore particulière. Mon frère aîné cultive et distille de la lavande dans un village qui s’appelle Teyssières. Nous y passions nos vacances. Ce lien avec le végétal, la flore, je l’ai réalisé seulement une fois que j’ai quitté la région.
J’ai pu le retrouver plus tard, lors d’une formation sur les fleurs de Bach. Là, je me suis dit, tiens, aller dans les champs et faire des élixirs, cela pourrait être pas mal. Puis j’ai laissé ça de côté…
C’est plus tard, grâce à mon troisième fils, âgé alors de 7 ans, que j’ai eu un flash. Un jour, c’était en été, il a joué tout un après-midi à mettre des brins de lavande dans des verres d’eau. Il les a laissés au soleil, mais le soir venu, l’orage est arrivé. Nous étions seuls, lui et moi, et nous nous sommes précipités pour rentrer la terrasse et les verres d’eau. Je trouvais dommage de jeter le contenu des verres avec la lavande dans l’évier, alors j’ai proposé à mon fils de boire de cette eau. Dans les 5-10 minutes qui ont suivies, on s’est retrouvés dans un état très joyeux, euphorique, on a commencé à chanter et à danser. Rires. Mon fils venait de sortir d’une varicelle, alors je suis allée chercher un livre de phytothérapie qu’une amie m’avait offert quelques années auparavant, pour y chercher dans le glossaire les plantes utilisées pour soigner la varicelle. Il y avait 2 plantes, dont la lavande. Pour moi, ce moment-là a été comme un éclair…l’orage, il était en moi. Ça a vraiment changé quelque chose dans mon énergie et dans mon physique aussi. C’était le moment pour moi de commencer mon travail avec les plantes, et, bien sûr, en premier lieu avec la lavande.
Dès les jours suivants, j’ai réalisé un élixir de lavande dans les règles de l’art. Ces appels, ces guidances, on en a pas conscience quand on est dedans, c’est le recul qui m’a permis de réaliser, wouaw, comme on est guidé, appelé.
Peu à peu, il y a eu quelques fleurs, 12 -15, que je mélangeais avec les fleurs de Bach. J’ai commencé à donner ces flacons, puis les retours sur les effets sont venus. Aujourd’hui, il existe une soixantaine d’élixirs.
J’ai quitté ma Provence natale à l’âge de 20 ans pour la Suisse. L’idée était d’y travailler quelques mois en tant que sommelière…la vie a fait le reste. J’ai rencontré mon futur mari et j’ai planté mes racines ici.
Pour moi, le fait d’avoir des racines en deux endroits différents est une richesse. Certaines attitudes de personnes, du fait que je ne suis pas d’ici, de cette terre, bien que nous sachions tous que nous sommes de la même terre, m’ont permis de me connecter à cette universalité. Ca a semé ça en moi.
Cette richesse me permet de recevoir la personne en soins dans un accueil de ce qu’elle est à cet instant, avec son potentiel présent. Cela permet de dynamiser, d’enlever, d’équilibrer et de lui redonner son propre pouvoir d’avancement et de libération pour sa guérison. C’est ce que j’aime dans ce travail d’accompagnement.
Quel est le lien entre les ventouses, que vous pratiquez, et votre maman, que vous citez par rapport à cette technique ?
Quand j’étais enfant, j’ai vu ma mère faire ces gestes pour soigner mon père de ses maux de dos ou des états grippaux. Cela faisait partie des gestes d’épouse, transmis de génération en génération. Mais ce n’est pas une transmission que j’ai reçue de ma maman.
C’est une technique que je ne suis pas allée chercher, on me l’a proposée. C’est un vieux monsieur que je vois de temps en temps qui, un jour, m’a dit, tiens, cet outil peut être bien pour toi dans ce que tu fais. Il m’a montré sa technique et j’ai beaucoup aimé. Ce que j’apprécie particulièrement, c’est le côté feu, lorsqu’on allume le coton. C’est là que j’ai réalisé que c’était un geste que j’avais reçu en tant qu’enfant.
Par contre, cela n’a pas créé de lien particulier à ce sujet avec ma maman. Bien sûr, je lui parle un peu de ce que je fais. Je sens que, quelque part, ça l’interpelle, parfois je sens aussi qu’elle est fière, mais elle ne souhaite pas trop entrer dans ce monde.
Pensez-vous, lors de votre parcours, avoir retrouvé des connaissances qui étaient déjà présentes en vous ?
Oui, je crois qu’il y a quelque chose de cet ordre-là. Il y a aussi, et je m’en rends compte à travers ce qui se crée dans les soins, une part des mémoires qui sont en nous qui se réveillent.
Lorsque nous étions plus jeunes, mon mari et moi aimions aller faire les brocantes. Souvent, il y avait des stands de pierres, avec des pierres brutes. Je me souviens que j’avais une aversion pour ça, je passais loin de ces stands-là, je ne pouvais pas faire autrement. C’est très drôle puisqu’à présent, cela fait une douzaine d’années que j’ai eu un appel, que j’ai reçu des informations et que j’ai fait 2 formations pour commencer à travailler avec les pierres. Aujourd’hui, je travaille toujours avec elles, et je transmets ce savoir par des cours.
On a toujours l’impression de choisir, mais ce n’est pas le cas, c’est l’outil qui nous choisit. Rires.
Il y a deux ans, j’ai eu le grand bonheur d’aller écouter le Dalaï-Lama à Lausanne, et là, à nouveau, des choses se sont passées en moi, des choses qui s’inscrivent pour ensuite être retransmises plus loin. Ce qui s’allume en soi permet d’allumer chez l’autre aussi. C’est ce qui est magnifique.
Ce trait d’union est très présent lorsqu’on lit votre site, il l’est aussi ici, maintenant.
Rires. Je ne m’en rends pas compte, je suis trop dedans. C’est comme le vent qui passe, tout se met de façon juste. On le sait, on ne choisit pas, on nous choisit, on nous emploie pour telle ou telle chose, c’est cela se mettre au service, être le lien.
Parfois je suis très touchée d’être cet intermédiaire, avec cette énergie qui travaille, cette présence, cette lumière, et d’avoir la grâce d’être là pour accueillir cela, pour pouvoir le dynamiser, l’activer chez l’autre. D’ailleurs, je le dis à la personne qui arrive pour un soin. Vous venez, mais vous participez totalement par votre intention, par ce que vous offrez, dans ce que vous accueillez et redonnez.
Quelques fois, on ressent intensément que quelque chose s’est passé chez la personne qui vient en soin, elle le ressent aussi bien sûr, même si elle ne peut pas toujours le mettre en paroles. Quand elle peut l’exprimer et qu’elle souhaite le partager, c’est merveilleux, parce que c’est l’être en expérience qui observe ce qui est en train de se passer. Du coup, le rire, l’humour, sont présents. Quelle belle façon d’avancer !
Ces moments, si particuliers, si intenses, quand la lumière se fait chez l’autre. Est-ce qu’on pourrait dire que c’est le « Graal » du thérapeute ?
Bien sûr que c’est ça.
…Un papillon orange passe, tel un messager, une caresse. Il est là pour dire « tu n’es pas seule. Toute expérience, reste une expérience, aie confiance »…
Comment est-ce qu’elles viennent à vous, ces fleurs ?
Il n’y en a pas une qui vient de la même façon. Rires. Quelques fois, c’est un papillon orange qui me montre le Perce-Neige et le Tussilage. Mais pour prendre un exemple, je peux vous parler de l’Immortelle. Il y a 18 mois, l’un de mes fils a vécu une expérience difficile. Il a eu un grave accident de montagne dans le massif du Mont-Blanc. Il a dû faire un séjour à l’hôpital pour subir l’ablation de la rate. Durant cette période, ce passage, on a reçu constamment, tous les deux, l’Immortelle. Un de ses copains lui apporte un Science & Vie lors d’une visite, dont le titre était « Recherche vers l’immortalité ». Il regarde la télévision, il tombe sur un champ d’Immortelles. Lors de cet événement, mon mari et moi étions en vacances en Provence. Nous logions dans une maison d’hôtes. A cet endroit, pendant la 2ème guerre mondiale, des jeunes filles mettaient en bouquet de l’Immortelle séchée. Parce que c’était la seule plante à l’époque qui pouvait rester dans les cimetières. Donc voilà, nous la recevions tous les deux en même temps. Mais, à ce moment-là, l’élixir n’était pas encore fait. Je ne l’avais pas à portée de main, donc comme d’habitude j’ai laissé faire le temps.
L’année dernière, pour la première fois, nous avons fait une croisière en Méditerranée avec mon époux. France – Italie – Grèce. Dans ce périple, nous faisions escale sur l’Ile de Santorin, où était prévue entre autres une dégustation de vins. Je me rends aux toilettes, au-dessus du lavabo était placé une petite corbeille avec des fleurs séchées. J’ai laissé s’échapper un petit cri en réalisant que c’était l’Immortelle. J’en prends quelques brins que je place dans ma poche. De retour à table, je constate qu’il y en a un bouquet sur chacune d’elles. J’ai été transportée par une vague, que dis-je, un tsunami d’énergie, mais tout cela passé sous silence, pour ne pas amuser la galerie. Ce n’était pas facile. Cette conjonction Santorin – Immortelle, c’était très fort. Je demande à une jeune fille si elle a des bouquets à vendre, malheureusement non. Là, je me dis, je ne vole personne, cela sera redonné plus loin, et je prends quelques bouquets avec moi. J’ai fait l’élixir sur le pont de notre cabine entre Santorin et Athènes ! Un verre d’eau, les brins d’Immortelle, elle a solarisé 2 jours et 2 nuits. Lorsque nous quittions la cabine, je la mettais dans le coffre pour qu’elle ne soit pas débarrassée. J’ai toujours quelques flacons en verre et un peu de cognac quand je pars en voyage. L’Immortelle est née comme ça.
Est-ce que vous pourriez vous imaginer en globe-trotteuse à la recherche de plantes pour vos élixirs ?
Rires. Oooh oui ! Pourquoi pas ! En Australie par exemple, c’est un pays que j’aime beaucoup, je m’y vois bien ! J’ai déjà un peu commencé en vacances. Rires.
Vos enfants, vos fils, sont présents dans vos paroles. Est-ce qu’il y a un souhait de transmission ? Est-ce que l’un d’eux a manifesté de l’intérêt pour recevoir ce bagage ?
Il y a quelques années de cela, au moment d’aller chercher l’élixir de Millepertuis que j’avais fait sur la colline de Gruyère, je les ai pris tous les 3 avec moi, parce qu’ils étaient plus petits. Arrivée sur place, je récupère l’élixir, je le goûte un petit peu, comme je le fais à chaque fois. Bien sûr, j’en ai fait goûter une goutte à chacun. Comme souvent, l’instant passe, les années aussi, et un jour que je vérifiais la fiche technique de cette plante, je me suis souvenue du jour où nous étions sur la colline. J’ai ajouté, à ce moment-là, la symbolique de la fratrie pour la plante du Millepertuis.
Alors retransmettre, oui, je ne veux rien forcer. L’un d’eux est chimiste. Rires. Nous verrons. Ils sont dans tous les cas tous les 3 très ouverts. Laissons la vie faire son œuvre …
C’est ainsi que se termine ce temps d’entre-deux. Merci.
Lausanne, le 28 février 2013
Catia D’Amore


 


Psychothérapeute, écrivain, formatrice et conférencière, Marie Lise Labonté est l’auteur de nombreux ouvrages traitant de la MLC© « Méthode de libération des cuirasses ». C’est pour se soigner de l’arthrite rhumatoïde dont elle était atteinte à l’adolescence, que Marie Lise Labonté a développé une méthode qui allie approche corporelle, visualisation et psychothérapie. Aujourd’hui, avec plus de trente ans de pratique, elle forme des intervenants en Europe, en  Amérique du Nord et du Sud, et donne des conférences à travers le monde.


•    13 avril 2013, 20h15 : Le pouvoir de l'imaginaire. Avons-nous perdu la capacité de rêver ? Jusqu'à quel point nous donnons-nous la permission de rêver ?


Bonjour Marie Lise Labonté, merci de nous consacrer quelques instants pour nous parler de votre prochaine venue au Salon du mieux-vivre de Saignelégier et de votre nouveau livre à paraître, « Les portes du cœur » aux éditions Guy Trédaniel.
Pourquoi nous empêchons-nous de rêver ?
Le rêve fait partie de l’être humain. Si l’on met quelqu’un en prison, instantanément, il va rêver d’évasion, même s’il est dans un état dépressif. C’est instinctif de se projeter dans le futur. Les enfants ont une très grande capacité à être dans leur monde imaginaire et à se créer des histoires. C’est une richesse que nous perdons en grandissant. La façon dont on est éduqué peut faire que c’est permis de rêver et de parler d’un monde imaginaire, mais seulement jusqu’à un certain âge. Puis, à moment donné, parce que les parents ont vécu eux-mêmes des déceptions face à des rêves qu’ils n’ont pu réaliser ou que pour eux, rêver, c’est fantaisiste, l’enfant n’a plus le droit de rêver. Il y a tout un système d’influence familiale transgénérationnelle et culturelle qui va encourager l’enfant à maintenir cette relation avec le monde imaginaire ou au contraire la briser. J’appelle cela une brisure…elle se passe de façon difficile pour la majorité des gens. Donc, le jeune enfant continue de rêver, mais il garde ça secret, c’est son droit, c’est son jardin secret, mais il ne peut plus en parler ou nommer ces rêves. Notre société nous pousse à stimuler notre imaginaire, mais pour obtenir des résultats. Des choses qui sont très exigeantes en termes de but, de succès, d’accomplissement, de pouvoir, de réalisation de soi, une voie qui demande aux gens non seulement de s’adapter mais de se « sur-adapter ». Cela aussi épuise l’imaginaire. Parce qu’on pense qu’on a droit à certains rêves, ceux qui sont reconnus socialement. Tu peux peut-être rêver aux Etats-Unis de devenir millionnaire, en France ce serait peut être mal vu. Ce sont des exemples pour dire qu’il y a un système dans notre société qui nous donne droit à certains rêves et d’autres non. Le monde imaginaire est toujours là, mais au lieu de l’utiliser à des fins créatrices, on l’utilise à des fins de destruction. Je parle de ce processus dans le livre « Se guérir autrement c’est possible ». Où, à moment donné, mon énergie vitale, du fait que je me sens enfermée, tourne en moi, et j’utilise de façon excellente ma capacité imaginative, mais pour me créer des scénarii d’horreur et d’échec. Scénarii qui nourrissent une dimension d’impuissance et des complexes intérieurs. Ceci au détriment de la grandeur, de la beauté de l’être humain et de sa capacité à se projeter dans un avenir, ce qui est permis à tous.
Quand nous parlons d’un monde imaginaire, nous parlons de l’hémisphère droit du cerveau qui est très peu utilisé dans nos sociétés, contrairement à l’hémisphère gauche, qui est très développé. Nous avons besoins de cette dimension de l’hémisphère gauche, qui est rationnel, logique, mais en même temps, elle nous limite et ne nourrit pas nos cellules de la même façon. L’intelligence émotionnelle a de la difficulté à exister dans tous ce qui doit être rationnalisé, calculé. Même dans ma propre histoire, quand j’ai informé ma famille que je quittais tout pour aller vers Madame Thérèse Bertherat à Paris, pour me guérir, et que je vendais tout ce que j’avais, mais que, malgré tout, il me manquait encore des sous, ils m’ont dit : « Mais arrête de rêver Marie Lise, attends d’être mieux pour aller à Paris, amasse tes sous encore un an ». Rires. S’il faut que j’attende d’être mieux, je vais attendre toute ma vie pour aller à Paris guérir, et, dans un an, je serai en chaise roulante. Mon geste était irrationnel dans une famille où tout était rationnel, calculé. Mais personne ne pouvait être à ma place. Donc, j’ai cassé quelque chose qui était comme une influence familiale, quand j’ai tout vendu et que je suis partie à l’aventure, guidée par une voix intérieure qui était mon intuition profonde. Je savais que je ne pouvais pas me tromper. Mais même si c’était le cas, je quittais un enfermement dans lequel de toute façon j’étais malade.
Lors de cette conférence, nous donnerez-vous quelques clés pour essayer de passer dans le cerveau droit ?
Oui. J’espère pouvoir amener les gens dans une forme de visualisation, à tester « leur capacité de l’imaginaire », qui est une visualisation très simple qui s’appelle l’endroit de rêve. Beaucoup de gens me disent : «  Moi, je ne veux pas m’imaginer dans un endroit magnifique parce que j’y ai pas droit, parce que j’irai jamais ». Encore le couperet qui arrive.
Si l’on ne croit pas à son rêve, le rêve ne peut pas se réaliser ?
C’est difficile qu’il se réalise, parce que si je ne mets pas mon intention dans toute cette énergie qui est la forme pensée reliée avec les émotions à travers les sens, comment voulez-vous que cela se réalise ? Souvent, les gens disent « Oh oui, j’y crois ! », mais une partie d’eux qui a des bénéfices secondaires à être malheureux, à souffrir, n’y croit pas.
Vous nous avez parlé plus haut de ce déclic qui vous a permis de partir à l’aventure, de sortir de l’enfermement. Qu’est-ce qui fait que certaines personnes font le pas et d’autres non ?
Je pense qu’il y a de petits déclics intérieurs chez beaucoup de gens, mais ils les dénigrent, ils n’y croient pas, ils ne vont pas les nourrir parce qu’ils n’y a pas un terrain propice à quelque chose de plus vaste en eux. Ils sont dans des enfermements dans lesquels, inconsciemment ou semi-inconsciemment, ils perpétuent et répètent les mêmes gestes, les mêmes formes pensées. C’est là où des gens comme vous et moi et d’autres, en tant qu’intervenants, sommes des éveilleurs de conscience, nous proposons une vision plus vaste de la réalité, par exemple l’on peut dire : « Regarde, tu pourrais porter ton regard de l’autre côté de la clôture, il y a autre chose dans le monde ». Il ne s’agit pas d’y adhérer ou non, parce que ce n’est pas un système de croyances, mais c’est une expérience. Je pense que dans l’expérience, des gens ont connu des déclics, mais ils ne le reconnaissent pas en tant que tels. C’est pour cela que le partage est intéressant. Pour que les gens disent : « Ah oui, ce jour là, j’ai vécu un déclic, soudainement j’ai trouvé une solution, mais la porte s’est refermée. Parce que j’étais seul dans mon système et que je me suis laissé ramené dans mes anciens fonctionnements ».
Est-ce que le fait de noter nos rêves au réveil nous permet d’aller vers plus de contact avec notre monde intérieur ?
Oui, c’est très important de noter ses rêves, même si on se réveille en milieu de nuit. Ou de prendre des temps de relaxation dans la journée, pour juste être à l’écoute des images, des sensations kinestésiques, ou auditives. Quelques fois, dans les ateliers, je fais pratiquer les gens, en leur demandant d’imaginer un éléphant rose, pour oser le jeu du rêve. Parce que ça, c’est la dimension de l’âme, le rêve est une dimension qui inspire. On voit ça chez les enfants atteints de leucémie, si on les invite à continuer de rêver, ils vont vivre plus longtemps.
Ces prochaines semaines va paraître votre nouveau livre, « Les portes du cœur », en collaboration avec Jérome Angey, pouvez-vous nous en parler ?
C’est comme le livre « Accompagnement d’âmes », ce sont des ouvrages que je n’ai pas écrits moi-même, mais que j’ai reçu en transmission médiumnique à travers mon « channel », comme on dit. Alors, évidemment, quand un livre sort sous mon nom, c’est que j’ai accepté. J’ai été touchée par les enseignements, ils sont de toute beauté. Ce sont trois années de transmission, de 2010 à 2012, que j’ai données à Paris ou en Espagne sur différents thèmes. Notamment, le thème du partage, de l’intelligence divine, du chemin de l’âme, le mandat de notre âme dans l’incarnation, et le thème des portes du cœur. Ces transmissions s’appellent « Les maîtrises »,  le terme maître, est là pour nous aider à retrouver en nous le maître, et non pas à le chercher à l’extérieur.
Comment garder le cœur ouvert quand nous sommes profondément touchés par une expérience personnelle, ou plus largement, quand des événements d’importance médiatique nous ébranlent ?
Nous avons plein de raisons dans notre quotidien ou dans un chemin de vie, de fermer notre cœur. Il y a des épreuves, des événements, des gens qui ne correspondent pas à nos espoirs ou à nos projections. Quelques fois, il y a des retours de manivelle de la vie qui sont violents, et qui nous laissent bouche bée, devant une forme de mystère, d’incompréhension. Pourquoi moi ? Pourquoi ça m’arrive à moi ? Quand des choses comme ça viennent nous interpeller, on a toutes les raisons pour fermer notre cœur, pour refuser l’apprentissage. On va se battre contre la grande leçon de vie, d’humilité. Au niveau de l’ego et parfois même au niveau de l’âme, c’est inacceptable. La souffrance est si importante qu’on a l’impression qu’on nous arrache des morceaux de notre cœur. La réaction instinctive, c’est le repli, se retirer de la vie, et se retirer de la vie des autres. Ils sont trop vivants, parce que nous, on vient de mourir. Le cœur se ferme. Ce mouvement est naturel, et il ne faut surtout pas essayer de l’ouvrir, mais l’accompagner. Se permettre de vivre le deuil, d’accompagner la partie de soi qui pleure, d’accompagner la partie de soi qui meurt. Mais, à moment donné, la vie continue, et c’est une étape très dure, très confrontante. Accepter que la vie continue quand moi j’essaie d’arrêter la vie. Et c’est là que j’ai le choix de trouver d’autres raisons pour garder mon cœur fermé, ou d’accueillir la douleur. Et la seule façon de guérir cette douleur, c’est d’y amener la vie. Oser ouvrir son cœur à nouveau au risque de rencontrer une blessure, mais de rencontrer l’amour aussi.
Marie Lise Labonté, on se réjouit de lire ce nouveau livre, et de vous voir tout bientôt à Saignelégier
Lausanne, le 6 mars 2013
Catia D’Amore


 

Roger-Michel Berger est le fondateur du centre Wellness-Flow à Neuchâtel. Ce centre de soins et de développement personnel propose de nombreuses activités hebdomadaires, comme des cours de Do-In, de Taï Chi et de Yoga pour les femmes enceintes. Avec Martine Desmoulins Berger, sa compagne, ils animent des stages de tantra. Ils seront présents à Saignelégier, sur le stand 28, et présenteront deux conférences.


•    13 avril 2013, 17h00 : Le tantra, un art de vivre, un art d'aimer
•    14 avril 2013, 14h15 : Le couple tantrique, un chemin en conscience


Bonjour à vous deux, merci de me recevoir ici, à Neuchâtel, pour cet entretien. Le centre Wellness-Flow a été fondé en 2001, quelle était à l’origine la démarche pour ce lieu ?
Roger-Michel : Je suis ingénieur en informatique, profession que je pratique encore aujourd’hui. En 2001, j’ai fondé Wellness-Flow, parce que j’avais envie de faire autre chose dans ma vie. J’ai créé ce centre d’abord pour pratiquer le massage, parce que j’ai un diplôme de masseur classique. Puis, avec cette belle salle que nous avons ici, j’ai eu envie de partager mes connaissances du tantra, que je pratique depuis plus de 30 ans et ainsi donner des stages de développement personnel.
Cette recherche personnelle est-elle là depuis le début chez toi ?
Je suis tombé dans le yoga à l’âge de 14 ans, avec un bouquin que mes parents avaient acheté en 1958, ça fait un bout de temps. Rires. C’est avec mon maître, qui ne m’a jamais vu, que je n’ai jamais vu non plus, il s’appelle Yesudian, que j’ai fait tous les exercices. En pratiquant chaque exercice que contenait cet ouvrage, ça m’a ouvert à plein de choses, à une dimension comme le Prâna, et à toutes ces représentations qu’il y a en Inde.
Parlez-moi un peu de votre rencontre…
Martine : Je pratique le yoga et différentes techniques de méditation depuis l’âge de 20 ans, et cela fait plus de 15 ans que je me forme à différentes approches, en massage, en Gestalt thérapie et autres. Notre rencontre nous a donné envie de continuer à partager et à développer davantage les aspects du couple. Le tantra, c’est une voie de développement personnel, c’est un cheminement, il y a plein de stages que l’on peut faire, soit seul, soit en couple. On a eu envie, au travers de ce que l’on a pu expérimenter, d’offrir à d’autres cette possibilité de mieux se connaître à travers les outils du tantra, qui sont des possibilités de communiquer différemment, d’être davantage dans le présent, dans le non jugement, dans l’accueil. C’est vraiment une façon de découvrir l’autre autrement que dans ce monde où tout va très vite, et où on veut tout très vite. Un monde où l’on se rencontre très vite, et l’on se sépare très vite aussi. L’idée, c’est d’aller sur un cheminement davantage sur le long terme, comme on essaie de le vivre au quotidien. Je dis bien que l’on essaie, parce que l’on est humain, il y a des moments qui sont plus difficiles que d’autres, mais c’est aussi dans la difficulté que l’on se rend compte à quel point c’est intéressant d’explorer cette voie-là.
Finalement, le tantra, c’est quoi ?
Roger-Michel : Le tantra c’est beaucoup de choses. Il y a bien sûr différents tantras, celui que nous pratiquons a une origine indienne. Le mot tantra signifie tissage, ce sont donc les liens, ce qui relie. C’est difficile de donner une définition du tantra, parce que c’est très riche. Un des ingrédients essentiels du tantra, c’est le chemin vers soi, vers la conscience, la présence.
Martine : C’est aussi un travail sur la connaissance de soi et l’acceptation de l’autre. C’est très important, à partir du moment où l’on accepte de mieux se connaître, d’aller fouiller un peu dans nos ombres, parce que c’est cela qui est toujours le plus inconfortable. Quand on accepte de se regarder, surtout dans cette partie des ombres, c’est aussi reconnaître en l’autre une partie de nous et l’accepter tel qu’il est. Le grand travers de toute rencontre, qu’elle soit amoureuse ou amicale, c’est de vouloir changer l’autre pour qu’il corresponde à notre idéal. Mais cet idéal n’est jamais atteint dès lors qu’on n’accepte pas l’autre tel qu’il est. On va donc changer, essayer de trouver quelqu’un d’autre, et ce sera encore la même répétition. Si on accepte de se regarder, parce que la rencontre avec l’autre, c’est aussi une façon d’expérimenter qui nous sommes et nous faire nous regarder dans notre vérité, à partir de ce moment là, on sera capable de cheminer ensemble, de s’accompagner, de s’épauler et d’avancer. Ceci se passe au travers des outils du tantra, qui sont principalement la respiration, la voix, et le mouvement. Beaucoup de pratiques vont mettre le corps en mouvement, en énergie. On sait très bien que dès que le corps est en mouvement, il se passe des choses. Que l’on fasse de la danse, du sport, ou des exercices physiques, l’énergie fait que, à moment donné, ça débloque des choses, notamment au niveau émotionnel.
Comment utilisez-vous la voix ?
Roger-Michel : On travaille la voix à travers les chakras, par exemple, en respirant et en donnant un son à chacun d’entre eux. Ou par des méditations avec un travail sur la voix. Ou simplement en récitant un mantra. Réciter un Om pendant une demi-heure, c’est magnifique. Ça ouvre. Une autre pratique que nous proposons, en couple, c’est de se mettre l’un contre l’autre et de faire des sons à deux ; c’est quelque chose de magnifique parce qu’on a la résonnance de chacun, l’un après l’autre ou les deux ensemble. Cela permet de prendre conscience des vibrations subtiles dans son corps, ce qu’on appelle dans le tantra le Spanda, le frémissement. Il y a beaucoup de textes anciens qui parlent des Spanda, notamment les Spandakārikā*, « la vibration de l'Un, accompagnée de conscience … », écrits par un maître tantrique au Xème siècle qui s’appelle Abhinavagupta. Cette notion de frémissement, on la retrouve dans beaucoup de pratiques et chez de nombreux mystiques, dont Thérèse D’Avila qui parlait de ce frémissement que l’on ressent à l’intérieur de soi, de sons qui finalement sont inaudibles, mais qui sont justement liés à ce frémissement. Ce qui est intéressant dans le tantra, c’est que l’on étudie et que l’on explore beaucoup les interstices, ce qu’il y a entre les choses, comme l’espace entre l’inspiration et l’expiration, l’espace entre deux pensées, entre deux émotions. Il y a des méditations où l’on écoute le son, puis la fin du son, puis le silence entre les sons. C’est là, dans cette subtilité du silence après le son (qui est un autre silence que celui avant le son), qu’on peut percevoir ce frémissement.
Martine : Dans le travail sur la voix, il y a aussi tout un cheminement que l’on fait dans le stage « Se ressourcer », où l’on va permettre à chacun d’explorer sa propre voix. Souvent, les personnes disent : « Je ne sais pas chanter »…l’idée, c’est d’aller trouver sa voix, c’est profondément libérateur parce qu’on sait très bien que la voix est complètement connectée aux émotions. Quand on arrive à s’autoriser, porté par les autres, à lâcher la voix, ce sont des moments magiques. Ceux qui ne voulaient pas chanter, d’un seul coup, ne s’arrêtent plus. Rires. Il y a un tel plaisir jouissif de s’autoriser à lâcher cette voix, de s’entendre être capable de faire un son mélodieux, que ça remplit de joie et d’une très belle énergie.
Pour quelle recherche, ou objectif, faire un stage de tantra ?
Roger-Michel : Il y a beaucoup de raisons…se retrouver soi-même, être plus à l’aise dans son corps avec ses émotions. Il y a aussi des démarches pour retrouver une spiritualité en lien avec le corps. En ce qui concerne les couples, il y a toutes les questions que l’on peut se poser au sein d’un couple. Comment faire pour qu’un couple dure, comment dépasser certaines crises.
Martine : Si l’on parle des couples, il y a différents aspects. Il y a les jeunes couples, qui ont envie de démarrer sur de bonnes bases. Donc apprendre à se connaître, à communiquer, à partager, apprendre à être dans ce moment présent, aussi à cultiver le désir, parce que le désir n’est pas seulement lié à la sexualité, il est aussi désir de vivre ensemble, d’avoir envie d’être ensemble. Les deux personnes d’un couple peuvent aussi être chacune dans une démarche plus individuelle. Parfois les personnes viennent par curiosité, parce qu’elles ne savent pas du tout de quoi il s’agit, puis elles continuent parce qu’elles se rendent compte que c’est une démarche profondément accessible, et qui leur donne le sentiment d’être vivants. D’autres peuvent venir pour retrouver leur propre énergie et apprendre à se connaître. Apprendre à dépasser des croyances du type : « Je ne suis pas capable de ». Des croyances que l’on nous a inculquées soit sur le plan familial, soit via la société. De se dire, je peux les dépasser, j’ai le pouvoir d’agir sur moi, sur mes croyances et de définir qui je veux être vraiment, et non pas celui qu’on a décidé que je serais, non pas cet idéal inaccessible que je me suis défini ou que je veux rencontrer chez l’autre, c’est très libérateur. Quand on est dans cette démarche, confrontés à l’acceptation de la réalité, on est dans une démarche tantrique, parce qu’on est dans le présent.
Comment se démarquer du commerce et de l’idéologie qui est faite autour de la sexualité, pour trouver sa propre identité et ses propres besoins ?
Martine : Je crois que dans ce qui est véhiculé dans les médias, il y a une erreur fondamentale, qui correspond à ce qu’on vit aujourd’hui, c’est la course à la performance. Il faut aller vite dans tout ce que l’on fait, professionnellement, familialement, et dans la sexualité c’est pareil. Il faut aller vite à la performance, à l’orgasme. C’est une erreur fondamentale parce que la réalité n’est pas là. Une sexualité harmonieuse, c’est quelque chose qui va prendre en compte l’autre dans sa globalité, ce n’est pas simplement génital. Etre en amour avec quelqu’un, ce n’est pas forcément faire l’amour non stop, c’est être en amour avec cette personne. C’est cultiver le lien, c’est cultiver la relation dans la présence. Dans le tantra on essaye de prendre non pas le chemin inverse, mais de revisiter complètement la sexualité pour lui donner sa vraie place, cette notion de sacré. Ce ne sont pas simplement des mots qui sont rattachés à une religion, c’est prendre la relation comme quelque chose d’important. Après avoir passé les années 70, où il y a eu la consommation, on a sans doute envie de comprendre que la relation, c’est ce qui crée le lien entre les hommes, c’est ce qui fait qu’une relation va durer. Parce qu’on aura visité ensemble notamment toutes les difficultés et c’est dans la difficulté que la relation est importante. Quand tout va bien, c’est fluide, mais quand il y a une difficulté, un conflit, ou une mésentente, c’est là où le lien peut casser, parce que chacun reste sur son quant à soi, dans son ego, et ne veut plus avancer ensemble.
Roger-Michel : On peut se retrouver si chacun va un peu dans ses profondeurs. Quelqu’un  avait une belle image à ce sujet : Prenez deux îles au milieu de la mer, vous ne pouvez pas les rapprocher, mais si vous allez dans les profondeurs, vous allez trouver le lien qui les relie.
Finalement, le tantrisme est l’un des cheminements de l’exploration de la voie de l’être ?
Martine : C’est pour ça qu’on aime bien le définir comme un chemin vers soi. Et quand on est dans un travail sur le couple, c’est le couple en conscience. Cette notion de conscience est importante, parce que, c’est quoi, un couple ? Qu’est-ce qui fait qu’on se met en couple, quel est le projet commun quand on est en couple ? Passé le moment des lunettes roses, qu’est-ce qui fait qu’on a envie de rester ensemble ? Ce projet, il est important d’en parler, de le communiquer. Parce qu’on évolue, et pas forcément de la même façon, c’est donc important de laisser cette place à l’évolution de l’autre aussi.
Est-ce que nous sommes faits pour rester longtemps dans la même relation ?
Roger-Michel : Je ne sais pas si nous sommes faits pour ça, mais c’est comme dans beaucoup de choses, il y a la nature et la culture. Alors, peut-être que la notion d’être ensemble dans la durée, c’est une question de culture, peut-être que la nature ne nous a pas faits comme ça. C’est difficile de savoir si c’est notre vraie nature, puisque nous avons plusieurs milliers d’années de culture. En tous les cas, c’est un projet.
Martine : Il y a une phrase d’Arouna Lipschitz que j’aime beaucoup : « Quand on est en couple et qu’on a envie de cultiver cette relation, il faut avoir envie d’avoir envie ». Je crois que c’est effectivement culturel, il y a une volonté qui fait qu’à moment donné, il y a une envie de continuer la relation, malgré les difficultés. Si on est dans la facilité, la facilité c’est de se séparer. Dès qu’il y a quelque chose qui ne va pas, je reprends mes bagages et je m’en vais, et c’est humain, c’est une protection. L’envie d’avoir envie, ça peut être celle de fonder une famille, mais c’est avant tout la conscience que l’autre peut aussi nous apporter quelque chose dans notre propre évolution. Souvent, quand il y a une difficulté, c’est qu’on est en train de toucher quelque chose de nous que l’on n’a pas envie de voir. Si l’on accepte de le visiter, de l’accueillir et de le dépasser, on grandit. L’autre nous fait grandir et nous faisons grandir l’autre,  c’est une relation qui avance au fur et à mesure, d’une façon merveilleuse. Nous avons vu des couples qui sont venus nous voir après une trentaine d’années de vie commune, qui ont redécouvert grâce au tantra des outils qui leur ont permis de trouver des pistes nouvelles là où ils pensaient avoir tout exploré. Ils ont pu se redécouvrir comme au premier jour, grâce à des choses qu’ils avaient peut-être oubliées.
Merci beaucoup pour ce partage chaleureux
* Source Wikipédia
Lausanne, le 11 mars 2013
Catia D’Amore

 




 Thierry Gaubert est hypnothérapeute. Directeur d’un centre d’hypnose et de thérapies brèves, il utilise les méthodes qu’il a développées dans le cadre de thérapies individuelles. Il anime des stages et des ateliers autour de la gestion des émotions. Auteur du livre « L’assujetti ou l’oubli de soi », aux éditions de l’Homme, et d’un second livre prévu pour le mois d’avril « Ne trichez plus avec vous-même et avec les autres », il sera présent au salon du mieux-vivre de Saignelégier pour deux conférences.


•    13 avril 2013, 14h30 : L’oubli de soi. Le chemin pour se retrouver.
•    14 avril 2013, 11h45 : Certains s’oublient, d’autres en profitent.


Bonjour Thierry, merci de nous consacrer quelques minutes pour nous parler de votre pratique et de vos livres.
Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est un assujetti ?
Je suis le premier auteur francophone à décrire ce profil. C’est un personnage qui présente des caractéristiques de tempérament et de développement. C’est quelqu’un qui a tendance à être sensible, émotif, qui a le sens des valeurs, le sens du devoir, qui est exigent et qui a une certaine naïveté. Ces différents tempéraments vont se développer durant sa période éducative, son enfance. Si, dans le développement de l’enfant, il y a des carences affectives, ou/et un manque de reconnaissance, un abus d’autorité, ou une surprotection, il va mettre en place des stratégies d’assujetti. C’est-à-dire qu’il va chercher à satisfaire les besoins des autres au détriment des siens, dans le but de combler ses manques.
Dans votre livre, vous décrivez deux types d’assujettis. L’assujetti par crainte et l’assujetti par culpabilité. Pouvez-vous nous expliquer la différence ?
Oui, il est évident que quand on est dans un quémandage d’amour et de reconnaissance - à l’image des pigeons qui mendient des miettes de pain aux terrasses des cafés –, c’est parce qu’on a manqué ou au contraire trop eu. L’assujetti va mettre en place des stratégies pour essayer de récupérer cette attention. Deux émotions dirigent ses actions, la culpabilité et la peur. La peur de l’autre, ou de perdre l’autre, et la culpabilité de ne pas être assez gentil, serviable.
A quel moment un assujetti fait-il le pas de venir vous trouver ?
Quand il arrive en phase d’épuisement. L’assujetti est un personnage qui est dans un processus d’unicité de pensées, c’est-à-dire qu’il pense que les autres pensent comme lui. Donc, quand il va se dépasser pour rendre service aux gens, il s’attendra à recevoir la pareille, et c’est rarement le cas. Sa tendance est de fonctionner en va-et-vient entre deux phases : la phase de passivité et d’inaction, en laissant ses propres besoins de côté, pour être dans le faire pour les autres. Puis vient le moment où il bascule dans la phase d’agressivité, de « pétage de plombs ». C’est sa façon de réaliser qu’il est déçu par son principe d’unicité de pensées, et de voir que ses attentes de réciprocité ne sont pas comblées. En fait, il va fonctionner en alternant ces phases « paillasson – hérisson ». Ce va-et-vient incessant va l’épuiser. Il va prendre conscience que son fonctionnement, sa stratégie, sont inopérants. Il va se mettre en colère contre lui et son processus d’assujettissement se retournera contre lui-même. Cela se traduit souvent par une fragilité physique et psychique. C’est généralement, à ce moment-là qu’il veut tout envoyer bouler, le travail, le patron, les collègues, le conjoint. L’oubli de soi, le manque de sens dans sa vie, ce sentiment de se sentir perdu, vont le pousser à consulter.

Quels sont les paliers qu’un assujetti doit passer pour s’en sortir ?
Il y a trois grands paliers. Le premier palier est celui de la prise de conscience de son fonctionnement.
Le deuxième palier est celui à proprement parler de la modification des comportements, du changement,  qui passe par l’acceptation. Il doit accepter  sa différence et le fait que les autres ne pensent pas comme lui. Il doit commencer à oser dire non. Il devra apprendre à évaluer la contrainte et le plaisir. Souvent l’assujetti se convainc qu’il se fait plaisir quand il fait telle ou telle chose pour les autres, or, au fond de lui, il est dans un processus de contrainte. Petit à petit il devra apprendre à détacher le plaisir de la contrainte. Puis il devra baisser son niveau d’exigence, envers lui-même, et naturellement envers les autres. Et finalement, ne plus se leurrer avec des histoires de contes de fée.
Une fois qu’il a mis de l’ordre dans son rapport aux autres, qu’il est moins dans la colère parce qu’il a appris à dire non, et qu’il se sent entendu, le troisième palier peut se mettre en place. C’est là qu’il se pose la question de ce qu’il pourrait faire de sa vie. Quand l’assujetti réussit à sortir de son modèle de fonctionnement, de sa coquille, il est capable de bien belles choses.
La sortie de votre nouveau livre, « Ne trichez plus avec vous-même et avec les autres », est annoncée pour avril. Peut-on parler d’une continuité avec le premier ?
On peut parler d’une certaine continuité, dans la mesure où, dans le second livre, je reparle de l’importance de l’héritage que l’on lègue à nos enfants. Dans le premier livre, je décris le profil d’un personnage, dans le second je propose une analyse plus sociétale.
Dans la première partie, je rappelle quelques notions fondamentales aux parents, notamment ces deux valeurs que sont le sentiment de sécurité affective et le sentiment de reconnaissance. Ce sont justement celles qui font défaut dans l’enfance de l’assujetti.
Dans une deuxième partie, je décris que l’on est dans une société du XXIème siècle qui est une société de « dé-liaison ». Alors que nous sommes de plus en plus connectés les uns avec les autres par le biais de tous les moyens à disposition, réseaux sociaux, téléphones portables, etc., le lien aux autres est en train de s’abîmer. Ce n’est pas parce qu’on échange 300 textos (sms) par jour, ou qu’on se connecte 150 fois par jour avec les autres, que pour autant nos mots sont bien posés, et que nous sommes compris et entendus. Et puis j’aborde aussi les deux profils qui, pour moi, vont émerger de cette société, des assujettis justement et des narcissiques. Pour le narcissique, ce n’est pas le narcissique pathologique ni forcément le pervers narcissique, mais c’est le narcissique sociétal, ou ce qu’un autre auteur appelle le narcissique post moderne. C’est un personnage qui surfe sur toutes les commodités de la société avec un certain égoïsme, qui prend, sans accepter les contraintes. Et, parallèlement, vous avez l’assujetti, qui lui, est dans un processus inverse. Par son émotivité, sa sensibilité, il  va rêver  d’une société plus fraternelle, avec plus d’amour, etc. Il est un peu dans cette naïveté que j’expliquais plus haut. En parlant de la montée en puissance de ces deux profils, je donne la phrase suivante : pendant qu’il y en a un qui surfe, l’autre rame. L’assujetti et le narcissique, dans leurs dysfonctionnements, ont mis en place ce que j’appelle des stratégies d’adaptation. Il en existe trois : il y a les stratégies de capitulation, qui sont quelque part des formes de soumissions. Il y a les stratégies d’évitement et de fuite. Et les stratégies de contre-attaque. Je décris les principales, celles que l’on rencontre le plus dans notre siècle, qui sont l’agressivité, le mensonge, la bouderie, la séduction, autant de moyens pour obtenir ce que l’on veut.
Puis, dans la continuité, je propose sept clés pour essayer de mettre en place certains changements relatifs à notre lien et notre rapport aux autres. Ceci dans le but de poser des actes et des paroles bien réfléchis, pour avoir des rapports plus sains.

Dans votre présentation vidéo du livre « Ne trichez plus avec vous-même et avec les autres », une phrase m’a particulièrement interpellée : « dire c’est grandir »…alors que notre univers est en grande partie fait de bavardage !
C’est vrai, et d’ailleurs je l’aborde dans le livre. J’ai fait un classement de trois profils de personnages : « l’homme qui parle dans sa tête », dans cette catégorie on va rencontrer tous ceux qui sont dans le silence, le monologue ou la bouderie. Vous avez ensuite « l’homme qui parle au hasard », là vous trouverez tout ce qui est blabla, mensonge, etc. Et vous avez enfin « l’homme qui parle en habits de paillettes », c’est tout ce qui est du domaine de la séduction, de l’ironie, du sarcasme. Effectivement, j’explique que l’on est dans une société où l’on « blablatise » beaucoup.
« Dire c’est grandir », ça veut dire quoi ?
C’est parler de soi. Je suis pour une certaine transparence, avec les risques que ça peut parfois avoir. Ce qui se passe à l’intérieur de nous, doit pouvoir être vu de l’extérieur, parce que c’est justement le remède à l’unicité de pensées. Tant que je ne dis pas, tant que je ne suis pas transparent, je suis dans un processus où je pense que l’autre pense comme moi. Donc je n’ai pas besoin de dire. Et là, s’ouvre le royaume des quiproquos. Mais pour pouvoir dire, il faut avoir grandi, pansé nos blessures, trouvé une certaine sérénité, une paix intérieure.
Dans votre parcours, un jour vous avez quitté le connu pour aller vers un autre possible. Le basculement des vies est quelque choses qui me touche beaucoup. Etes-vous aujourd’hui heureux du changement que vous avez apporté à la vôtre ?
Oh que oui ! Même si je suis persuadé que la vie me réserve encore plein de surprises avec probablement des rebondissements, des changements. Et ma vie d’auteur en est une, de surprise. Ma deuxième vie a été la création de mon cabinet avec l’hypnothérapie, et puis je pense que l’écriture et les conférences vont me mener encore ailleurs. Je crois que c’est ça qui est merveilleux dans une vie, c’est d’accepter de se laisser transporter tout en gardant la conduite de son véhicule.
Thierry Gaubert, souhaitez-vous ajouter quelque chose qui vous semble important ?
Oui, ce que je pourrais ajouter, c’est que autant pour dire des mots justes il faut avoir avancé un peu dans la conscientisation, autant pour répondre au sens de vie, qu’est-ce que j’ai envie d’être, qu’est-ce que j’ai envie de faire, il faut avoir avancé dans le processus de guérison. On peut avancer correctement à partir du moment où l’on n’est plus fragilisé par un besoin de reconnaissance et/ou un besoin d’amour. C’est une forme de résilience quelque part. Il faut commencer par s’aimer soi-même puis chercher des personnes, des environnements, où l’on est aimé pour ce que nous sommes et non pas pour ce que nous faisons.
Lausanne, le 31 janvier 2013
Catia D’Amore

 




 Walter Fürer est phytothérapeute et l'auteur du livre « Phytothérapie, l’aide par les plantes, oligo-éléments, substances minérales et autres thérapies ». Il désire que le contenu de ce livre serve d'ouvrage de référence. Les plantes, selon lui, représentent toujours et encore la meilleure pharmacie pour rester en bonne santé, ou pour la retrouver. Ce livre existe aussi en CD-ROM traduit en six langues différentes. Walter Fürer sera présent à Saignelégier pour une conférence.


•    14 avril 2013, 14h15 : Médecine naturelle en bref, les plantes médicinales, avec discussion


Bonjour Monsieur Fürer, merci de nous recevoir pour ce petit entretien. Pouvez-vous nous parler de votre rencontre avec les plantes ?
J’ai travaillé quelques années avec Alfred Voguel quand j’avais 20 ans, et avec lui j’ai appris beaucoup de choses sur les plantes. Comment les utiliser, comment les planter, les entretenir. Et tout cela m’a guidé dans la vie.
Avant cette rencontre avec le Alfred Vogel, dans votre enfance, aviez-vous aussi un contact avec le monde des plantes ?
Lorsque j’étais enfant, ma grand-mère et ma mère ont toujours soigné nos petits maux avec les plantes. Par exemple, un jour, en jouant dehors dans la nature, je me suis fait mal aux doigts. Ma grand-mère a alors fait un thé de Vinca minor, la Petite pervenche, pour désinfecter mes blessures. J’ai plongé mes doigts dans le liquide tempéré, je m’en souviens très bien parce que je n’aimais pas ça. Rires. Mais c’était très efficace. Ou alors, quand nous avions mal au ventre, ma mère nous faisait du thé de graines de fenouil, très efficace contre les ballonnements.
Que vous a apporté cet univers ?
Quand j’ai rencontré Alfred Voguel, j’avais un peu mal aux hanches. A l’époque, il me disait: prends un peu d’Harpagophytum. Je me suis donc fait une infusion d’Harpagophytum, mais c’était trop amère, alors j’ai répondu : Je préfère avoir un peu mal que de boire ça. Puis quand je me suis installé en France, j’ai découvert l’existence des gélules, ce qui voulait dire que je pouvais faire des cures d’Harpagophytum sans l’amertume. Depuis, je n’ai plus mal à mes hanches. Cette anecdote m’a convaincu que l’on peut faire beaucoup avec les plantes, particulièrement en gélules, c’est plus pratique et plus efficace.
Pour quelle raison les gélules sont-elles plus efficaces ?
Dans les gélules, vous avez tous les principes actifs de la plante, alors que si vous faites un thé, les huiles essentielles partent…et quand vous cuisinez, à la fin, vous jetez les herbes et vous buvez seulement le thé, ce qui a pour conséquence que certains principes actifs sont perdus. C’est pour cette raison que les gélules sont plus efficaces.
Voulez-vous nous présenter une plante ?
Oui. Prenons la levure de riz rouge, c’est une plante très efficace pour lutter contre le cholestérol. Certains médecins la prescrivent. Après un traitement de trois mois à raison d’une gélule matin et soir, le taux de cholestérol se situe à nouveau à un niveau normal. Tout cela sans aucun effet secondaire.
Existe-t-il une plante pour tous les maux ?
Oui, presque pour tous. Mais il faut savoir qu’avec les plantes, nous n’avons pas toujours une action rapide. Par exemple, si nous prenons l’arthrite ou l’arthrose, une cure d’Harpagophytum ne fera effet qu’après un ou deux mois. D’autres plantes en revanche, comme les graines de fenouil, soulagent immédiatement une crise de ballonnement. L’Aloe vera, qui permet d’améliorer le transit, est un autre exemple d’une plante à effet rapide.
De quoi allez-vous nous parler lors de votre conférence intitulée « Médecine naturelle en bref, les plantes médicinales, avec discussion » ?
Cela dépendra du temps que j’ai à disposition, la base de données que j’ai avec moi sous forme de Power Point a un contenu de 4 heures. Rires. Je vais proposer une petite introduction, et ensuite, je suivrai le mouvement de l’assistance, selon les questions qui seront posées.
Lausanne, le 22 mars 2013
Catia D’Amore