Chers internautes,

Bienvenue dans la rubrique « entretiens » de ce 16e Salon du mieux-vivre de Fribourg ! J'ai repris le flambeau pour cette nouvelle édition. Ici, vous pouvez prendre connaissance d'entretiens que j'ai eus avec des conférenciers, des exposants qui seront présents du 13 au 15 novembre 2015 à Forum-Fribourg. Belle lecture !

Christiane Kolly

Choisissez l'entretien

Colette Portelance - Kévin Finel - Elisabeth Horowitz - Sylvie Ouellet - Yves-Alexandre Thalmann - Delfine Francillon

Delfine Francillon Site internet
Delfine Francillon

Elle est présente au stand 236 et donnera 2 conférences : le vendredi à 15h45 "Voyages en conscience, guérison et activation du réseau cristallin de notre Mère Terre" et le dimanche à 10h30 "Nager auprès de dauphins, leurs effets bénéfiques dans notre vie".

Depuis plus de 10 ans, Delfine voyage à travers le monde au contact des dauphins, des baleines et du monde sous-marin. Avec son expérience dans les domaines thérapeutique et aquatique depuis bientôt 20 ans, elle accompagne des personnes souffrant de cancers, des autistes, des êtres en fin de vie et même des familles vivant un deuil.

Bonjour Delfine Francillon,
Delfine, dauphin, y aurait-il déjà un lien entre votre prénom et le dauphin ? Et d'où vous est venue cette passion pour le monde sous-marin ?

Delfine est un prénom qui m'est tombé du ciel, certainement en lien avec ma passion pour les dauphins. Ce n'est pas mon prénom de naissance. Je l'ai changé officiellement. Depuis toute petite, j'ai ressenti une attirance profonde pour le monde sous-marin et spécialement les dauphins, peut-être y a-t-il des liens avec des vies passées.

D'abord, il y a delfinee.com, et puis on voit que vos activités comportent plusieurs parties : l'espace delfinée, les voyages delfinée et l'aqua delfinée. Comment conciliez-vous tout cela ?

Comme un arc-en-ciel, en sautant d'une couleur à l'autre, d'une chose à l'autre. J'aime avoir des activités différentes, il y a le cabinet et les soins, des ateliers de développement personnel que je peux donner, des voyages pour rencontrer les dauphins, voire des terres sacrées, ce qui m'est demandé d'aller rencontrer. Avec l'école de natation, je prodigue des soins dans l'eau, l'eau partie importante de ma vie, de ce que j'ai à amener sur la terre.

Auriez-vous un lien avec d'autres dimensions, pouvez-vous préciser ?

Je suis guidée par mon âme mais aussi par les guides qui sont présents autour de moi. Je suis en contact avec mon cœur. La communication se fait naturellement. C'est un peu comme si je savais. C'est très intuitif, mais en même temps, j'ai la conviction que C'EST CELA.

Bienvenue dans mon Uni-vers ! Pourquoi avoir séparé le mot ? Aimez-vous jouer avec les mots ?

Oui, Uni-vers pour moi représente la connexion à notre terre. Je pense que nous ne sommes pas seuls dans cet univers. J'aime beaucoup le mot uni, union, être relié et puis vers, vers quelque chose.

J'ai lu "Messagère et guérisseuse arc-en-ciel, elle est guidée par des Maîtres ascensionnés, anges ou archanges durant les soins et méditations qu'elle propose.", que signifie arc-en-ciel dans ce contexte ? Et Maîtres ascensionnés ?

Arc-en-ciel, c'est cette possibilité de jongler entre différents domaines, le domaine féerique des dauphins, des baleines, et puis celui de l'alchimie, de pouvoir apporter dans mon travail, dans mon quotidien, cela aux personnes que je reçois. C'est comme une palette d'expérimentation que je peux transmettre. Depuis toute petite, j'aimais les arcs-en-ciel, j'en dessinais beaucoup, cela fait partie de moi.
Les Maîtres ascensionnés sont des êtres qui ont vécu sur terre, comme Jésus, Marie ou Bouddha. Ils sont éveillés et viennent à notre rencontre, sur notre chemin pour nous guider. Ce sont des énergies spécifiques présentes pour nous accompagner.

La méditation se pratique dans vos soirées à thème. Selon vous, la méditation est-elle un outil utile dans notre société et pourquoi ?

Pour moi, la méditation est un retour sur soi qui amène la détente, qui permet de lâcher le mental et en même temps d'intégrer certaines énergies, par rapport à des questions que l'on se pose ou à des objectifs que l'on se fixe, cela permet d'aller chercher à l'intérieur de soi.

À l'Espace delfinée, vous parlez de thérapie du corps à l'âme, pouvez-vous nous en dire plus ?

Avec ce côté arc-en-ciel, je perçois l'être comme un hologramme, corps âme et esprit. Nous sommes un corps, mais aussi les énergies qui nous entourent, un esprit, des pensées, des émotions. Pour aller vers la guérison, il faut tenir compte de la globalité de l'être.

Les soins pour femmes enceintes et pour les mamans et les bébés, pourquoi avoir choisi cette catégorie de clients potentiels plutôt qu'une autre ?

Durant une période, je l'ai pratiqué. De par mon école de natation, j'ai côtoyé beaucoup de mamans et de bébés, c'était pour répondre à une demande de soins que j'ai pratiqué cette technique. Aujourd'hui j'ai délégué, l'arc-en-ciel a aussi ses limites. Je partage le cabinet où je travaille, à la route du Village 7, à Blonay avec d'autres thérapeutes, d'une part pour couvrir les frais et d'autre part pour offrir un espace à un tarif accessible.

Vous proposez des cours de Pilates, c'est quoi Pilates ?

Le Pilates est une méthode de renforcement de la ceinture abdominale. Cela ressemble au yoga, la base en est la respiration, les mouvements proposés sont lents et le travail se fera en force et en souplesse. Cela permet à notre base de se renforcer d'où moins de problèmes de dos, articulaires ou musculaires. Joseph Hubertus Pilates, un allemand inventeur de la méthode, était infirmier. Fait prisonnier lors de la première guerre mondiale, il a profité de son incarcération pour imaginer une nouvelle gymnastique dans sa cellule, méthode qui allie respiration, concentration, contrôle, fluidité, centrage, ordre et relaxation.

Il y a aussi les voyages, en mer Rouge, aux Açores, à Hawai, à Ténérife, en Amérique du Sud, à Avalon et en Écosse et même dans le Pacifique. Comment faites-vous pour avoir des contacts dans tous ces lieux magiques et organiser ces voyages ?

Là aussi je suis inspirée en quelque sorte, les choses viennent à moi au moment juste. En Égypte, j'y vais depuis bientôt dix ans. J'ai trouvé à louer un bateau, puis j'ai organisé des groupes. J'ai eu un contact pour aller au Pérou en avril, j'ai rencontré le guide qu'il me fallait pour des treks en forêt amazonienne. Lors de la mise sur pied d'un voyage, les personnes achètent elles-mêmes leur billet d'avion. Je pourrais aussi le faire, mais je préfère que, en guise d'engagement, les personnes le réservent directement. Je n'ai pas le titre d'agence de voyages et pas non plus forcément les moyens d'acheter les billets d'avion pour tout le monde. Je donne les références de compagnies d'aviation et bien sûr le lieu de rendez-vous. Par contre une fois sur place, j'organise toute la logistique, logement, guide, ateliers, sorties en mer, visites ou autres activités.

Quelle différence cela fait-il de voyager avec vous ?

Je ne fonctionne pas comme agence de voyages, je propose des stages dans le domaine du bien-être, du développement personnel. Mon domaine de prédilection c'est l'accompagnement des personnes qui veulent aller plus loin que le voyage touristique, qui veulent à cette occasion chercher des clefs pour elles-mêmes. Je parle de guérison pour soi, guérison pour la terre, d'ouverture de conscience, de recouvrement de mémoires dans des lieux propices.

Dans votre monde aquatique, joie, plaisir et confiance sont les mots-clés et votre équipe se réjouit de nous y accueillir. Mais qui fait partie de votre équipe ?

J'ai une école de natation de plus de 300 élèves. Au moment où c'est devenu difficile de tout gérer seule, j'ai délégué. J'ai trouvé des profs et des assistants qui ont été formés pour me remplacer en cas de besoin, lorsque je suis en voyage ou occupée à d'autres activités. Par contre, en ce qui concerne les soins en piscine, je les prodigue moi-même.

Pouvez-vous nous décrire ces soins en piscine et en cabinet ?

C'est une sorte de Watsu, de la relaxation, je porte la personne dans l'eau, de la musique lui arrive aux oreilles, des sons de dauphins ou de baleines, de la musique relaxante, des odeurs aussi. Relaxation et lâcher-prise sont les maîtres mots, tout en étant surtout attentive aux besoins de la personne, retour dans la matrice, cela dépend de la question posée par la personne par rapport au soin qu'elle est venu chercher. Certains viennent pour du bien-être, d'autres pour chercher une réponse à une problématique particulière, un blocage, un problème récurent. Quand on est dans l'eau, le mental n'intervient plus. C'est comme une remise de la fluidité dans le corps. La piscine où les soins se donnent, dans une fondation pour handicapés, est chauffée à 34 ou 35°. Après avoir fait connaissance au bord de la piscine, une huile essentielle est choisie puis mise en diffusion. Une fois dans l'eau, l'exercice commence avec la respiration des dauphins, une technique qui m'a été inspirée, ce soin demande un lâcher-prise absolu puisque je tiens la personne dans mes bras, dans l'eau. Odeurs, lumières, couleurs, sons, les sens sont en éveil.

Les soins énergétiques en cabinet qu'on pourrait désigner comme soin arc-en-ciel comportent différents aspects : des sons, des huiles essentielles, des couleurs, des cristaux. Cela ressemble à un mandala qui se pose autour de la personne et qui va travailler énergétiquement sur la personne.

"Voyages en conscience, guérison et activation du réseau cristallin de notre Mère Terre", votre conférence, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Au cœur de la terre, autour de la terre, pour son équilibre, il existe des cristaux, en particulier les cristaux majeurs, auxquels je suis connectée. En nous rendant dans certains lieux, on peut les activer. Ils contiennent rayonnement, puissance et mémoires. En voyageant à travers le monde auprès de ces cristaux, nous pouvons les activer davantage, participer à l'activation du réseau cristallin de la terre. Le fait de voyager nous donne l'opportunité de créer de ponts de lumière entre les cristaux et ainsi un réseau se forme et s'active. Nous ne sommes pas seuls à le faire, nous y participons.

"Nager auprès de dauphins, leurs effets bénéfiques dans notre vie", votre deuxième conférence, pouvez-vous en citer un ou deux de ces effets bénéfiques ?

Je vais le faire par une histoire, un témoignage d'une participante : Une jeune femme ne pouvait pas avoir de deuxième enfant. Elle venait pour faire le deuil de ce désir. Elle a dû se connecter à cette souffrance qu'elle portait en elle. Je ne l'ai revue que quelques années plus tard, une petite fille lui tenait la main. J'ai appris que deux mois après son voyage, elle était tombée enceinte. Le fait d'avoir lâché prise lui a permis d'ouvrir les portes.

Êtes-vous heureuse, Delfine Francillon ?

Ouiii... Silence... Être heureuse, c'est sentir que son cœur s'ouvre, c'est se voir attirer les gens par son énergie. La vie privée comme la vie professionnelle vont bien. C'est un tout. Quand je me lève, j'ai le sourire, l'envie d'avancer dans ma journée, de créer. Je suis d'un naturel positif.

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Oui, même les jours "sans", parce que j'en ai aussi comme tout le monde, juste prendre un peu de distance et voir les choses différemment, permet de se repositionner. S'offrir un voyage ou un soin, se faire du bien, permet de se recentrer et de ne plus focaliser sur ce qui ne va pas, de revenir dans le bien-être.

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Yves-Alexandre Thalmann - Site internet

Yves Alexandre ThalmannIl animera en primeur pour le Salon du Mieux-Vivre deux ateliers, le samedi à 15h45 et le dimanche à 14h40 "Utilisation de la pensée positive 2.0". Le samedi à 17h00, sa conférence traitera du même sujet : "Pensée positive 2.0 loi de l'attraction expliquée"

Après un doctorat en physique des particules, il se tourne vers les sciences humaines et obtient une licence en psychologie. Il écrit des livres de développement personnel depuis une quinzaine d’années et en a publié plus d’une trentaine à ce jour. Avec la pensée positive 2.0, il offre une vision radicalement nouvelle d’un grand classique : comment expliquer que des attitudes positives amènent du positif dans la vie ?

Bonjour Yves-Alexandre Thalmann,
Votre site est dédié à la promotion des compétences interpersonnelles et du bien-être personnel et relationnel, pouvez-vous nous préciser ce que vous entendez par là ?

Quand je parle de compétences interpersonnelles, une question vient : c'est quoi bien communiquer ? Beaucoup croient savoir comment faire pour bien communiquer, cela reste personnel à chacun, quelque part. Faire de la communication non-violente ou utiliser des outils de PNL, cela reste dépendant des personnes qui ont créé ces outils-là. Il y a une autre manière de tenter de répondre à cette question, les québecois l'ont traitée en se posant la question en terme de compétences. Quelles sont les compétences nécessaires, pour un jeune homme qui termine sa formation, pour communiquer. À l'école on apprend des compétences techniques, lire et écrire par exemple, faute de quoi on souffrirait d'illettrisme ou d'analphabétisme. De même pour être en relation avec les autres, il y a des compétences de communication à maîtriser. Aujourd'hui en Suisse, à l'école il est tenu compte de ces éléments un peu plus explicitement, mais il y a une génération, ce n'était pas du tout le cas. Parler, comprendre une langue, l'écrire, on pensait que c'était suffisant pour savoir communiquer. Là, on parle de compétences relationnelles et non plus uniquement de maîtrise de la langue. Le bien-être relationnel signifie être bien en relation avec les autres. Ce n'est pas uniquement le développement personnel dans le sens où on l'entend communément, c'est aussi le développement interpersonnel, celui envers nos contacts et nos relations. On peut parler d'un savoir-être plus que d'un savoir-faire.

Le leitmotiv qui guide toutes vos activités est : Penser autrement pour aller mieux. J'ai l'habitude de regarder le dimanche matin l'émission "Sagesses bouddhistes". La maîtrise de la pensée, ils en parlent souvent. Pensez-vous que l'on puisse travailler sur soi, être formateur en ne tenant aucunement compte du côté spirituel de l'être humain ?

Peut-on être formateur sans tenir compte du côté spirituel, la réponse est oui. Peut-on être bon formateur sans pratiquer une activité sportive, certainement oui aussi. Cela ne veut pas dire que l'on sera complet dans son humanité. D'un autre côté, peut-on être un bon formateur en étant fumeur, la réponse est oui, mais non également. L'exemple que l'on donne, en sachant que fumer nuit à la santé, n'est pas l'exemple à suivre, sachant qu'actuellement on s'inquiète de cette dimension-là. Dans mon vocabulaire, la dimension spirituelle, je la désigne plutôt comme dimension psychologique. Il existe des personnes excellentes dans leur travail sans tenir compte de toutes les dimensions de l'être.

Vous parlez de pensée positive. S'il y a au fond d'une personne quelque chose qui la ronge, peut-être inconsciemment parce que l'être humain est si bien construit que ce qui est trop douloureux devient inconscient, croyez-vous que la pensée positive seule puisse lui permettre de vivre heureux et d'atteindre ses objectifs malgré tout ?

La question est complexe. Si la pensée positive consistait à mettre un emplâtre sur une jambe de bois, à terme cela créerait plus d'insatisfaction que de satisfaction. Il ne faut pas faire dire à la pensée positive ce qu'elle ne dit pas. Aussi bien chez Joseph Murphy que dans le livre "Le secret" ou encore chez Daniel Sévigny en Suisse, on désigne comme synonyme à la pensée positive la loi d'attraction. Le but sera d'attirer vers nous ce qui nous correspond, de réaliser des objectifs ou des rêves. Si vous rêvez de rouler en Mercedes et que finalement vous l'avez votre Mercedes, cela vous permettra de rouler agréablement, d'épater la galerie, mais cela ne soignera en aucun cas une problématique profonde. La pensée positive n'est pas un outil pour aller mieux, elle a d'autres objectifs. En parlant de psychologie positive, de science du bonheur, tendance actuellement, son but n'est pas de soigner les gens qui vont mal, mais plutôt d'aider les gens qui vont bien à aller encore mieux.

A quels professionnels s'adresser pour un problème plus profond ?

En Suisse, depuis 2013, nous avons la Lpsy, la loi sur les professions relevant du domaine de la psychologie. Certains termes sont protégés, seule une personne au bénéfice d'une maîtrise ou d'un master en psychologie d'une université ou d'une haute école suisse a le droit de porter le titre de psychologue et de fournir une prestation en psychologie, le psychothérapeute aura passé quatre ou cinq ans de formation post-grade en plus. Un médecin psychiatre par contre n'est pas forcément formé pour aider par la parole, mais spécialisé dans la santé mentale. Le métier de coach a des certifications, mais le terme n'est pas protégé. N'importe qui peut graver une plaque avec les mots coach ou thérapeute sans prendre le risque d'être inquiété par une quelconque autorité. C'est pour cela que certains qui pratiquent l'EFT ou l'hypnose, par exemple, se regroupent en association professionnelle, pour avoir une crédibilité, un élément plus solide.

"La gestion des émotions tient plus de l'apprentissage du cheval que de la bicyclette", j'ai entendu cela de la bouche d'un bouddhiste, qu'en pensez-vous ?

Je l'aime bien. Pour les enfants de Mongolie, l'apprentissage du cheval et plus important que celui de la bicyclette. La bicyclette est plus passive, une fois la technique maîtrisée, ça roule. Par contre, le cheval avec sa dynamique propre, cela restera de l'équilibrisme plus poussé. Je ne fais pas d'équitation, mais la métaphore me parle. Un spécialiste d'équitation nous dirait peut-être que c'est plus facile qu'il n'y paraît. Quand je traite des émotions, j'utilise plus le terme d'apprivoiser que celui de dompter, vivre en bonne intelligence avec et non avoir le contrôle dessus. L'apprentissage des émotions, le formaliser, c'est assez nouveau pour beaucoup de personnes, elles n'en connaissaient pas grand chose si ce n'est qu'il ne fallait pas les vivre ni les exprimer. Il y a là derrière tout un travail de connaissance, de reconnaissance de ce qui se passe en soi.

Vous parlez de l'inhibition des comportements destructeurs et des réponses impulsives et violentes ? L'inhibition est le fait de s'opposer à un processus, de l'empêcher, de l'entraver ou de le ralentir. Êtes-vous d'accord avec cette définition ? Comment rester soi-même en se retenant ?

Si je parle de cette inhibition, c'est pour dire qu'il est préférable de l'éviter. Je suis partisan de l'accueil et de l'acceptation. Je ne crois pas au pouvoir de la volonté. En y allant de façon frontale, en inhibant, en s'empêchant de la vivre, cette chose va nous rattraper. Le travail vise à prendre conscience de ces comportements, de comprendre quels rôles, quelles fonctions ils jouent. Dans un deuxième temps, il s'agit de les accueillir, de les accepter pour ensuite les transformer en quelque chose qui devienne plus constructeur ou constructif.

Je me souviens du livre du Dr Murphy sur la pensée positive. Quelle différence y a-t-il entre cette nouvelle pensée positive, version 2.0, et l'ancienne ?

Dans ce que l'on peut lire dans les livres de Joseph Murphy, il y a toujours un acte de foi. Si vous pensez positivement, votre subconscient va faire en sorte que les choses positives viennent à vous ou se manifestent ou se concrétisent. Maintenant, nous essayons de comprendre le pourquoi. Cela reste un point d'interrogation. Le subconscient, en psychologie, n'est pas défini. C'est ennuyeux. Pour la loi d'attraction, cela s'applique aussi. Elle existe, que l'on y croit ou pas elle fonctionne, mais c'est un acte de foi. On ne peut pas prouver l'existence de cette loi. La nouvelle pensée positive va dans une autre direction. Elle va chercher ce qui est déjà validé dans la communauté scientifique ou chez les psychologues. On tente de répondre à la question suivante : pourquoi une attitude positive amène une vie plus belle, plus agréable, plus riche ? Nous ne sommes pas dans le positivisme pur et dur, mais dans quelque chose de plus complet, dans l'ouverture de l'attention. Nous avons remarqué qu'une personne plus détendue, et la pensée positive amène à être plus détendu, cette personne a son champ d'attention, son champ de conscience on pourrait dire, qui s'ouvre. Elle perçoit plus d'opportunités autour d'elle. Ce n'est pas tellement qu'elle attire les choses, mais plus qu'elle remarque ce qu'elle ne voyait pas auparavant. Le deuxième axe, c'est la pensée qui motive. Ouvrir une porte mais ne pas la franchir, ce n'est que la moitié du chemin. Je vous donne l'exemple suivant : je marchais avec mon fils, il se baisse et me dit : "Papa, j'ai trouvé deux francs." Ces deux francs se trouvaient devant mon pied, mais mon attention était ailleurs. C'est lui qui les a vus d'abord, puis ramassés. S'il s'était dit en lui-même que j'allais les voir et les ramasser, il n'aurait rien fait. Cela pour dire qu'il faut non seulement ouvrir le champ d'attention mais aussi agir, se dire que l'on peut faire quelque chose. Cette nouvelle pensée positive vise à ouvrir l'attention, avec des outils de pleine conscience chers aux bouddhistes d'ailleurs, de relaxation, de méditation. Ensuite, on va favoriser les contenus mentaux positifs, ce qui amène à oser agir, aller de l'avant, à s'affirmer et non pas subir. La dernière étape est celle d'observer que lorsque l'on a cette attitude, les autres répondent à cette attitude, si je m'adresse à une personne comme quelqu'un de formidable et d'intéressant, je m'adresse à elle en tant que telle et non comme quelqu'un d'inintéressant et d'ennuyeux. J'ouvre ainsi mon monde à des relations qui seront plus riches.

Qu'en est-il du désir, décrit dans le livre Le Secret, désir qui attire la manifestation des rêves, comme l'enfant qui désire recevoir une bicyclette ?

Il y a un chaînon manquant, entre le désir et la réalisation, il y a des actes concrets, par ses paroles, par ses comportements, l'enfant signifie à tous qu'il veut une bicyclette, ce qui l'amène à la recevoir vraiment. Là, en tant que psychologue, je ne vais pas pouvoir dire que le désir seul va pouvoir amener quelque chose, en terme vibratoire, pour le moment, nous n'avons pas de confirmation qui nous permette d'aller dans cette direction en toute décontraction. Je suis enseignant de psychologie au Collège Saint-Michel à Fribourg, je ne peux en aucun cas parler de pensée positive selon Joseph Murphy ou du livre "Le Secret" à mes élèves, cela n'aura aucune validité dans ce domaine d'études, peut-être ailleurs oui, mais pas en psychologie. Les personnes convaincues par "Le Secret" n'ont pas besoin de preuves, ceux qui fréquentent le salon du mieux-vivre par exemple. Mais la majorité des gens de la population ne croit pas à cela. C'est dommage qu'ils se ferment à cette opportunité parce que les hypothèses de base leur semblent trop ésotériques. Mon travail consiste à aller chercher ces gens-là et à leur dire : "Regardez, il y a des éléments solides, étayées dans la communauté scientifique, avec références de recherches, et vous pourrez vérifier que ce système fonctionne." Dans ce sens-là, mon désir est de poser des bases extrêmement solides de manière à pouvoir avancer avec le concept. C'est la raison pour laquelle ce qui touche à la spiritualité me rend quelque peu frileux, ce n'est pas mon domaine en tant que tel.

Le non-jugement, dans notre éducation judéo-chrétienne, nous avons été habitués à juger, à se juger encore plus, à se sentir coupable et à tenter de se faire pardonner. Vous avez une baguette magique pour quelqu'un qui désire arrêter de se juger ?

Je ne sais pas si cela existe, la baguette magique, mais je vous propose plutôt un entraînement pour y arriver. Vous avez plusieurs pistes dans mon livre sur le non-jugement. Il y a une manière qui consiste à modifier les mots que l'on utilise. Plutôt que de qualifier les actes ou les êtres, on va plutôt décrire ces actes et ces êtres et exprimer ce que cela provoque en nous. Plutôt que de dire par exemple "C'est un égoïste.", je dirai : "Quand il mange le gâteau en entier, je suis frustré, je suis fâché contre lui." J'enlève l'étiquette de jugement pour simplement décrire l'émotion qui se passe en moi. C'est une autre manière de parler des choses et il est vrai que notre manière habituelle porte à juger. Vous avez aussi des exercices de relativisation. Nous jugeons toujours par rapport à quelque chose. Que qualifier de bien et de mal ? Quand je pose cette question, on me répond :"Oui, tuer c'est mal." Là, je rétorque en parlant de cet homme qui a eu un accident et qui demande qu'on l'aide à mourir parce qu'il ne peut plus agir dans ce sens lui-même, étant complètement invalide, il ne communique plus qu'en clignant d'un œil. Quelqu'un qui souffre autant, serait-ce un acte que l'on peut qualifier de mal de l'aider à s'en aller ? On voit ainsi que même le fait de tuer n'est pas toujours qualifiable de mal.

La dualité existe, cela fait-il partie de votre enseignement ?

J'essaie de sortir de la dualité en la relativisant, pour être plutôt dans quelque chose de l'ordre de l'éprouver. Nous avons tous en nous un système émotionnel couplé à un système de besoins. Les émotions nous indiquent si c'est agréable ou désagréable. Nous avons appris à ne pas nous fier à nos émotions, c'est troublant. Par exemple, l'enfant qui a fait une chute à vélo, qui saigne, qui est effrayé et qui a peur, quand sa mère lui dit que ce n'est rien, c'est un message contradictoire. À force d'être bombardé par ce genre de messages, l'enfant se coupe de ses émotions. Les seules références qui restent, ce sont celles des autres, c'est globalement le discours du bien et du mal, discours hautement manipulatoire, il n'y a pas si longtemps, on brûlait encore des gens en pensant faire le bien. De même que certains vont se faire exploser dans un marché, tuant du même coup plusieurs personnes, en pensant faire le bien. Force est de constater que ce concept de bien et de mal est très souvent manipulé.

Au sujet du pardon justement, avez-vous entendu parler des cercles de pardon d'Olivier Clerc ? Pensez-vous que ce rituel soit utile ? Pour la personne ? Pour l'entreprise ?

Je connais personnellement Olivier Clerc avec lequel il m'est arrivé de collaborer. Je n'ai pas eu l'occasion de participer à un cercle de pardon. A priori, cela me paraît intéressant. Maintenant, comme pour toutes les démarches, le temps va permettre de mesurer les résultats. J'ai lu des témoignages intéressants. Au-delà de l'outil lui-même, si une personne en retire un bienfait sur la durée, je ne peux être que partisan. Un effet spectaculaire peut n'être que momentané. Le résultat sur la durée m'intéresse davantage que l'outil lui-même.

Êtes-vous heureux Yves-Alexandre Thalmann ?

Oui et non. J'anime depuis plusieurs années des ateliers au moyen de la psychologie positive, c'est mon domaine de compétences. J'aime à dire que nous sommes tous des intermittents du bonheur. Penser que le bonheur est un état stable et définitif peut amener à la déception. La vie est faite d'aléas, de changements, elle est dynamisme. Grappiller le plus possible de petits moments de bonheur et les mettre bout à bout comme les perles d'un collier me semble une bonne idée. Je vis des moments de bonheur, je peux douter aussi, des émotions désagréables m'assaillent parfois. Globalement, j'essaie de faire pencher la balance du côté agréable. Après, rester stable quand les vraies tempêtes arrivent, je pense que cela demande un travail encore plus poussé. Pour boucler la boucle, on peut revenir aux moines bouddhistes qui méditent plusieurs heures par jour, il y a cette notion d'entraînement, de pratique pour être capable de garder cet état méditatif jusqu'au cœur de la tempête. La plupart des gens n'ont pas cette volonté. Malheureusement, les adeptes de développement personnel, parfois au moment de l'épreuve, oublient et reprennent leurs vieilles habitudes. Pour répondre à votre question je dirais : "Je m'y emploie.".

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Non, si ce n'est que je me réjouis de vivre ce salon de mieux-vivre à Fribourg.

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Sylvie Ouellet site internet

Sylvie Ouellet 200

Sur le site de Sylvie Ouellet :

Comprendre, c'est avant tout unifier.
Albert Camus

Comprendre est une étape importante pour aider à accepter une situation et à y faire face, que la question initiale soit d'ordre pratique ou d'ordre existentiel.

Alors, connaître les fondements de la naissance, de l'incarnation et de la mort représente une clé d'importance pour trouver des solutions au mieux-être individuel et collectif.

Sylvie Ouellet sera présente au salon :

- le vendredi 13 à 18h15 :
Conférence Savez-vous ce que vous êtes venus faire sur Terre?

- le samedi 14 à 15h45 : 
Conférence Les interrelations familiales vues d'un autre oeil

- le dimanche 15 à 14h15 :
Conférence  Tout le monde veut aller au Ciel, mais personne ne veut mourir

et le lundi 16, elle animera un atelier :
Communiquer avec l'âme" à Villars-sur-Glâne - une vidéo - plus d'infos ici

Bonjour Sylvie Ouellet,
C'est un joli nom Ouellet, d'où vient-il ?

Ça vient de France, de la Bretagne, mais le nom s'est déformé au fil des ans.

Serait-ce la chanson de Pétula Clark des années 70 qui vous a donné l'idée du titre de votre conférence du dimanche 15 novembre et pensez-vous que l'humour soit utile en matière de communication avec les âmes ?

Vraiment c'est particulier, votre demande parce que je commence toujours cette conférence par deux questions : "Qui veut aller au ciel" et "Qui veut mourir ?" et effectivement cela vient de cette chanson ( écoutez ici) que j'ai fredonnée souvent. Les paroles sont toujours d'actualité et je me sers de l'humour pour dénouer certaines peurs et dérider le thème de la mort puisque le fait de juste prononcer le mot amène une lourdeur. On peut rire de la mort sans la prendre trop au sérieux, mais elle a aussi des côtés bien plus lumineux qu'on croit.

Comment s'est passée la transition entre le métier de notaire et le vôtre ? À propos, comment définissez-vous votre métier ?

On pourrait y accoler toutes sortes d'étiquettes. Je me définis comme quelqu'un qui se spécialise dans le passage de la mort et de la naissance, parce que c'est mon centre d'intérêts, ma passion depuis plusieurs années. Je suis en recherche permanente de tout ce qui se passe autour de ce sujet. Il s'est écoulé plusieurs années entre les deux métiers, la transition ne s'est pas faite d'un jour à l'autre. La méditation que j'ai commencé à pratiquer régulièrement a été un élément déclencheur. Après quelques mois de cette pratique, j'ai reçu un jour une communication avec un défunt, ce qui était pour moi improbable à ce moment-là. Je me définissais comme rationnelle et entière, bien dans la matière, tout ce qui était éthéré, je pensais ne pas pouvoir y accéder. Cette première communication m'a projetée dans une quête de compréhension, j'avais mille et une questions mais aucune réponse. Ce qui se passe après la mort, je m'y étais intéressée d'un point de vue testamentaire, limité à l'aspect matériel, pas du tout à l'aspect spirituel. Après cette première expérience, j'ai ressenti le besoin de lire, de suivre des formations pour tenter de comprendre. En même temps, j'ai continué à recevoir des messages de défunts, ce qui m'a amenée à finalement accepter cette probabilité que je sois médium. Cela m'a pris plusieurs années, l'idée que je me faisais de ma propre personne n'avait rien à voir avec un médium. Après avoir écrit mon premier livre sur le sujet, j'ai commencé à animer des conférences.

Aujourd'hui, on a coutume d'entendre : "On choisit ses amis, mais pas sa famille !" Qu'avez-vous à dire au sujet de cette affirmation ?

Rires... C'est une impression, les amis on les choisit, la famille nous est imposée. Quand on regarde les types de relation que l'on a parfois avec ses proches, on se dit "Je ne suis pas masochiste à ce point, j'aurais mieux choisi". On méconnaît le fonctionnement de la vie et celui de la naissance. En s'intéressant au grand passage de la vie d'un point de vue spirituel, on regarde les choses avec les yeux de l'âme. Ces yeux-là ont un autre autre regard sur la vie. Là, on se rend compte que toutes les interrelations, la famille mais aussi les amis, les voisins, les professeurs, les commerçants, toutes ont été soigneusement choisies du point de vue de l'âme pour nous aider à découvrir ce qu'on porte à l'intérieur de soi, ce sont nos miroirs. Ces interrelations ne sont ni hasardeuses, ni imposées, mais acceptées à un autre niveau. Les relations, surtout les plus difficiles, nous amènent à regarder au fond de soi et à mettre en lumière les zones d'ombre qui n'appellent elles aussi que l'amour en soi.

La vision de l'âme, mais comment faites-vous pour y accéder, à l'âme ?

À travers la méditation, j'ai découvert qu'à l'intérieur de soi, nous avons constamment deux niveaux de langage qui se déroulent, le niveau du mental ou de la tête et le niveau du c œur ou celui de l'âme. Les sociétés matérialistes nous amènent à utiliser beaucoup plus le langage de la tête, analyser, rationaliser, structurer, nous sommes devenus des spécialistes en la matière. Mais rien ne nous amène au c œur, ce savoir intuitif que nous avons à l'intérieur de nous est délaissé. Nous avons tous cette capacité du langage du c œur, si nous prenons le temps de contacter l'espace du cœ ur. Dans nos rythmes de vie effrénés, où nous sommes constamment en contact avec l'extérieur, la radio, la télévision, les médias sociaux, nous sommes sur-sollicités de l'extérieur et nous n'avons jamais le temps de contacter notre sagesse intérieure. La vision de l'âme s'acquiert simplement à partir du moment où l'on entre en soi et que l'on parvient à cet espace de silence, à travers le langage du mental.

Faire le vide ?

Au début de ma période de méditation, quand il était demandé de faire le vide, plus j'essayais, moins j'y arrivais. Faire le vide, qu'il ne se produise plus rien, je n'y parvenais pas. Au fil du temps, j'ai compris qu'il s'agit plutôt d'accepter tout ce qui est là. En acceptant, l'espace se crée et nous changeons alors de niveau de discours pour accéder à la plénitude, à une forme de connaissance même.  

Croyez-vous que chacun de nous soit venu sur terre avec une mission bien particulière ? Et qu'arrive-t-il si nous passons à côté de cette mission ?

J'adore vos questions. Oui, certainement, mais je crois que nous avons idéalisé le mot mission de vie et que, par cette idéalisation, nous cherchons au mauvais endroit. À mon avis, la mission de vie n'a rien d'extérieur, en premier lieu. La plupart d'entre-nous cherchons dans une action, dans une profession, dans un geste. Pour moi, la mission de vie est d'abord intérieure, trouver qui nous sommes, c'est cela, beaucoup plus au niveau de l'être. Dans ma conférence "Être l'auxiliaire du bonheur", j'amène ce thème de la mission de vie. Selon moi, pour pouvoir toucher au bonheur, il faut commencer par être. Tant que nous sommes uniquement dans l'action, il manque une dimension. La mission de vie c'est de mettre en lumière notre essence, qui nous sommes, notre unicité. Quand nous aurons touché cette unicité, toutes nos actions porteront la couleur unique de ce que l'on fait et nous aurons la sensation de toucher aussi à notre mission de vie, puisque nous sommes interconnectés avec cette portion de nous qui nous anime. Être dans sa mission de vie, c'est faire corps avec son âme et avec son esprit, c'est être aligné. Une fois que nous y sommes, toutes nos actions portent cette couleur et ça nous amène une joie indicible, communicatrice, qui fait que ceux qui la touche ont aussi envie de se retrouver dans leur mission de vie.

La capacité de guérison, selon vous, chacun aurait ce potentiel. Pourtant, les habitudes de la majorité des gens seraient plutôt de dire par exemple : "Voilà Docteur, mon estomac ne fonctionne pas, réparez-le, faites-moi passer un scanner ou des ultrasons, et faites-moi une ordonnance qui va coûter bien cher, pas de ces médicaments à deux balles, les plus chers donc les plus efficaces. À ce taux-là, vous serez un bon docteur, Docteur !" Que dites-vous de cela ?

Rires... C'est représentatif du fonctionnement de notre société. Nous sommes constamment tournés vers l'extérieur. Quand nous arrivons sur terre, durant plusieurs années, nous avons besoin de l'extérieur pour assurer notre survie. Le bébé ne peut pas survivre sans la présence des autres. Mais malheureusement, dans notre société, nous n'avons pas l'enseignement qui nous ramène vers l'intérieur. Les adultes nous maintiennent dans un regard tourné vers l'extérieur. C'est comme cela dans notre société, mais il y en a d'autres où l'enfant est habitué à rester en contact avec sa sagesse intérieure. Nous n'écoutons pas les enfants, c'est l'adulte qui sait, ce qu'il faut manger, comment il faut être. Plus nous grandissons et plus nous nous sentons incompétents pour décider de ce qui est bon pour nous. Je vous raconte une expérience avec mon fils quand il avait environ huit mois. Il avait une forme de sinusite qui ne passait pas. Le médecin que j'ai consulté m'a prescrit un médicament pour asthmatique, avec un masque. Mon fils, habituellement docile aux traitements que je lui donnais, a manifesté fortement sont désaccord, en criant, en gesticulant. Même son père n'a pas réussi à lui donner ce médicament. Cela nous a semblé inconcevable de traumatiser notre fils pour le soigner. Je retourne chez le médecin, me sentant un peu mère incapable de soigner son enfant. Mais le médecin, un remplaçant, cette fois-ci, m'a dit que ce n'était pas le bon médicament, et il m'a prescrit des gouttes que mon fils a très bien acceptées, même si ce n'était pas forcément plus agréable. Cet exemple pour dire que mon fils me signalait que ce n'était pas le bon médicament. Cela m'a fait réaliser que mon fils savait des choses que je ne savais pas et que je devais être à l'écoute de ce qu'il manifestait, même tout petit. Un enfant qui fait une crise, l'habitude est de lui montrer que ce n'est pas comme cela qu'on agit. Mais l'enfant a une sagesse innée. Même s'il est souvent utile de se tourner vers l'extérieur, gardons toujours notre discernement pour vérifier si ce qu'on nous amène comme information vibre avec ce que l'on ressent.

Mais revenons à cette capacité que vous avez d'accompagner les personnes sur leur chemin vers la mort, qu'est-ce qui vous a amenée à penser que le passage a besoin d'un accompagnement, est-ce une nécessité pour tout le monde ?

Ce que je comprends aujourd'hui des recherches que j'ai faites, que l'on soit dans le passage de la mort, que l'on soit sur terre ou que l'on soit dans le passage de la naissance, les besoins de l'âme sont exactement les mêmes. Nous demeurons les mêmes dans notre essence et les besoins sont les mêmes. Plus on est proche de la matière dense, de la terre, que l'on soit dans le processus d'incarnation ou dans le retour de l'autre côté, plus nous sommes imprégnés davantage de peurs et d'angoisse, ce qui fait que nous avons besoin d'être accompagnés dans ces transitions. Les passages nécessitent un accompagnement et plus nous comprendrons ce qui se passe au niveau énergétique et au niveau des besoins de l'âme, plus les actions seront adéquates. Actuellement nous ne regardons la naissance que sous l'angle matériel, c'est comme un acquis, c'est la joie, alors que l'âme qui s'incarne a peut-être besoin de soutien.

Pourquoi ne se souvient-on pas de ce qui se passe avant ?

Il peut y avoir plusieurs réponses à cette question. Je dirais que c'est comme quand nous sommes étudiants et que nous nous présentons à un examen, nous n'avons pas connaissance des questions avant de passer l'examen. Si c'était le cas, l'examen ne serait plus le même. Le fait de ne pas savoir ce que l'on est venu expérimenter permet de le faire beaucoup plus librement et dégagé de toutes les histoires du passé et de toutes les influences des autres vies. Nous sommes dans un monde de dualité et c'est l'effet de la matière qui vient brouiller ce monde-là. Plus on apprend à se connecter à la voie du cœur, plus la connaissance globale nous est redonnée. La frustration de ne pas se souvenir nous incite aussi à se poser des questions et à trouver une manière d'accéder à cette connaissance.

J'ai lu sur votre site que vous vous appuyez sur les récentes recherches de la science moderne, quantique et ésotérique, y aurait-il aujourd'hui une preuve scientifique de l'existence de l'âme ?

Non, parce que nous n'avons pas d'outil pour mesurer ce qui est intangible. Avons-nous une preuve scientifique de l'existence de l'amour, non, nous ne pouvons pas mesurer ce qu'est l'amour, mais nous savons que cela existe. La présence de l'âme ne se mesure pas avec les moyens et les outils que nous avons actuellement. Ceux qui prétendent que l'âme n'existe pas n'ont pas plus de preuve que ceux qui prétendent qu'elle existe. Ce n'est pas parce que ce n'est pas mesurable que ça n'existe pas.

Le lundi 16 novembre, à Villars-sur-Glâne, vous allez animer un atelier "Communiquer avec l'âme". Que peut apporter cet atelier et à qui plus particulièrement est-il destiné ?

Merci d'aborder cette question. L'atelier a pour but d'amener des outils de compréhension de la communication avec l'âme et des moyens pratiques pour la mettre en application. Il s'adresse à toute personne qui désire entrer en relation avec son âme. Tout le monde a une communication avec son âme. Quand mon regard est orienté vers autre chose, je peux manquer beaucoup d'informations qui viennent de mon âme. Depuis dix ans que je donne cet atelier, 95 % des gens quittent en disant mais je communique avec mon âme mais je ne le savais pas. Il s'agit d'expérimentation pour découvrir le ressenti dans le corps physique.

Vous êtes également écrivain, vos livres traitent principalement de la venue sur terre, du dialogue avec les âmes et de ce qui se passe après la mort, en aurais-je oublié ? Avez-vous un projet pour un prochain livre ?

Oui, mon prochain livre parlera plus de l'importance de la naissance dans notre quotidien. Nous ne sommes pas toujours conscients de l'importance de ce qui s'est passé au moment de notre naissance et à quel point on répète toujours les mêmes scénarios, jusqu'à ce qu'ils soient mis en conscience. Je n'ai pas encore écrit sur le sujet et ce thème sera l'objet de mon prochain livre. Dans le dernier, "mourir l'âme en paix" je parle du passage et de ce qui se produit après. Le prochain sera comme l'autre côté de la médaille.

Êtes-vous heureuse Sylvie Ouellet ?

J'adore la question et je vous dirais que je le suis de plus en plus. Avant la méditation, ma vie n'avait aucun sens. J'ai traversé un passage très difficile. Et depuis, plus je m'intéresse à la naissance, plus je m'intéresse à la mort, plus ma vie prend de sens, et plus je m'épanouis et j'accède au bonheur. Il y a quelques années je vous aurais répondu spontanément oui, puisque mon niveau de bonheur s'est décuplé. Aujourd'hui je réponds, de plus en plus, parce que je me rends compte que mon niveau de bonheur augmente.

Avez-vous autre chose à nous dire ?

J'ai hâte d'être parmi vous. Pour moi c'est une source d'informations importante et riche. J'aime connaître comment les gens voient la naissance et la mort dans différents pays. Ça me donne à réfléchir et à avancer dans mes recherches. À chaque fois pour moi c'est une source de joie. 

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Elisabeth Horowitz : site internet

elisabeth horowitz 200

Elisabeth Horowitz est thérapeute spécialisée en analyse du roman familial, fondatrice de l’Association Française de Psychogénéalogie, conférencière, animatrice de séminaires et auteur de plusieurs ouvrages. Son prochain ouvrage sera consacré aux secrets de famille.

Elle animera deux conférences : le samedi 14 novembre à 18h15 "L'arbre généalogique et la santé" L'arbre généalogique peut influencer notre corps et notre santé. Une analyse rapide de l'histoire familiale permet d'éviter la répétition des symptômes des parents et des aïeux, ainsi que leur émergence à des dates anniversaire ou des âges-clés. Découvrez tous les outils à votre disposition pour protéger votre capital-santé et vous libérer des programmes hérités de votre lignée.

La deuxième conférence aura lieu le dimanche 15 novembre à 11h45 "De la Psychogénéalogie aux Actes symboliques" Une fois les influences familiales identifiées, comment s'en libérer ? En passant de la parole à l'action. Imaginez des actes simples, ludiques, faciles à réaliser et n'engageant aucun investissement financier...bonne nouvelle, les voici à portée de main, pouvant transformer votre quotidien ! Les mini-rituels symboliques sont des solutions express que vous pouvez utiliser de manière immédiate.

Bonjour Elisabeth Horowitz, J'ai vu sur facebook que vous êtes sensible à la maltraitance des animaux, êtes-vous végétarienne et si oui, pourquoi ?

Oui, je suis végétarienne, je l'ai été très tôt, de 15 à 25 ans. Après durant une période j'ai mangé un peu de viande, mais depuis quelques années, j'ai complètement arrêté. Ce n'est pas à cause d'un rejet de la viande, mais plutôt parce que la maltraitance des animaux a atteint un tel niveau de barbarie, souvent caché au grand public, que je ne veux pas être complice de cette manière de faire qui va à l'encontre des valeurs humanistes que nous, thérapeutes tentons de développer.

Quelle est l'origine de votre nom et cela a-t-il un lien avec le fait que vous ayez été attirée par la psychogénéalogie ?

Horowitz est mon nom d'auteur. Je l'ai choisi pour l'admiration que je porte au pianiste Vladimir Horowitz. Dans ma famille, personne n'a de carrière artistique ou littéraire, je n'avais aucun héritage dans le domaine, ils sont plutôt dans l'administration. Je savais que pour réussir, il fallait que je choisisse un autre nom pour changer de destin. Cela fait partie des stratégies proposées en psychogénéalogie, vous pouvez changer de prénom ou de nom de famille, par exemple lorsque vous avez hérité d'un prénom lourd à porter, ou celui d'une personne prématurément décédée dans la famille ou encore le prénom d'une personne cachée comme la maîtresse du père.

Sur votre site j'ai lu : Thérapeute spécialisée en analyse du roman familial, fondatrice de l’Association Française de Psychogénéalogie. Cela correspond au thème de notre salon de Fribourg "Ma famille, mes racines", qu'est-ce qui vous a amenée à travailler dans ce domaine en particulier ?

Le déclencheur a été un article dans la revue Psychologies, revue à laquelle j'ai été abonnée dès les années soixante-dix. Le transgénérationnel m'a tout de suite attirée, domaine qui à l'époque n'était pas du tout développé. Je me suis installée en tant que thérapeute dans les années quatre-vingts, et j'ai commencé à pratiquer uniquement sous l'aspect transgénérationnel. Dès la première consultation, l'arbre généalogique était monté jusqu'aux grands-parents, pour replacer la difficulté dans le cadre de l'histoire familiale.

Votre conférence du samedi 14 novembre à 18h15 traite de "L'arbre généalogique et la santé". Selon vous, il y aurait donc un lien ? Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Dans la majorité des cas de symptômes qui peuvent émerger au cours de notre vie, c'est la loyauté envers les membres de notre famille, grands-parents, parents, oncles et tantes, cousins et cousines, qui inconsciemment nous fait déclarer ces maladies. C'est une manière de faire partie du clan. L'âge est le principal déclencheur des symptômes. Dans mes consultations, je découvre de nombreux cas en posant les questions suivantes : "Dans votre famille, des membres ont-il déjà eu ce genre de symptôme ou de maladie ?" "Quel âge avez-vous ?" "Que s'est-il passé au même âge pour vos parents ou vos grands-parents ?"

C'est l'environnement familial dans lequel on est né, pensées, croyances, habitudes qui va déterminer le type de maladies de la personne ?

Personne ne vit isolé, tout le monde naît au milieu d'un système, quel qu'il soit et un phénomène de répétition par loyauté existe. Freud déjà posait la question : "Quelqu'un dans votre famille a-t-il déjà eu ce type de problème ?" Freud avait découvert que le phénomène de répétition était actif.

Un cas récent, une femme vient de déclarer un cancer du sein. Mes questions font apparaître les faits suivants : son fils vient d'avoir douze ans, quand elle-même avait douze ans, ses parents avaient divorcé, elle a dû déménager, beaucoup de changements difficiles pour elle. Pour survivre, la réaction de l'humain est différée et le symptôme peut surgir lorsque nos enfants atteignent l'âge où nous-mêmes avons vécu le traumatisme. Lorsque des conditions similaires se présentent, le terrain est favorable à la manifestation du symptôme. Il existe une horloge interne. Arrivé à un âge sensible, si l'on n'est pas conscient, on peut manifester des symptômes par loyauté. En conscience, on peut se dire, "Tiens, je fais un symptôme de loyauté envers ma mère, je le perçois, mais c'est une illusion." et le symptôme peut disparaître.

Le dimanche 15 novembre à 11h45 ce sera : "De la Psychogénéalogie aux Actes symboliques" qu'entendez-vous par acte symbolique ?

C'est la réponse à cette question : "Maintenant que j'ai compris d'où viennent les problèmes, je fais quoi avec cela ?" Actes symboliques, nouvelle discipline qui émerge dans les sciences humaines. La société va de plus en plus vite et on veut des solutions rapides et efficaces. Actes symboliques, mini-rituels mis en place pour régler des problématiques de l'histoire familiale, maltraitances, préférences, deuils, mini-rituels qui vont résoudre les problèmes en un temps record. Tout ce processus est bien détaillé dans mon livre paru chez Jouvence : Les actes symboliques.

Avez-vous un exemple d'acte symbolique ?

Pour dépasser un problème de maltraitance par les parents, vous pouvez commencer par faire un immense poster de ce parent et petit à petit réduire la taille de la photo jusqu'à la grandeur d'un timbre poste. Si le parent en question est décédé, vous pouvez créer un masque de ce parent et demander à une personne de porter ce masque durant une demi-journée pour pouvoir communiquer, lui dire ce que vous avez sur le cœur.

Sur le premier site francophone chrétien de relation d'aide professionnelle, j'ai trouvé la description détaillée de votre ouvrage "Se libérer du destin familial, devenir soi-même grâce à la psychogénéalogie." Selon vous, y a-t-il un lien entre l'évolution personnelle et la religion et quel est-il ?

Le premier niveau, c'est de travailler sur ses origines, sur l'héritage transgénérationnel. Chaque génération est victime en quelque sorte de la génération précédente. Après, l'être sera disponible pour accéder à d'autres niveaux de conscience. Nombre de névroses viennent de la religion pratiquée dans le milieu familial, malheureusement parfois devenue un frein à l'évolution.

En quelques mots, quelle peut être l'influence de nos quatre grands-parents sur notre vie personnelle ?

Comment ils se sont rencontrés, le type de couple qu'ils ont formé, l'éducation qu'ils ont donné à nos parents, le fait que nos parents aient été soit les enfants préférés, soit les enfants délaissés voire maltraités, leur position dans la fratrie, l'écart d'âge entre les enfants, s'ils étaient des enfants de remplacement, les secrets des familles, tout cela aura des conséquences importantes sur notre propre destinée. Moi-même, je suis l'aînée et cela a eu des conséquences dans ma vie. La configuration familiale en elle-même crée déjà une destinée.

C'est une grande question pour moi : les secrets de famille, est-il préférable qu'ils soient révélés ou précieusement gardés et dans le premier cas, de quelle manière faut-il les dire ?

Il n'y a pas de règle absolue. Selon moi, il vaudrait mieux que chacun ait connaissance des secrets de sa famille, mais la prudence est de mise dans le domaine. On peut être victime d'un secret de famille si on l'ignore totalement. Par exemple, tout le monde sait d'une personne que son père n'est pas son père, sauf elle-même. C'est arrivé à une de mes clientes qui l'a appris par sa mère, au décès de son père. Cela a été une explication au fait qu'elle n'avait jamais réussi à former un couple. Dans cette situation, taire le secret a eu des conséquences graves. Il y a une autre situation où une femme sait que sa sœur n'a pas le même père qu'elle, mais la mère lui a fait jurer de ne jamais en parler. Chaque fois que les deux sœurs se voient, le secret plane entre elles. Dans ce cas, il vaut mieux le dire. Le secret peut ronger une personne et la rendre malade, comme un de mes clients dont la fille va se marier, il vient de déclarer un cancer du pancréas, il n'est pas le vrai père de sa fille mais ne l'a jamais dit et ça le ronge. Dans ce cas-là, il est urgent de révéler le secret.

Faire un travail sur soi en psychogénéalogie va-t-il avoir des conséquences sur les générations futures, mes enfants, mes petits-enfants ?

Bien sûr, cela va permettre de ne pas répéter ce que l'on a subi, cela va amener à une prise de conscience de nos comportements inadéquats envers nos enfants. En plus vous pourrez faire les deuils qui doivent être faits, analyser les syndromes d'échecs par exemple ou encore réaliser l'importance de laisser aux enfants le choix de faire ce qu'ils aiment dans la vie. En résumé, c'est une remise en cause du fonctionnement familial.

Un pont entre le conscient et l'inconscient, quel procédé utilisez-vous ?

Il y a d'abord l'analyse des rêves, le rêve est un des principaux pont entre le conscient et l'inconscient. J'ai l'exemple d'une patiente qui a rêvé que son frère avait un enfant caché. En lui posant la question, elle a découvert que c'était une réalité. Cela a modifié ses liens familiaux. Vous aurez également des révélations par les synchronicités, si vous rencontrez par hasard un ami d'enfance que vous n'avez pas revu depuis plusieurs années, il se peut qu'il détienne une information que vous ignorez. Les voisins, les commerçants, les amis, les médecins, les parrains et marraines, les personnes qui sont en périphérie de l'arbre généalogique peuvent détenir des secrets qui vous auraient été cachés. Les rencontrer par hasard, l'inconscient familial peut les avoir placés sur votre chemin et il vaut la peine de les interroger. Une autre donnée importante, ce sont les repas familiaux. Dans les constellations familiales, nous remettons en scène des événements qui ont été traumatisants. Le dessin aussi permet de poser sur le papier des troubles, toutes sortes de traumatismes en vue de les regarder et de commencer à les soigner.

Quand on devient thérapeute, à mon avis, c'est parce qu'on en a un grand besoin pour soi-même. Quelles problématiques personnelles vous a le plus touchée lors de votre propre formation ?

Oui, c'est possible. Pour ma part, dans ma famille nous étions déjà orientés vers le social. Cela correspond aussi à une espèce de vocation. C'est un métier délicat qui ne peut pas être improvisé. Un grand amour de l'humain est indispensable. Chez moi, un secret a été longtemps bien gardé, ma grand-mère maternelle a été internée en hôpital psychiatrique pendant longtemps, elle y est décédée. La maladie d'Alzheimer n'existait pas, c'était plutôt : folie, troubles psychotiques ou schizophréniques. Je ne l'ai pas appris par ma famille, mais par la seconde épouse de mon père qui un jour me l'a avoué. Cette grand-mère avait été traitée aux électrochocs et c'est cela qui inconsciemment m'a amenée à choisir cette voie, pour la soigner à posteriori.

Vous êtes également auteur de plusieurs ouvrages, l'écriture est un travail de solitaire tandis que l'animation et les conférences sont tournées vers le public. Quelle partie préférez-vous et pourquoi ?

Dans une première phase, j'ai fait beaucoup de conférences, mais depuis dix ans, j'ai préféré l'écriture. Maintenant, je reviens. Fribourg sera le départ d'une nouvelle série de conférences. C'est une alternance. J'aime les deux choses.

Êtes-vous heureuse, Elisabeth Horowitz ?

Euh... Question difficile, nous passons tous par des phases de remise en question. Il y a des carrefours dans la vie... C'est une bonne question, merci de l'avoir posée ! Rires... Je pense que je pourrais être plus heureuse que je ne le suis. J'espère être plus heureuse dans le futur ! Voilà !

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

J'espère que ces deux conférences correspondent aux attentes du public suisse. J'ai aussi fait de la publicité sur les réseaux sociaux. On viendra aussi de France. Je fais le vœu que la conférence sur les actes symboliques, titre de mon livre édité chez Jouvence, ait du succès. Les rituels proposés correspondent aux besoins du moment. A bientôt à Fribourg. 

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Colette Portelance : site internet
Colette Portelance 200Colette Portelance est auteure et conférencière réputée. Elle a créé l’ensemble des programmes de formation professionnelle du Centre de relation d’aide de Montréal et de l’École internationale de formation à l’ANDC, dont elle est la cofondatrice. Thérapeute chevronnée, elle a développé ses propres conceptions psychopédagogiques et psychologiques de la relation d’aide. Colette Portelance est connue et reconnue pour son authenticité, son respect profond de la personne et sa grande capacité à favoriser l’exploitation des ressources personnelles et professionnelles.

Elle animera 2 conférences le samedi 14 novembre à 14h30 et le dimanche 15 novembre à 10h30 : "De quel système relationnel êtes-vous prisonnier?". Elle donnera un atelier les 28 et 29 novembre 2015 : "Ma vie, mon chef-d’œuvre" à Villars-sur-Glâne au Centre Richemond, plus d'infos ici

Bonjour Colette Portelance, un père cultivateur et une mère institutrice, cela vous a donné une bonne base pour la vie ?

Une excellente base, pas seulement grâce à leur travail, mais surtout grâce à ce qu'ils étaient. J'ai vécu dans une ferme, dans la nature, les bois, le ruisseau, les oiseaux, les étoiles. Mon père m'enseignait les constellations, j'avais une qualité de relation extraordinaire avec lui. C'était un homme de relation et les gens venaient à la maison pour lui parler. Il avait une grande capacité d'écoute. Sans avoir eu accès à beaucoup d'instruction, c'était un philosophe qui adorait lire, nous lisions parfois les mêmes livres pour pouvoir ensuite échanger nos points de vue. C'est certainement pour cette raison que j'ai par la suite consacré ma vie à la relation, j'ai eu de bons maîtres.

Votre nom me donne une image, en avez-vous cherché la signification et cela a-t-il eu une influence dans votre vie ?

Oui, c'est mon nom de fille. Quand je me suis mariée, j'ai pris le nom de mon conjoint, mais je n'ai pas pu le garder, je ne me reconnaissais pas. Mon prénom également je l'apprécie, celui d'un grand écrivain. Notre ancêtre venait de Normandie, probablement du domaine militaire.

Qu'est-ce qui vous a fait passer de l'enseignement à la relation d'aide ?

Cela a toujours été ma passion, la relation. Adolescente, je priais pour rencontrer un conjoint avec qui il n'y aurait pas de problèmes relationnels. Ça peut faire rire, parce que des difficultés j'en ai eues comme tout le monde. J'ai cherché, lu des livres, suivi des ateliers, toujours pour améliorer cette relation. Après avoir enseigné à l'école secondaire, j'ai créé sur la base de l'approche non directive créatrice, la formation professionnelle en relation d'aide à Montréal. J'avais une mère institutrice et à l'époque les femmes laissaient leur travail quand elles se mariaient. Ma mère, enseignante-née a souffert d'être éloignée de l'enseignement et je l'ai vue revivre quand elle a repris sa carrière. Elle m'a communiqué ce goût de l'enseignement. C'est vrai qu'à l'époque, les filles étaient infirmière, enseignante ou secrétaire. Je suis l'aînée d'une fratrie de 7 enfants et je jouais à la maîtresse d'école avec mes frères et sœurs. Aujourd'hui, j'anime toujours des ateliers.

L'écriture occupe une grande place dans votre vie, c'est un métier de solitaire, la formation c'est vivre au milieu de beaucoup de gens, vous avez fait une pause à un moment donné, qu'en est-il ressorti ?

Oui, j'ai dû tout arrêter à cause d'une maladie auto-immune, je me suis retrouvée en chaise roulante, ni mes jambes, ni mes bras ne voulaient fonctionner, je n'avais pas assez écouté mon corps. J'ai traversé cela comme le reste, avec acceptation. J'aime lire, écrire et mon besoin de relation a été satisfait car mon conjoint a pris soin de moi, et bien des gens passaient à la maison, je suis chanceuse. Bien sûr que cela a été difficile, je ne savais pas que j'avais les ressources, j'ai été découragée, j'ai pleuré aussi, mais j'ai vécu avec cela comme le reste, dans l'apprentissage de l'acceptation.

La vie de couple, une base dans votre enseignement, quels conseils donnez-vous aux amoureux qui désirent avoir une belle relation ?

Au pluriel j'imagine ? Rires ! Je pourrais en parler des heures. La première chose c'est l'investissement, avec votre cœur, tout ce que vous faites avec tout votre être, ça donne de bons résultats. Le couple, c'est comme le travail, les enfants, les amis, ça demande de s'en occuper, d'en prendre soin, d'y consacrer du temps. Des têtes à têtes, de la communication, cela est fondamental.

Vous donnez la conférence "Être prisonnier d'un système relationnel", le samedi 14 novembre à 14h30 et le dimanche 15 novembre à 10h30, pouvez-vous en quelques mots déjà nous éclairer un peu ?

Il s'agit de regarder de près des fonctionnements entre des personnes, un couple, une famille, un groupe de travail ou une équipe. Les réactions des personnes arrivent en fonction de leurs blessures, de leurs besoins, de leurs réactions défensives, si ces blessures ne sont pas entendues, si ces besoins ne sont pas satisfaits. Il existe des systèmes harmonieux et d'autres dysharmonieux. Si dans une relation, l'autre réveille vos blessures d'humiliation, de culpabilité, d'infériorité, d'abandon, d'exclusion, de rejet, de dévalorisation, d'incompréhension, blessures qui viennent de vos expériences d'enfant et d'adolescent surtout, si votre ami, votre père, votre patron réveille une de vos blessures, et que vous, vous n'êtes pas à l'écoute de ce que cela vous fait vivre, la réaction spontanée, naturelle et normale de tous les êtres humains, c'est de se défendre. On se défend soit par des mécanismes tournés contre nous-mêmes, le refoulement, la rationalisation, la banalisation, ou des mécanismes tournés contre l'autre, le reproche, la critique, la menace, l'attitude de victime qui permet d'obtenir une forme de pouvoir sur l'autre. On est blessé, on se défend, l'autre réagit et se défend aussi. C'est une escalade qui amène au moment où on ne peut même plus se parler. Dans une relation, quand l'autre ne touche pas vos blessures et que vos besoins sont satisfaits, tout va bien, mais ça peut ne pas durer. Dans la conférence, je développe ces différents systèmes relationnels : bourreau/victime, abandonnique/déserteur, envahisseur/envahi, sauveur/affligé, manipulateur/manipulé, ange/démon, dominateur/dominé, juge/coupable, supérieur/inférieur pour les principaux. Je parle de ce qui caractérise par exemple le bourreau et la victime, de ce qui se passe entre eux et du pourquoi ils se sont attirés l'un vers l'autre.

On parle de nos jours de pervers narcissique ou de relation toxique, c'est terrible de qualifier quelqu'un de la sorte, qu'en pensez-vous ?

J'aime bien votre question. Chaque maladie psychologique a ses racines dans une blessure qui n'a pas été entendue. La psychose est le mécanisme de défense ultime. Il est vrai que ce sont des êtres avec qui la vie est très difficile parce qu'ils sont complètement coupés de leurs souffrances et de leurs blessures, avec souvent une très grande dévalorisation, par l'infériorisation, par l'abandon. Ils se défendent comme ils peuvent. Ils sont complètement coupés de leur ressenti. Tout cela est bien triste.

Lequel de ces systèmes vous concerne le plus ?

Dans ma relation de couple, c'est envahisseur/envahi. Le mécanisme activé varie en fonction des situations et en fonction des relations aussi. J'explique tout cela dans mon livre "De quel système relationnel êtes-vous prisonnier ?"

Il existe les 5 blessures de l'âme, l'analyse transactionnelle avec parent/enfant/adulte ou la numérologie et tant d'autres manières de se regarder le nombril. En quoi votre approche est-elle différente ?

La première chose que je trouve importante, c'est d'être en relation avec soi ici et maintenant. Si ce n'est pas le cas, le thérapeute peut confondre avec son propre vécu, tomber dans l'interprétation. Certains ont tout compris au niveau du mental, mais seront incapables d'appliquer quoi que ce soit. Cela peut demander des années de travail sur soi pour parvenir à vivre ici et maintenant. La deuxième chose, on différencie les obstacles intérieurs et les obstacles extérieurs à la communication. On parle de blessure éveillée par l'autre, mais le problème ne vient pas du déclencheur, de celui qui a éveillé la blessure, on le tient pour responsable alors qu'il ne l'est pas. L'obstacle intérieur, c'est la blessure, c'est l'émotion, la peur, la honte ou la culpabilité et cela appartient à la personne et non au déclencheur. Nous avons du pouvoir sur ce qui se passe à l'intérieur de notre être, et toute tentative de changer l'autre ne servira à rien. Autre chose, quand j'enseigne, il y a des règles que j'entends faire respecter. L'atelier commence à neuf heures et pas à neuf heures trente. Les travaux demandés doivent être remis. Une personne ne peut pas participer à un atelier sur la défensive, elle s'investira avec les autres, dans sa vérité profonde en prenant conscience de ses mécanismes de défense.

Nous nous étions rencontrées en 1999 déjà lors d'une conférence "La liberté dans la relation affective ?" ici à Fribourg, à la librairie Bien-Être. Une des conclusions était : La source de la souffrance se trouve souvent dans le passé. Aujourd'hui, maintenez-vous cette affirmation ?

Je ne suis pas d'accord pour fouiller dans le passé à longueur de temps. Je travaille comme je l'ai mentionné avec l'ici et maintenant. Mais si une souffrance du passé est réveillée, parce qu'elle est à l'origine de la souffrance d'aujourd'hui, elle sera traitée. Ce n'est pas nécessaire d'aller creuser dans le passé, pour finalement rendre père et mère responsables, qui eux à leur tour rendront père et mère responsables de leurs maux, cela nous rendrait plus malheureux alors que ce que l'on recherche, c'est le bonheur et il se trouve dans l'ici et maintenant.

"Ma vie, mon chef-d’œuvre", vous allez animer cet atelier les 28 et 29 novembre ici à Villars-sur-Glâne, au Centre Richemond. Suivre cet atelier peut apporter quels bienfaits ?

Tout ce que je viens de vous dire, être à l'écoute de soi, apprendre à être en relation avec les autres dans la communication authentique. Ce sont nos relations qui nous ont amenés des affects négatifs et c'est par la relation que nous pourrons transformer cela en affects positifs. C'est mon principe de base. Le titre "Ma vie, mon chef d'œuvre" c'est pour dire : je ne subis pas ma vie, je la crée. Je ne me laisse pas mener par toutes sortes de choses, j'ai tout pouvoir de choisir et bien davantage que ce que l'on croit en général.

Pouvez-vous nous donner vos 3 conseils les plus importants pour vivre harmonieusement ?

Le travail sur soi, l'écoute de soi, l'amour de soi, l'acceptation. Si je m'accepte à 50 pour cent, je m'aime à 50 pour cent. Les parties de moi que je n'accepte pas, qui me font honte, que je veux cacher, ce sont celles qui hurlent au fond de moi et qui ont besoin d'être acceptées. Dans une relation ce sont des parties auxquelles l'autre n'a pas accès, et la relation n'est pas authentique. Stop aux jugements sévères sur soi-même. L'acceptation de tout ce que je suis, la liberté est à ce prix-là et nulle part ailleurs. Plus je m'accepte, plus je m'aime et plus je serai capable d'être responsable. La responsabilité sans l'acceptation ne dure pas. Le cœur du travail c'est l'acceptation aussi et surtout des parties de nous-mêmes que nous avons pris l'habitude de refouler par peur de ne pas être corrects et en conséquence par peur de ne pas être aimés.

Êtes-vous heureuse, Colette Portelance ?

Je peux vous dire que, maintenant, oui je suis heureuse. Le bonheur ce n'est pas l'absence de souffrance, le bonheur c'est une façon de vivre avec ce qui est là, une capacité d'assumer, d'accueillir de composer avec ce qui est, autant avec ce qui est bon qu'avec ce qui l'est moins. Oui, je suis heureuse parce que j'ai appris à composer avec ce qui est. Chercher une vie amoureuse, relationnelle ou personnelle où la souffrance est exclue, c'est une illusion. Quand les déclencheurs de nos blessures sont là, c'est pour nous aider à devenir de meilleures personnes.

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

J'ai bien apprécié cet entretien et me réjouis de vous rencontrer.

Merci Colette Portelance

Le site de Colette Portelance : www.cramformation.com

Christiane Kolly - 8 octobre 2015

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Kévin Finel : site internet

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Nous aurons le plaisir d'accueillir Kévin Finel le vendredi 13 novembre 2015 pour animer une conférence sur l'hypnose moderne, principes et démonstrations.
Kévin FINEL est le président de l'Académie de Recherche et de Connaissance en Hypnose Ericksonienne (A.R.C.H.E.), institut de formation et centre de recherche en hypnose moderne. Formateur en hypnose, praticien chevronné il a suivi plus de 3 000 personnes en accompagnement individuel. Il a publié plusieurs ouvrages sur l'auto-hypnose et s'est spécialisé en hypnose conversationnelle et en communication hypnotique. Il anime régulièrement des conférences sur ces sujets.

Bonjour Kevin Finel, un peu en guise de CV, qu'est-ce qui vous caractérise en 3 phrases ?

Je dirige l'Académie d'hypnose, une école de formation de praticiens en hypnose. J'ai écrit quelques livres et je donne des conférences un peu partout en Europe sur le sujet. Je garde également une pratique privée de consultations, j'aime beaucoup cela. J'ai 32 ans et j'ai commencé dans le domaine à 17 ans.

Comme dit Paulo Coelho, quelle est votre "légende personnelle" ?

Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai été attiré par ce que j'appelle la magie de ceux qui sont capables d'influencer le monde autour d'eux. J'avais 9 ans quand j'ai rencontré une personne que j'apprécie énormément, Jacques Salomé. Par hasard, je passais devant une librairie près de chez moi, il y donnait une conférence. Je me suis arrêté, j'ai écouté. Ce que j'ai compris, je ne m'en souviens pas, mais j'ai trouvé cela magique, cette conversation qu'il tenait sur scène avec quelqu'un. Je suis allé vers lui et nous avons échangé des propos. Là, je me suis dit, moi aussi je veux être un magicien dans ma vie. À 12 ans, j'ai lu un livre que Jacques Salomé m'a conseillé, qui traitait de PNL et d'hypnose, les deux sont liés. J'ai été fasciné de découvrir combien avec des mots, on peut toucher le coeur des gens et les aider à évoluer. J'ai rencontré d'autres personnes qui m'ont influencé après, mais cela a été le point de départ.

Dès mon adolescence, j'ai commencé à suivre des stages, à me former dans de nombreuses et diverses techniques, comédien ou conteur en autres, mais je revenais toujours à l'hypnose. J'ai ouvert un peu naïvement mon premier cabinet de consultations à 17 ans.

Avec d'autres, nous avons réalisé qu'une formation complète d'hypnose n'existait pas encore et nous l'avons créée. L'Académie d'hypnose, petite au début a depuis beaucoup grandi, elle est maintenant présente dans plusieurs pays et est devenue la principale école d'hypnose dans le monde francophone.

Le thème de notre salon du mieux-vivre est "ma famille, mes racines", désirez-vous nous en dire un peu plus sur ce thème ?

En hypnose, on travaille peu sur le passé ou sur l'origine, mais d'avantage sur leurs racines mentales. On imagine que la personne à la base de son identité a une intention et qu'ensuite elle se rapproche dans sa vie de ce qui va refléter cette intention. Ainsi les racines se renouvellent plusieurs fois dans une vie. On travaille sur ce qui a amené la personne à sa vision du monde, et les proches ont une influence certaine, ceux qu'on a pris comme modèles. En thérapie, il s'agit de faire un tri entre ce que la personne veut garder et ce qu'il serait bon pour elle de laisser. Comme dans toutes choses, il s'agit de trouver un bon équilibre dans ces choix, sans vouloir tout rejeter, ni tout garder.

Le thème de votre intervention est l'hypnose moderne, y aurait-il une hypnose ancienne et quelle différence faites-vous entre les deux ?

Pendant très longtemps, l'hypnose était ce que l'on peut voir encore dans les spectacles aujourd'hui, autoritaire, avec une prise de pouvoir sur les personnes, un côté manipulation. Au siècle dernier, un grand psychiatre, Milton Erickson a permis une autre forme d'hypnose, c'était un grand génie de la communication qui, à partir de problématiques personnelles, il a eu la polio, certains handicaps, s'est rééduqué lui-même. C'est ainsi qu'il a découvert l'auto-hypnose, une manière d'utiliser le mental pour agir sur le corps. Il a inventé une hypnose différente où les gens restent maîtres d'eux-mêmes, avec l'idée que l'hypnose est une prise de conscience et non un endormissement. C'est cela l'hypnose moderne ou ericksonienne. Il s'agit d'apprendre aux personnes à être libres et non conditionnées, à apprivoiser leur inconscient. C'est un peu le travail d'un scénariste ou d'un conteur qui va amener la personne à être le héros de sa propre vie et à se reconnecter à ce qu'elle est vraiment.

Votre conférence a lieu le vendredi 13, je me souviens que ma mère avait peur de ces vendredis 13, quelle est votre opinion à ce sujet ?

Quand on croit quelque chose, on peut tendre à le rendre réel. C'est à la fois vrai et faux. C'est vrai parce qu'on le crée, c'est faux parce qu'on pourrait aussi créer autre chose. Le travail sur les croyances est fascinant. Si quelqu'un est persuadé de ne pas avoir de chance, il va finir par ne pas en avoir. La personne est capable de se créer des situations extrêmement complexes, pour valider la croyance qu'elle peut avoir. Libre à chacun de se dire, "Tiens je sais que cela est faux, mais ça me plaît d'y croire, alors je continue d'y croire, sans être dupe, en me disant qu'un jour, je n'aurai plus besoin d'y croire."

Vous êtes directeur de l'Arche, Académie de Recherche et de Connaissance en Hypnose Ericksonienne que vous avez créée, comment vous est venue cette idée de créer un lieu où on pratique l'hypnose ?

Il s'agissait de réunir des gens passionnés par le sujet et de le faire avancer. C'est une technique qui en est à ses débuts. La neuroscience nous donne beaucoup d'informations et elle va permettre de faire évoluer l'hypnose, d'éviter qu'elle ne se fige dans quelque chose. L'ARCHE permet cela aujourd'hui, avec les nombreuses personnes qui viennent, on fait de la recherche, des expériences en se disant que ce que l'on sait, on peut l'améliorer. Il est important de garder une remise en cause, de tendre à l'évolution, c'est une sorte de laboratoire.

J'ai regardé une de vos vidéos publiques, comment faites-vous pour poser les bonnes questions, pour percevoir les dysfonctionnements, les croyances limitatives des personnes que vous recevez ?

Avec la pratique, il y a certainement une part d'intuition qui se met en place. Je crois que c'est beaucoup d'observation. La base de l'hypnose c'est cela, observer les gestes, le corps ne ment pas, alors que les mots... notre éducation nous apprend plus à écouter, mais regarder est une grande source d'informations. Avec un peu de pratique, on entend ce qui n'est pas dit, et cela amène à poser les bonnes questions.

La télévision suisse vous a suivi pour un reportage qui parle de l'hypnose dans les écoles, comment avez-vous vécu cette expérience, comment appréciez-vous la Suisse ?

C'était une belle expérience, l'idée est d'apprendre aux personnes à maîtriser leur cerveau, cela me semble fondamental. Ce reportage de la RTS était une belle occasion de promouvoir l'hypnose. En France, les gens sont plus fermés aux nouveautés de ce genre, tandis qu'en Suisse il y a une plus grande ouverture, une plus grande envie de dépasser les cadres établis. Si l'hypnose pouvait être apprise à l'école, il y aurait beaucoup moins de problèmes plus tard.

Vous avez écrit depuis 2009, 6 ouvrages qui traitent de l'utilisation de l'hypnose dans différents domaines, avez-vous un projet d'écriture en route et de quoi traite-t-il ?

Plusieurs, un livre sur l'hypnose conversationnelle qui est l'hypnose en communication. Récemment, j'ai écrit une pièce de théâtre pour laquelle les répétitions ont déjà commencé, une pièce de théâtre hypnotique, avec de l'hypnose, qui en enseigne certains éléments, l'idée étant de faire vivre aux spectateurs des contes initiatiques avec des expériences hypnotiques.

En admettant que nous soyons venus sur terre pour évoluer, que tout tend à évoluer, et que notre vie nous met en face de certaines difficultés, de blessures à soigner, vous, Kevin Finel qui sembler un modèle de sérénité et de paix intérieure, qu'êtes-vous venu apprendre sur terre ?

J'ai l'impression que ma mission essentielle est une mission de transmission. Nous avons tous des capacités dans certains domaines, j'ai cette possibilité de transmettre alors je tente de l'exercer au mieux. Il y a quelques années, j'avais un cabinet et je recevais 30 à 40 personnes par semaine. Un jour, je me suis réveillé en me disant un peu comme "ça c'est fait", cette mission est terminée. Pendant quelques mois, j'ai vécu un grand vide, pour voir arriver la mission suivante, celle de transmettre. La transmission permet l'exploration de toutes les facettes personnelles, de la diversité intérieure et aujourd'hui cela me touche profondément, il y a sans doute en moi quelque chose à réparer par rapport à cela.

Avez-vous décidé de vous passer de téléphone portable ?

Jusqu'à il y a un an, je passais trop de temps sur mon téléphone. Les mails ont quelque chose de pratique, on peut y répondre le matin et le soir. Je privilégie l'écrit, ça demande de poser les choses, d'y voir clair.

Êtes-vous heureux Kevin Finel ?

Oui, je le crois, puisque je ne me pose pas la question. J'ai l'impression d'être à ma place, tout simplement. Quand je me réveille le matin, j'ai ce sentiment de faire ce que j'ai à faire. Tant que je fais ce pourquoi je suis là, ça me donne du bonheur, et cela devient ma boussole.

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

J'espère que cette conférence sera l'occasion pour certains de découvrir l'hypnose, de la démystifier, de faire tomber les à priori envers cette technique. Je suis heureux aussi de l'ouverture de la future agence de l'ARCHE à Genève, avec une première formation prévue en octobre. 

Le site de l'ARCHE : www.arche-hypnose.com

Christiane Kolly - 30 septembre 2015


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