Billeterie

logo_StarTicket
Fribourg Tourisme

Publicité

Bannière

Rejoignez-nous sur:

 logo-facebook   YouTube

News - ne manquez pas !

L'application "Salon du mieux-vivre" pour iPhone et Androïd est disponible gratuitement! L'application "Salon du mieux-vivre" pour iPhone et Androïd est disponible gratuitement! - Details...

Nouveau: Ateliers Cuisine Santé Samedi et dimanche - Details...

Tenzin Wangmo donnera 2 conférences Tenzin Wangmo donnera 2 conférences, suivies d'une dédicace - Details...

Christiane Beerlandt donnera 2 conférences et animera un atelier Christiane Beerlandt donnera 2 conférences et animera un atelier - Details...

Isabelle Filliozat donnera 2 conférences Isabelle Filliozatl donnera 2 conférences, suivies d'une dédicace - Details...

Rosette Poletti animera 2 conférences Rosette Poletti donnera 2 conférences, suivies d'une dédicace - Details...

--= NFSP =--

Ateliers - stages: des nouveautés! Prochains ateliers:  Christiane Beerlandt, Thierry Gaubert et Véronique Paulet, Pascal Hastir, Xavier Perron, Christel Petitcolin - Details...

logo-informationNavigation dans notre site, pour trouver facilement les informations:
Les exposants - Les interviews - Le programme - Les infos pratiques
Les conférences : Vendredi, Samedi, Dimanche
Les stages - D'autres liens suivront

Chers internautes, bienvenue dans la rubrique « entretiens » de ce 15e Salon du mieux-vivre de Fribourg ! J'ai le plaisir de vous accompagner pour cette nouvelle édition. Vous découvrirez de façon plus intimiste des conférenciers, des exposants, des invités qui seront présent du 7 au 9 novembre 2014 à Forum-Fribourg. Belle lecture ! Catia D'Amore

Choisissez l'interview: Elisabeth Kowalczyk; Tenzin Wangmo; Lucien Willemin; Christel Petitcollin; Isabelle Filliozat
à tout bientôt!

elisabeth-kowalczykEntretien avec Elisabeth Kowalczyk, le 24 août 2014


Propos recueillis par Catia D'Amore


Elisabeth Kowalczyk est Bioénergéticienne et consultante en Feng Shui. Diplômée de l'Académie de Médecine chinoise de Paris (Méthode ACMOS – 1997), elle s'intéresse à l'influence de l'environnement sur la santé. Ses recherches actuelles s'orientent vers la lecture des profils psychologiques, repérables par l'analyse des plans des lieux de vie.


Stand 354
Conférence samedi 8 novembre 18h15, salle 5A. Construire, Acheter, Rénover avec le Feng Shui


Bonjour, Élisabeth Kowalczyk, merci de me recevoir, ici dans cette magnifique cure. Pouvez-vous nous expliquer ce qu'est la géobiologie ?
La géobiologie c'est une façon de rééquilibrer la structure, l'ossature énergétique d'une personne ou d'un lieu. Pour commencer, nous recherchons tout ce qui compose le sous-sol d'un lieu ; nous recherchons par exemple la présence d'une rivière, d'une source, d'une faille ou d'une grotte. Nous allons aussi tracer tous les réseaux, par exemple ceux de Hartmann ou de Curry. Ces différents éléments auront une signature vibratoire unique qui peut être mesurée avec des outils. Pour nos recherches, nous travaillons avec l'antenne de Lécher. Nous prenons ces mesures en surface, au sol de la maison. Si, par exemple, une rivière coule dans un boyau d'un diamètre de 30 cm avec un très fort débit, la vibration au niveau du sol de la maison pourra, elle, avoir un diamètre d'un mètre. Tous ces éléments du sous-sol peuvent déstabiliser le vivant. Par exemple, si votre lit se trouve à l'aplomb d'une faille, vous pouvez faire des rêves où vous tombez dans un précipice, ou vous pouvez avoir des problèmes avec les « corps creux » de votre organisme. Si vous dormez sur une rivière, vous pouvez présenter des problèmes d'ordre veineux ou lymphatique. Ensuite, nous nous occupons de tous les occupants d'un lieu, les personnes et les animaux.
Dans une deuxième partie, nous allons nous occuper de ce qui est paranormal. Nous allons repérer tout ce qui se passe à un niveau plus subtil, par exemple la présence de mémoires de souffrance dans les murs, ou d'âmes en peine dans certains lieux. Imaginez une ferme qui a 300 ans, ajoutez-y des histoires de familles et des actes de magie. Trois cents ans plus tard, ces actes de magie sont toujours là, même si les familles actuelles n'ont plus connaissance de ce qui s'est passé dans la maison avant eux.


Pourriez-vous nous expliquer la mise en place d'un correctif ?
Nous utilisons des symboles, notamment le Yi King, les lettres hébraïques ou les Runes. Ce sont des systèmes d'information de langage qui prennent en compte les lois de l'univers et qui donnent une information à trois niveaux, physique, psychologique et spirituel. Ces trois éléments nous permettent d'adapter notre approche selon le lieu et sa problématique.


À quel moment vous occupez-vous du Feng Shui ?
Une fois que le rapport de géobiologie est établi et que les corrections sont faites. Le Feng Shui va permettre de regarder quelles énergies sont en place dans la maison et comment elles circulent et interagissent entre elles. Les lieux d'habitation sont généralement le reflet des personnes qui l'occupent. En analysant un lieu, son aménagement, cela éclaire généralement sur le secteur de vie qui peut avoir des blocages. En modifiant énergétiquement un lieu, cela ouvre également la possibilité d'un changement interne aux personnes. Pour ce faire nous travaillons avec les cinq éléments, l'eau, le bois, le feu, la terre et le métal.
L'eau correspond au Nord, à minuit, à la nuit, au froid, à la carrière, à l'inconscient profond, au chemin de vie, c'est une énergie qui va vers le bas.
Le bois correspond à l'Est, au printemps qui fait des racines et des branches, c'est donc une énergie qui part dans tout les sens.
Le feu correspond au Sud, au feu et aux flammes, c'est une énergie qui monte.
La Terre est un élément de bascule, comme l'été indien ou la fin de l'hiver, on parlera de cet espace entre deux éléments où les choses changent, par exemple la graine qui germe et qui pousse avec une énergie incroyable pour sortir de terre au début du printemps. Ce secteur-là qui est le Nord-Est va s'appeler la connaissance intérieure. Pousser dans le noir pour aller vers la lumière.
C'est incroyable comme avec l'histoire d'une graine vous pouvez expliquer tout ce qu'est le Feng Shui ; puissant et d'une réalité si juste. C'est un peu comme une énergie qui est là, en toile de fond, puis, quand elle commence à se manifester elle prend toutes les facettes possibles.
Le métal correspond à l'Ouest, à l'automne, au feu de l'automne, à l'arbre qui rend son feu, et qui donne ses fruits, qui se donne, qui offre. C'est là que se trouve la récolte, c'est là que se trouve l'argent. C'est là que l'on a engrangé le blé, qui a rapporté de l'argent, c'est l'avenir, les enfants. Puis, à la fin de l'automne, les énergies finissent de se tasser avant de repartir vers un nouveau cycle.
Si nous reprenons l'élément eau, elle connaît différents états. Lorsqu'elle est très densifiée, elle est à l'état solide sous forme de glaçon, avec tout ce que cela implique psychologiquement. À l'état liquide, elle peut s'adapter à ses rives ou à ses contenants, avec tout ce que cela implique au niveau psychologique. À l'état gazeux, l'eau aura tendance à s'élever sous la forme de vapeur d'eau, à devenir invisible, à finir en nuage pour retomber sous forme de pluie...et être réabsorbée par la terre.


Vous allez réaliser une étude de la géobiologie du Salon du mieux-vivre de Fribourg. Quels sont les éléments que vous allez rechercher?
Toutes les personnes qui vont venir dans ce lieu auront l'énergie de celui qui est responsable de ce salon, c'est-à-dire André Dunand. André a une très belle énergie. Systématiquement, il va attirer les personnes et les événements qui ont la même énergie que lui. Cela ne veut pas dire que tous sont comme lui. Cela veut dire que cette énergie peut être comprise comme l'une des facettes d'une même pièce. Il s'agit d'harmoniser le trop et le trop peu pour obtenir un tout où l'énergie circule avec fluidité. Nous allons définir quel est le centre énergétique du salon. Nous regarderons en suite comment les différents éléments interagissent entre eux selon l'orientation du lieu par rapport au Nord. Nous allons rechercher d'éventuels déséquilibres, par exemple le positionnement des allées, les différents secteurs d'activités, les ouvertures et autres points d'eau (w.c.). Une fois tous ces éléments définis, nous pourrons apporter des corrections très simplement, pour cette année, à l'aide de plantes vertes, d'aménagements légers de différentes couleurs ou structures selon les besoins.

haut de page

tenzin-wangmo-salon-du-mieux-vivre-fribourgEntretien avec Tenzin Wangmo, le 10 septembre 2014

 

Propos recueillis par Catia D'Amore

 

Tenzin Wangmo est née dans le nord de l'Inde en 1962. Son père, qui travaillait dans le gouvernement tibétain, s'est exilé en Inde en 1959, où il a rencontré son épouse. La famille a ensuite rejoint l'Europe, en Allemagne puis en Suisse allemande, au début des années 70. A l'âge de 18 ans, elle s'engage activement pour l'association de la jeunesse tibétaine et plus tard comme présidente de la communauté tibétaine en Suisse romande. Aujourd'hui, Tenzin Wangmo est conteuse, interprète communautaire, coach et formatrice indépendante. Elle parle couramment cinq langues, dont le Suisse allemand!


Transformer les faiblesses en force, vendredi 7 novembre à 17h00 salle 4A
Un conte tibétain pour enfants et adultes, dimanche 9 novembre à 14h15 salle 4B


Tenzin Wangmo, comment a débuté votre action au sein de la jeunesse tibétaine ?
L'association de la jeunesse tibétaine, qui lutte en faveur de la cause tibétaine en Europe et en Inde, m'a téléphoné un jour. Bien que j'étais la plus jeune, je suis arrivée à une fonction importante en tant que bénévole. Cela m'est tombé dessus comme la Vierge Marie est arrivée à avoir un enfant. Rires. Avant de me rendre compte à quoi je disais oui, j'étais recrutée dans le comité de direction de la plus grande association tibétaine en Europe à l'époque. J'y ai appris énormément et ai reçu plus que j'ai pu donner.


Depuis le début des années 2000, vous avez à cœur de vous occuper de l'association Tadra, pouvez-vous nous en parler ?
C'est un projet qui a été fondé par un couple de Tibétains exilés, d'abord en Allemagne puis en Suisse. Eux-mêmes avaient vécu l'état de semi-orphelins, celui d'être accueillis par des gens qu'ils ne connaissaient pas, en Inde puis en Allemagne. Dans ce pays, ils ont grandi chez mes parents qui étaient éducateurs attitrés nommés par le gouvernement Tibétains en exil. Ce couple a donc vécu dans « sa propre peau » ce qu'est l'état d'orphelin ou semi-orphelin. Une fois adultes, lui est devenu médecin et elle infirmière, ils ont eu trois enfants. Étant bien établis dans leur vie, ils se sont dit que, d'une certaine façon, ils voulaient redistribuer toute la gratitude et la reconnaissance qu'ils avaient pour les gens qui les avaient aidés.
En 1995, ils ont monté un premier village de toutes pièces au sud-est du Tibet puis un deuxième en 2005. Cela fait 20 et 10 ans l'année prochaine que ces villages ont été créés. L'année prochaine, nous fêterons le jubilé et allons rendre visite à tous ces enfants !
Le projet, soutenu et porté par une équipe constituée uniquement de personnes bénévoles, consiste à accueillir des enfants qui sont orphelins complets ou semi-orphelins. Ce statut signifie que ces enfants n'ont plus aucun réseau pour les nourrir ou pour veiller sur eux. Nous avons certaines contraintes comme ne pas prendre d'enfant en bas âge, mais seulement à partir de 5 ans. Nous avons sept à dix maisons d'accueil d'enfants dans chaque village, et dans chacune d'elle nous accueillons 25 à 30 enfants. Pour ces enfants, nous avons une « maman de remplacement » par maison. Cela nous arrive de faire des exceptions, lorsqu'il y a des situations où la vie du bébé est en danger et que la fratrie est déjà accueillie.
Dans chaque village, il y a une école primaire de la première à la sixième classe. Nous prenons en charge également le cycle secondaire. Pour les élèves persévérants et brillants, l'université est prise en charge grâce aux dons. Les principaux donateurs se trouvent en Allemagne et en Suisse et depuis quelques années également en France et au Tibet même, par des Tibétains et de riches Chinois. Nous sommes très heureux de pouvoir dire aujourd'hui qu'il y a de plus en plus un lien de cœur qui s'établit avec la population chinoise.
En Suisse, l'association Tadra n'a pas de structure établie, nous sommes 3 personnes à œuvrer bénévolement. Par contre, au niveau des financements, nous avons depuis longtemps un compte de fondation en Suisse qui est surveillé et contrôlé par le gouvernement suisse et régi selon le code civil. Ceci nous permet de garantir que 100% des dons arrivent sur place.


De quelle façon faites-vous connaître le projet Tadra ?
Nous fonctionnons un peu de façon atypique. Mon collègue, qui vient du canton de Fribourg, se charge généralement de faire des présentations dans le cadre de grandes associations riches, notamment le Rotary Club. C'est lui qui fait la recherche de fonds auprès des fondations et par exemple aussi de la Migros.
De mon côté, j'approche des personnes privées ou bien des associations. Mon point fort est de faire connaître le projet Tadra par des conférences ou des contes lors d'événements.


Pouvez-nous vous parler des contes tibétains du karma ?
C'est le monde de l'Asie centrale, ce sont des contes bouddhistes. Leurs origines remontent au 12e siècle. Matthieu Ricard, qui a eu la générosité et la gentillesse de préfacer le livre « les contes tibétains du karma », m'a apporté un éclairage extraordinaire sur leurs origines. Ces contes, je les ai entendus de mon père qui les a lui-même entendus de sa mère. Ils ont été transmis de génération en génération. Les ancêtres les ont adaptés à leurs propres coutumes tibétaines, notamment concernant les noms ou les lieux indiqués, mais aussi les us et coutumes. Je trouvais ces contes tellement magnifiques avec leur structure qui rappelle celle des contes des mille et une nuits. Il y a une histoire centrale, qui parle de la quête d'un jeune prince pour son bonheur, sa paix de l'âme. D'abord c'est une obsession, ensuite cela devient une quête de bonheur. Puis, il y a ce personnage du cadavre bien loquace et vivant qui raconte plein de petites histoires à ce prince pour lui faire oublier sa quête, sa mission, pour le piéger, pour tester sa persévérance et sa force mentale.


Quelle histoire ont ces contes pour vous ?
Nous étions beaucoup d'enfants tibétains à la maison. A notre arrivée en Europe, nous avons été accueillis dans un village Pestalozzi dans le sud de l'Allemagne. Mes parents étaient les éducateurs et ils veillaient jour et nuit sur une douzaine d'enfants qui n'étaient pas les leurs, plus leurs propres 4 enfants, dont moi, mon frère et mes deux sœurs qui sont nées en Allemagne. Souvent, nous avions des moments de chant ensemble, tibétains, allemands. Des moments de contes de tous genres. Ce sont des souvenirs qui sont restés gravés dans ma mémoire.


Est-ce que ça a été facile de retranscrire une tradition orale pour en faire un livre ?
Ça a été assez difficile et cela a pris beaucoup de temps. Il s'est passé 12 ans entre le début de la phase écrite et la parution sous la forme d'une publication officielle en 2012. J'avais l'impression de trahir la culture orale. Ce travail est pour moi un hommage que j'ai voulu rendre à mon père, à ma famille, à ma culture, au peuple tibétain et au pays. Cela a aussi été ma contribution pour sauvegarder une toute petite partie de la culture tibétaine. J'ai notamment été très heureuse de pouvoir conter en Autriche devant Heinrich Harrer, auteur du livre autobiographique « Sept ans au Tibet ».


Transformer les faiblesses en force est le thème de votre première conférence, de quoi allez-vous nous parler ?
Je n'ai pas fait de cursus universitaire à ce sujet. Je vais partager avec le public quelques moments de « difficulté » ou de « faiblesse » de mon parcours où j'ai réussi à m'appuyer sur ces événements pour les transformer en force. C'est cette suite d'événements qui m'ont mené là où je suis aujourd'hui. J'aime à dire avec bonheur et fierté que j'ai beaucoup de succès dans mon travail. Parce qu'il y a énormément de concurrence dans le secteur du coaching. C'est une profession non protégée, et presque tout le monde peut s'appeler « coach ». J'ai fait ma formation dans l'institut de coaching à Genève, qui est l'une des plus sérieuses écoles sur le marché. Cela fait 12 ans que je pratique avec passion, parce que pour moi c'est une vocation d'accompagner des privés ou des équipes en entreprise. Je me suis fait connaître auprès des petites et grandes entreprises ou des administrations publiques et des instituts parapublics. Ce qui me permet de vivre de mon métier.
Je peux ainsi consacrer environ 20% de mon temps bénévolement à la cause tibétaine. Il y a bien sûr aussi les contes, l'association Tadra et également l'interprétariat pour les personnes migrantes tibétaines. J'ai constaté qu'il y avait un besoin, pour qu'elles puissent se faire entendre des professionnels de la santé, du social et de l'éducation.


On sent dans votre façon de vous exprimer que dans vos diverses activités, la personne, le partage, sont au centre de votre attention.
Oui, à ce titre, je n'aime pas du tout la phrase qui dit « c'est le cordonnier qui est le plus mal chaussé ». Depuis mes 50 ans, j'aménage de plus en plus de temps pour moi, mon hygiène de vie, la médiation, les pratiques en accord avec mes valeurs.


Vous suivez vous-même des enseignements régulièrement auprès d'un maître bouddhiste ?
Oui, depuis que je me suis réveillée, que je suis devenue un peu plus consciente de mon identité. C'est vers mes 18 ans que j'ai rejoint l'association de la jeunesse tibétaine. Cet engagement m'a ouvert beaucoup plus à la question tibétaine et à l'enseignement bouddhiste. Un jour, j'ai rencontré Rinchen Dolma Taring, une dame tibétaine extraordinaire qui a écrit un merveilleux livre « Daughter of Tibet », la fille du Tibet, que j'ai beaucoup admiré pour sa force de caractère. En lui rendant visite, un jour, elle m'a dit : « ma fille, si tu veux tenir dans la durée avec ton engagement pour le Tibet, sans la spiritualité bouddhiste, tu n'auras pas la force d'y arriver ». Cette rencontre a eu lieu dans les années 90'. J'ai accentué ma pratique et rencontré mon maître spirituel, qui est devenu mon « maître racine » aujourd'hui, Lama Teunsang. Une rencontre qui, comme toutes les belles choses dans ma vie, m'est tombée sur la tête. Rires.


Une dernière chose Tenzin, que signifie votre nom Tenzin Wangmo ?
Rires. Ce sont mes deux prénoms. Tenzin signifie « la gardienne de l'enseignement » et Wangmo « la puissante ». Ce sont des prénoms bénis que le Dalaï-Lama m'a donnés, à la demande écrite de mon père.

Site

haut de page

Lucien-WilleminEntretien avec Lucien Willemin, le 3 octobre 2014


Propos recueillis par Catia D'Amore


Lucien Willemin est considéré par beaucoup comme le chantre de l'écologie. C'est vrai qu'il l'aime, cette nature, cette vie. Sa vie active, il l'a commencée comme employé de banque, puis comme directeur des achats pour une entreprise horlogère. Ce poste lui a permis de voir du pays. Les États-Unis pour commencer, où il a appris l'anglais, puis Hong Kong et la Chine - là où on construit, où on pollue, pour que le ciel soit plus bleu chez nous. Une fois que le tour de ce job fut fait, il est retourné dans son coin de pays, à la Chaux-de-Fonds. Il a l'oreille fine, Lucien, quand il s'agit d'écouter sa voix intérieure. Lors de l'un des hasards de la vie - qui n'existent pas – il répond à une annonce commerciale, qui lui ouvre grand les portes de la promotion immobilière. Curieux, engagé, riche de son expérience autour du monde, il va s'informer et s'instruire sur la façon de construire écologique... À 40 ans, comme cadeau d'anniversaire, il décide de lever le pied. Nourri par ses différentes expériences professionnelles, il cesse son activité d'entrepreneur, se sépare de sa puissante Audi et laisse le temps forger en lui le concept de La Chaussure Rouge.


• Écologie, entre désinformation et intox. Comment y voir clair ?
Samedi 17h00, salle 5A


Promoteur immobilier, vous avez voulu expérimenter les concepts, nouveaux pour l'époque, en construisant votre habitation de façon éco-responsable. Pouvez-vous nous en parler ?
La construction de cette petite maison, dans laquelle nous vivons depuis 13 ans avec ma famille, a été un laboratoire que j'ai pu expérimenter de la conception à l'utilisation. Cela m'a permis de faire le tour de la question, car je voulais savoir de quoi je parlais avant de le proposer à de futurs clients. Cette maison-là m'a permis d'aller au bout de ce que l'on pouvait faire à l'époque. Tout est en bois non traité, la dalle de base, les murs. On a veillé à ce qu'il y ait un minimum de transports de gravats. L'eau de pluie est récupérée pour le lave-linge, les WC et le robinet de jardin. On a utilisé l'énergie solaire active et l'énergie solaire passive. Pas de radiateur ni de chauffage au sol, mais un fourneau à granulés de bois. Aujourd'hui, cela semble commun, mais en 1997, à 1000 mètres d'altitude, cela paraissait improbable.


Vous avez une très belle expression qui dit : « Ressentir la vie pour avoir envie d'en prendre soin ». Pouvez-vous développer ?
Cette phrase reflète le travail que je me suis fixé en conférence ou lorsque je rencontre les gens...qu'ils puissent vibrer, qu'ils puissent ressentir la vie en eux. Pour qu'ils aient envie d'en prendre soin.
La première partie de la conférence dépeint un tableau assez noir de la situation. Beaucoup de gens de bonne volonté, souvent engagés, viennent vers moi, à la pause, pour me demander : Peut-on vraiment encore changer les choses ? Leurs esprits s'ouvrent à toutes les implications, à tous les liens avec notre consommation. Se dire : « quoi que je fasse, je pollue », remet fondamentalement en question notre façon de consommer. On se retrouve face à une évidence : le seul moyen, c'est d'acheter moins.
Cela m'a pris deux ans de réflexion, pendant lesquels j'expliquais la situation lors des conférences. Et tout ce temps, je me disais : « il y a des millions de personnes sur cette planète qui font des choses magnifiques pour prendre soin de la vie ».
Une nuit de décembre 2012, j'ai eu comme une révélation et l'idée de La Chaussure Rouge a pris forme.


C'est quoi, La Chaussure Rouge ?
C'est un état d'esprit qui est en marche dans le monde. De cet état d'esprit, on en a fait un réseau social physique où les gens se rencontrent dans la rue. C'est le réseau social des gens qui ont décidé de prendre soin de la vie. Dans les différentes conférences que je donne, je m'emploie à expliquer que l'écologie c'est prendre soin de la vie...ta vie, ma vie, notre vie à tous. Un écologiste est quelqu'un qui tente de prendre soin de la vie, y compris la vie de celui qui le montre du doigt.


Quelle action concrète permet de porter des chaussures rouges ?
Il n'y a pas besoin d'être un ange blanc de l'écologie pour porter des chaussures rouges. L'idée, c'est de décider dans son quotidien de changer un élément, une habitude pour qu'elle soit plus en adéquation avec le vivant. Par exemple, faire réparer les objets au lieu d'en changer. L'important n'est pas la grandeur du geste, mais de savoir pourquoi je le fais. Je prends souvent l'exemple de la rampe d'escalier : plutôt que d'utiliser l'ascenseur pour un, deux ou trois étages, je décide de les faire à pied. L'énergie économisée est insignifiante, mais ce qui est intéressant, c'est ce qui peut se produire quand on monte les trois étages. J'ai pris le temps de faire quelque chose en conscience, et lorsque j'arrive au troisième étage, même si je suis un peu fatigué, je sais que je viens de prendre soin de la vie, et je vis un petit bonheur.


Vous êtes l'auteur de « En voiture Simone », livre illustré par Mix & Remix. De quoi ça parle ?
C'est une réflexion qui nous amène à une vision de la voiture bien différente de celle promulguée par les programmes politiques et les publicités en matière d'écologie. Par exemple, on constate que :
• Le conducteur d'une ancienne voiture 4X4 pollue moins que celui d'une hybride flambant neuve.
• Acheter une voiture neuve est un geste faussement écolo.
• Un parc automobile usagé est un bienfait pour l'emploi local.


Avez-vous des projets ?
Oui, un nouveau petit livre dont le sujet sera notre consommation générale. Les statistiques actuelles sont uniquement axées sur les dépenses énergétiques et sur tout ce qui est calculable, chiffrable, mais le vivant, comment le chiffrer? Comment chiffrer par exemple la pollution que l'on redécouvre actuellement en Valais avec l'entreprise Lonza? Nous sommes en train de suivre un paradigme qui réduit la reflexion écologique aux dépenses énergétiques.

 

Est-ce qu'il existe des rencontres de "La Chaussure Rouge" ?
Le 31 août 2014 s'est tenu la première rencontre de La chaussure rouge à Champ-Pittet. Une centaine de personnes se sont déplacées pour cet événement, la salle était comble. Il y régnait une ambiance et un engouement formidables! L'idée était de pouvoir se rencontrer en chair et en os et de mettre en contact différentes compétences qui pourraient par la suite créer de nouveau réseaux. La première partie de cet événement était consacrée à la présentation de l'histoire de la chaussure rouge, du commencement à aujourd'hui. La 2e partie était consacrée au futur, autour d'ateliers d'une dizaine de personnes. Les différents groupes ont fait des propositions concrètes de mise en place d'actions simples dans la vie de tous les jours pour prendre soin du vivant. La deuxième rencontre aura lieu le 23 novembre 2014

site

haut de page

Christel-PetitcollinEntretien avec Christel Petitcollin, le 9 octobre 2014
Propos recueillis par Catia D'Amore


Christel Petitcollin est conseillère et formatrice en communication et en développement personnel. Conférencière, elle est également l'auteur de 13 livres, notamment des best sellers « Je pense trop, comment canaliser ce mental envahissant » et « Enfants de manipulateurs, comment les protéger ».
Elle donnera 2 conférences lors du 15e Salon du mieux-vivre et animera un stage la semaine suivante :

Je pense trop, samedi 8 novembre à 15h45, salle 4A
Échapper aux manipulateurs, dimanche 9 novembre à 11h45, salle 4A


Ateliers: à Fribourg, 10 et/ou 11 novembre, (à choix) :
- Journée 1: "La gestion des émotions" de 9h00 à 17h00 et/ou
- Journée 2: "S'affirmer et dire non" de 9h00 à 17h00


Dans votre livre « Je pense trop, comment canaliser ce mental envahissant », vous présentez le portrait de ces personnes dont les pensées ne s'arrêtent jamais. Est-ce que cela s'adresse à tout le monde ?
Non, justement, c'est une petite partie de la population, environ 10%. Ces personnes ont comme mauvaise manie de se poser trop de questions, d'avoir toujours plein d'idées dans la tête, de réfléchir en continu. Ils sont bourrés de doutes et envahis par leur mental en permanence.


Où se situe la différence entre celui qui pense trop et les autres ?
La plupart des gens ont une façon de penser qui leur permet d'avoir des certitudes et de prendre des décisions, ils peuvent s'appuyer sur ces deux choses pour vivre leurs vies. Les gens qui pensent trop sont comme dans des sables mouvants. Ils ont d'abord beaucoup de mal à choisir, et dès qu'ils ont choisi, le doute revient au galop. Ces éléments combinés font qui leur est difficile d'avancer.


Quelles sont leurs caractéristiques ?
Il y en a plusieurs. Ce qu'on vient de dire suffirait pour qu'ils se reconnaissent. Rires. Lorsque je suis en séance de dédicace, les gens me disent souvent : « Oh, c'est tout moi ». Ou ils prennent le livre et le montrent à quelqu'un d'autre en disant : « Tiens, c'est pour toi ! ». C'est un peu tout ou rien, soit on se reconnaît complètement dans le profil soit pas du tout. Les autres caractéristiques sont les doutes, les questions incessantes et l'impression que le cerveau ne s'arrête jamais. C'est une pensée que l'on pourrait appeler « ouistiti », parce que la personne est capable de rebondir d'une idée à l'autre, à l'inverse de la plupart des gens qui ont une façon de penser que l'on pourrait assimiler à une corde à nœuds, ou à un sentier. Elles suivent un raisonnement linéaire alors que la personne qui pense trop passe d'une idée à l'autre de manière décousue.


Vous appelez cela la pensée en arborescence...
Absolument ! Les gens qui pensent trop ont des idées qui partent en étoile. Une idée en fait jaillir dix et puis dix encore.


Que peuvent faire ces personnes pour penser moins ?
La première étape pour les gens qui pensent trop est de se reconnaître dans ce profil. Ce qui leur manque le plus, c'est quelqu'un qui leur donne une glace en pied. La plupart des personnes de leur entourage leur renvoient une image d'eux-mêmes en termes de « trop »...« Tu es trop émotif », « tu te poses trop de questions », « tu es trop sensible »... etc. Lors de la conférence ou lors de la lecture du livre, ils ont l'occasion de découvrir une image d'eux-mêmes entière. Leurs fonctionnements sont passés en revue et ils en ont enfin une vue d'ensemble.
Ils se sentent soulagés de savoir qu'ils ne sont pas seuls à vivre cela, qu'ils ne sont pas fous.
L'étape suivante est de connaître et de comprendre le fonctionnement de leur cerveau, d'apprendre à le maîtriser pour ne plus se laisser envahir par lui.


Quelles sont les possibilités de développement des personnes qui arriveraient à maîtriser leurs pensées ?
À partir du moment où les personnes qui pensent trop ont fait la paix avec leur cerveau, elles peuvent retrouver toute leur créativité et devenir des ressources dans tous les domaines. On a besoin de solutions nouvelles et innovantes partout. Leur façon de voir le monde est originale, globale et neuve.


Le thème de la 2e conférence est « Échapper aux manipulateurs ». Dans votre bibliographie, qui compte 13 livres, vous consacrez 3 ouvrages aux manipulateurs, pourquoi tant de place ?
Pour une raison toute simple, c'est que les victimes des manipulateurs remplissent mon cabinet de consultation depuis des années. Quand on reçoit une victime qui est sous emprise, c'est quelqu'un qui est persuadé d'être fondamentalement mauvais et incompétent. De plus, elle est malade de stress et de culpabilité. Ce sont des caractéristiques très claires. Rien qu'en voyant l'état dans lequel arrive une personne dans mon bureau, je vais immédiatement « intuitionner » qu'elle est victime d'un harcèlement d'ordre professionnel ou privé. La personne qui me consulte a souvent des choses à régler de son passé. Mais, et cela a été une grande surprise pour moi il y a 20 ans, au début de ma carrière, elle a la plupart du temps quelqu'un dans son entourage qui lui pourrit la vie. Elle n'en a pas forcément conscience, elle a l'impression d'avoir dans son entourage une personne un peu « difficile ». Un patron un peu caractériel, une mère un peu tyrannique, un conjoint qu'elle imagine avoir une blessure du passé, etc. Etant formée à la communication, j'ai découvert que le schéma relationnel que l'on avait avec ces gens « difficiles » était toujours le même. C'est ce qui est le plus frappant dans la manipulation mentale, c'est sinistrement standard. Les gens me racontent le début de leurs histoires, je leur raconte la suite et ils m'appellent Madame Irma.
C'est vraiment pour cela que j'ai eu envie d'écrire sur le sujet. Parce qu'à partir du moment où les gens comprennent le fonctionnement des manipulateurs, ils les repèrent instantanément ou presque et ensuite ils savent comment les gérer.


Et les manipulateurs, ont-ils eux aussi une chance de changer ?
Ce sont des gens qui sont dans la toute-puissance et dans l'irresponsabilité totale. Un manipulateur, c'est quelqu'un qui se croit être le dieu de l'univers, qui s'enivre de sa propre toute-puissance et qui par contre refuse toutes les responsabilités. Si vous écoutez un manipulateur, rien n'est jamais de sa faute.


Donc, aucune chance pour lui d'aller mieux et de moins manipuler ?
Non. Je suis un des rares auteurs sur le sujet des manipulateurs à dire qu'ils sont insoignables. En 20 ans d'expérience, j'ai eu le temps de confirmer ma théorie. Ils sont insoignables pour trois raisons. Ils ne sont pas demandeurs de soins. Ils ont un système de pensées verrouillé face à l'autocritique. Puis, la 3e raison, c'est qu'ils manipulent les psys. Ce sont des menteurs professionnels, d'une mauvaise fois absolue. Donc, soit ils manipulent leur psy, sont dans leur toute-puissance et se grisent de leur supériorité en se disant que « il est trop bête ce psy », soit, au bout d'un moment, le psy repère leurs contradictions et les met en face de leurs responsabilités, auquel cas ils font une crise de rage et ne reviennent pas.


Quelque chose à ajouter ?
Oui, par rapport aux manipulateurs et aussi aux gens qui pensent trop, j'aimerais souligner la responsabilité de notre société dans la prise en compte de ces deux extrêmes. Les manipulateurs ont une impunité révoltante en raison de notre méconnaissance du problème. Et de l'autre côté, les gens qui pensent trop sont en grande souffrance dès leur scolarité, également par manque de prise en compte de leurs spécificités.

 

Est-ce que les gens qui pensent trop sont les victimes des manipulateurs ?
Oui, absolument. Pour moi ce sont presque les pièces blanches et noires du même puzzle. Plus on est intelligent, plus on est manipulable. Je vais terminer par une petite phrase qui circule sur Facebook et que j'aime bien : « Le savant a lu plus de 10'000 ouvrages et il doute toujours, l'intégriste n'en a lu qu'un, mais il est persuadé de détenir la vérité ».

site

haut de page

 Isabelle-FilliozatEntretien avec Isabelle Filliozat, 11 octobre 2014
Propos recueillis par Catia D'Amore


Invitée exceptionnelle du 15e Salon du mieux-vivre de Fribourg, Isabelle Filliozat est l'auteur d'une quinzaine de livres dont les best-sellers « L'intelligence du cœur », « Au cœur des émotions de l'enfant » et « J'ai tout essayé ». Psychothérapeute, elle a beaucoup écrit et accompagné les familles dans leur parentalité. Comment rester l'adulte sans une excessive réactivité émotionnelle ? Comment savoir accueillir et accompagner les émotions des tout-petits ?


• Parentalité, samedi 8 novembre à 20h15 salle 4A
• Psychonutrition, dimanche 9 novembre à 13h00 salle 4A


Quelles sont les situations que les parents vous exposent le plus fréquemment lors des consultations?
Les parents se demandent comment gérer les moments de frustration qui déclenchent des crises de rage. Ils sont souvent surpris et ne savent pas vraiment comment accompagner leurs tout-petits. Et, de plus en plus, les parents sont démunis devant les peurs et les craintes, ainsi que la détresse de leurs enfants qui subissent du harcèlement à l'école.


Dans le livre « J'ai tout essayé », vous expliquez qu'une hypoglycémie chez l'enfant peut totalement changer notre rapport avec lui. C'est une information innovante.
Oui, c'est tout à fait nouveau, extrêmement récent. Nous avions toutes sortes de croyances sur ce qu'était le cerveau. Grosso modo, le cerveau d'un petit bébé était considéré comme un cerveau d'adulte en miniature et il était admis qu'il grossissait en même temps que le développement de l'enfant, mais que, dans le fond, il ne se remaniait pas. Les scientifiques, aujourd'hui, travaillent beaucoup sur le cerveau entérique, c'est-à-dire nos intestins. Ils étudient l'impact de la nutrition sur notre comportement. Ces découvertes tout à fait stupéfiantes sont pour beaucoup de personnes trop surprenantes pour être acceptées tout de suite. En même temps, elles rejoignent les constatations des parents, notamment avec le sucre. Quelques minutes seulement après une ingestion de sucre, l'enfant est très nerveux et tendu et il a besoin de pouvoir dépenser cette énergie.
Nous sommes faits pour avoir une glycémie stable. Si l'enfant mange des céréales le matin, puis une barre chocolatée à la récréation, il y aura une alternance d'hyperglycémie et d'hypoglycémie dans son organisme. Un tel phénomène n'est pas du tout adéquat pour une activité mentale. C'est en effet extrêmement difficile pour un enfant de se concentrer quand il a trop ou pas assez de sucre dans le sang.
Aujourd'hui, dans la tête des gens, c'est malheureusement bien souvent « la faute des parents ». Nous avons cru un moment que les crises de l'enfant étaient liées au fait que les parents ne s'occupaient pas bien des enfants, que l'éducation avait changé et que l'on serait aujourd'hui bien plus laxiste que dans le passé. En réalité, c'est bien autre chose.


J'ai lu un autre passage tout à fait étonnant dans votre livre, dans lequel vous expliquez pourquoi les petits de moins de 18 mois touchent un objet que l'on venait justement de leur interdire de toucher.
Souvent, les parents me disent : je viens de dire à mon enfant de ne pas faire ceci ou cela, et il le fait, avec un grand sourire en prime. Ce sourire m'interpelait, parce qu'un enfant aussi jeune ne peut pas narguer ses parents. Il a beaucoup trop besoin d'eux pour les blesser. A cet âge, les enfants sont dans une intention forcément positive. Je me suis mise à chercher le pourquoi de ce comportement et j'ai été frappée par deux choses. La première, si vous dites à un enfant, mais c'est valable pour l'adulte aussi : « ne pense pas à un zèbre », immédiatement, il se représente l'image d'un zèbre. Quand on dit : « ne touche pas à ce placard », c'est pareil. Il entend « touche, placard ». Il ne peut pas intégrer le « ne pas ». L'enfant n'a pas encore la capacité mentale de gérer la gestion de l'image et de la négation. Il est encore sensori-moteur, c'est-à-dire qu'il a encore besoin de son corps et de ses sens pour comprendre et que c'est comme ça qu'il apprend. Donc, l'enfant entend bien qu'il y a quelque chose autour de « touche » et de « placard ». Il veut comprendre et il veut faire bien, c'est pourquoi il regarde maman avec le sourire et il touche le placard. Il demande confirmation que c'est bien ça dont il s'agit et qu'il ne doit pas toucher.
Mes enfants sont grands à présent, mais tous les parents qui ont entendu cette idée-là et qui l'ont mise à l'épreuve, l'ont trouvée spectaculaire. En confirmant à l'enfant par un : « oui, ma petite chérie, c'est exactement cela que je t'ai demandé de faire, et maintenant le placard reste fermé », l'enfant comprend, il est content et le parent aussi.


Est-ce que d'autres facteurs environnementaux et socio-culturels ont bouleversé ce lien parent – enfant ?
Oui, beaucoup de facteurs ont changé. Notre alimentation, pour commencer, a changé énormément. La nourriture industrielle est souvent très inflammatoire pour l'organisme et même pour le cerveau. Nous mangeons trop peu de graisses. Il y a eu toute une période où l'on nous disait : « attention, il ne faut pas manger de graisses pour ne pas grossir ». On s'est trompé, à présent tout le monde le sait. Les politiciens de tous les pays du monde cherchent à infléchir leur ancienne politique, mais les campagnes de publicité, elles, ne s'arrêtent pas. Nous savons aujourd'hui que c'est le sucre qui pose des problèmes et non pas la graisse. Le fait de consommer moins de graisse rend plus difficile la fabrication de la gaine de myéline dans le cerveau. Les polluants qui se trouvent dans notre alimentation sont également un facteur aggravant.
Il y a aussi le phénomène des écrans. C'est vrai qu'ils ont changé notre vie en positif. Ils nous ont apporté beaucoup de possibilités de communication. Ils nous permettent de nous informer très rapidement. C'est une évolution fabuleuse. Néanmoins, cette avancée technologique a des inconvénients. Beaucoup d'enfants de moins 3 ans ont accès à la télévision, aux jeux sur tablette ou aux smartphones. Ce n'est pas du tout approprié pour un cerveau d'enfant. Le tout-petit ne perçoit pas les informations sur un écran de la même manière qu'en trois dimensions. Il n'apprend rien de cette façon, et cela a été démontré par de nombreuses études. Par contre, pour un adolescent qui doit apprendre l'anglais, c'est tout à fait adapté.
Notre époque entretient aussi un certain culte de la personnalité qui pousse les individus à vouloir absolument garder et continuer leurs vies comme avant alors qu'ils viennent d'avoir un enfant. Aujourd'hui, dans les maternités, on voit des mamans qui sont étonnées de devoir se lever la nuit pour s'occuper de leur enfant...on entend des phrases comme : « Comment ça, il ne dort pas la nuit ? », « ça a besoin de téter si souvent ! », « ça a besoin de tellement d'attention », etc. C'est très nouveau. Avant, tout le monde savait que, quand on avait un enfant, la vie changeait. A leur grande surprise, les gens qui accompagnent les premiers jours d'un bébé trouvent maintenant beaucoup de mamans et de papas qui sont démunis et seuls, même si, heureusement, les papas s'en occupent davantage et s'impliquent de plus en plus. Cela reste difficile, parce qu'on n'a pas les codes, on n'a pas les clés, et, en plus, on veut faire différemment de nos parents.
Nous sommes tellement surchargés de stimuli et sous stress en permanence, que l'on galope ici ou là. Cela nous détache, nous éloigne de ce moment où nous allons créer de l'intimité avec notre enfant.
En même temps que tout cela, il existe une nouvelle génération de parents qui sont demandeurs, très attentifs et dans un maternage proximal. Ils sont désireux de faire différemment de ce qu'ils ont vécu et désireux d'être attentifs aux besoins de leurs enfants.


La deuxième conférence traitera de la psychonutrition. Dans cette première partie de l'entretien, nous sentons bien l'importance de la nutrition sur notre santé psychique. Dans votre livre « Bien dans sa cuisine ; quand la préparation d'un repas devient une aventure intérieure », vous ne traitez pas que de l'alimentation, mais également de tout ce qui se joue dans une cuisine.
J
'ai profité de ce livre pour aborder différents domaines. D'une part, je voulais aider les parents, et bien sûr tout un chacun, à trouver de l'espace pour méditer. Avant d'être moi-même une mère, je méditais jusqu'à deux heures par jour. Évidemment, avec des bébés ce n'était plus possible. Je me suis adaptée à la nouvelle situation, et j'ai commencé à faire de la méditation pleine conscience dans ma cuisine. De toute façon, il faut bien la faire, la cuisine, et donc, autant en faire un moment de méditation. Dans ce livre, j'ai partagé ces outils, mes petites stratégies de méditation.
L'autre objectif était de permettre à chacun de se sentir créateur. La joie vient de la capacité de créer. Souvent, je rencontrais des gens qui me disaient ne pas connaître la cuisine, ne pas aimer faire à manger. D'autres personnes étaient vraiment dans l'application pour suivre une recette à la lettre. De mon côté, je prenais tellement de plaisir à créer. La créativité est quelque chose d'extrêmement important et j'ai eu envie de nourrir cela. À la base, le livre était destiné aux recettes de soufflés, uniquement. L'idée était d'indiquer les recettes de base et ensuite donner la permission de laisser la place à sa propre créativité. Par la suite, mon éditeur a trouvé cela très intéressant et m'a proposé d'élargir l'éventail des recettes.
Ma spécialité depuis toujours, ce sont les émotions. Il y a donc un chapitre intitulé « comment gérer nos émotions dans la cuisine ». Vous y trouvez par exemple comment profiter de la préparation d'une pâte à pizza pour libérer sa colère. Il y aussi un beau passage sur la nutrition. La psychonutrition a véritablement un impact sur notre psychisme, c'est quelque chose de spectaculaire et de tellement passionnant, même si cela nous impressionne, parce qu'on se sent un peu démuni quelquefois. Il y a tellement de polluants dans notre environnement, ce n'est pas facile de se protéger de tout cela. En reprenant le contrôle de notre alimentation, on peut retrouver le contact avec soi-même. C'est soulageant pour beaucoup de gens de réaliser que leurs dépressions, leurs problèmes psychiques, ne sont pas uniquement psychologiques, mais également physiologiques. Nous ne sommes pas seulement « psy », nous avons aussi un corps, nous sommes « psychosomatiques ».

site

haut de page

Shop: CD Conférences

Newsletter