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CD Concert-mieux-vivre-2013

 

Chers internautes, bienvenue dans la rubrique « entretiens » de ce 14e Salon du mieux-vivre de Fribourg ! J'ai le plaisir de vous accompagner pour cette nouvelle édition. Vous découvrirez de façon plus intimiste les conférenciers qui seront présent du 8 au 10 novembre 2013 à Forum-Fribourg. Belle lecture ! Catia D'Amore

Choisissez l'interview:
 

Marguerite Layèlê ; Dominique Rankin ; Caroline Messinger; Catherine Balance; Philippe HurniStéphane Allix


Marguerite-Laleye-Salon-mieux-vivre

Marguerite Lalèyê est peintre, chanteuse, danseuse, auteur et thérapeute. En avril 2008, elle ouvre l'espace Oshoun à Fribourg. Un endroit serein, emprunt de magie, où les différents univers qu'elle côtoie sont réunis. Marguerite Lalèyê sera à Fribourg pour nous présenter son travail de peintures intuitives et colorées, ainsi qu'un concert méditatif et thérapeutique.


• 8 novembre 2013, 18h15 : « Se déployer », concert méditatif et thérapeutique.


Bonjour Marguerite, merci de me recevoir à l'espace Oshoun. Vous êtes née en République Démocratique du Congo en 1973. Suissesse d'origine béninoise, dans la première partie de votre vie vous avez séjourné dans de nombreux pays, notamment la Mauritanie, le Sénégal, le Cap Vert et le Mali. Que vous reste-t-il aujourd'hui de cette période ?

Il me reste surtout des odeurs, des couleurs, des mouvements, des énergies. Je crois que c'est une mémoire plus physique et instinctive que mentale. Je n'ai pas de souvenir d'un endroit en particulier. Nous avons tellement bougé d'un lieu à l'autre, avec ma famille, que je n'ai fait que de m'adapter sans cesse. Lorsque je retourne voir mes parents au Sénégal, dans ma terre d'Afrique, c'est à chaque fois une expérience très sensitive. J'ai une façon toute particulière de regarder l'Afrique, puisque je vis en Suisse depuis 16 ans. Quand je suis là-bas, mon regard d'aujourd'hui, empreint de toutes mes expériences accumulées, fait que je perçois de manière symbolique un lien évident entre l'Afrique et l'Europe. C'est comme si la partie de l'Afrique qui montre une profonde misère était le miroir d'une fragilité intérieure de l'être qui se trouve également en Europe. Ce qui montre bien que les couleurs de la vie sont partout pareilles et que ce sont ses formes d'expression qui divergent.


Qui sont vos parents ?

Mes parents sont tous les deux d'origine béninoise et vivent actuellement au Sénégal. MonMarguerite-Laleye-Salon-mieux-vivre père est professeur en philosophie, sociologie et anthropologie. Ma mère a fait le choix de rester à la maison pour s'occuper de nous lorsque nous étions enfants, et seconder mon père dans son travail. Très rapidement, ils ont quitté le Bénin et leurs familles respectives afin de se sentir plus libres. Nous sommes 6 frères et sœurs. L'un de mes frères est né en Suisse, en 1968, à l'époque où mon père est venu faire sa thèse ici même, à l'Université de Fribourg.


Ces prochaines semaines, vous allez sortir un livre à compte d'auteur, intitulé « Sur le chemin du retour, les blessures de l'avortement ». L'histoire se déroule au Sénégal, juste avant votre venue en Suisse. Pouvez-vous nous en parler ?

Je suis arrivée en Suisse à l'âge de 25 ans. Je venais de terminer mon baccalauréat au Sénégal. J'avais travaillé une année dans un jardin d'enfant. Mes parents avaient tissé des liens avec des amis suisses, à Yverdon. Mon souhait était de venir en Europe, suivre une formation d'un certain niveau pour qu'à mon retour au Sénégal, je puisse trouver un travail avec de meilleures conditions. Ce moment a coïncidé avec une période de ma vie où je venais de vivre une série d'avortements dans des situations particulières. Le livre raconte une de ces interventions. L'histoire débute au lendemain de mon cinquième avortement. Je me trouve dans un taxi qui me ramène auprès de mes parents, à Saint-Louis. Au cours de ce voyage, les paysages défilent et moi, je me souviens. En même temps, je vis des douleurs, des questionnements, de la culpabilité. La peur de mourir est très présente, l'impression de ne pas avoir le choix, de choisir entre la mort et la mort. Tout s'est passé de façon secrète, mes parents n'étaient au courant de rien.


C'est toute cette expérience, englobant diverses émotions, sensations, questionnements, que je traduis de façon romancée dans le récit, entrecoupé de poésie et de quelques illustrations. C'est avant tout pour moi un témoignage. Par ce vécu, je me suis retrouvée écartelée, suspendue entre deux...Après ça, toute ma vie a été bousculée. Ces souffrances autour d'un avortement, en se reproduisant 5 fois dans ma vie, avaient profondément laissé leurs empreintes en moi. A tel point qu'une partie de mon être s'était complètement anesthésiée. En arrivant en Suisse, la distance m'a permis de prendre du recul. J'ai peu à peu réalisé combien j'étais morcelée, à fleur de peau. Et en même temps, j'avais de la peine à ressentir mes émotions, je ne savais plus où j'en étais. J'évoluais dans une grande confusion.


Et concernant vos racines africaines, qu'en était-il ?

Arrivée en Suisse en 1997, j'avais le sentiment d'être coupée de mes racines, de ne pas pouvoir vraiment les palper. Mais quelles racines, puisque, suivant nos parents, nous étions régulièrement en déplacement d'un pays à l'autre, d'une région à l'autre ? Ces bouleversements, ces questionnements de qui je suis et d'ou je viens vraiment, m'ont poussée à faire un retour en arrière, à m'informer. Je suis retournée dans mon pays d'origine, le Bénin. Et chaque fois que l'occasion m'était donnée, j'interrogeais mes parents sur notre famille et l'histoire de ses origines.


Comment avez-vous retourné la situation ?

Vivre cette expérience de ne pas arriver à saisir mes racines à mon arrivée en Suisse, c'est comme si cela ne me laissait plus d'option. L'adaptation ne suffisait plus. Je devais trouver d'autres racines, plus profondes. De fil en aiguille, j'ai commencé à prendre conscience, à sentir la vie plus intensément, et à observer ce que j'avais vécu. En apprenant à me focaliser sur ce qui était en moi tel qu'il était. A l'être humain que je suis avant tout, avant d'être du nord ou du sud, blanche ou noire.

 

Quel est le trait d'union entre tous vos modes d'expression ?

Mon vécu m'a amenée à ne pas voir les frontières. Tout ce qui s'exprime est une manière de laisser s'éveiller en moi ce qui doit l'être. Par exemple, cela fait une dizaine d'années que je peins. La peinture m'a accompagnée dans un premier temps. Au début, je travaillais à l'encre de chine, en faisant de tous petits motifs. Ensuite, peu à peu, j'ai commencé à introduire les couleurs, à les apprivoiser l'une après l'autre. J'avais beaucoup de peine à accepter la couleur dans ma vie. Rires.

 

Ce livre est une étape très significative dans ma vie. J'ai commencé à travailler sur les textes il y a 3 ans, et sur les blessures en lien avec ces interruptions de grossesse répétées, depuis une dizaine d'années. En écrivant, il y a d'autres couches qui ont émergé, me permettant d'approfondir mon processus de guérison. Rires. Lorsque je suis arrivée vers la fin de la rédaction de l'essentiel de mon récit, j'ai fait un rêve très particulier, où j'ai vu les âmes de ces enfants qui montaient au ciel. Ils m'ont accompagnée dans la guérison, ils sont présents dans mes créations, par leurs vibrations.


MargueriteII-Laleye-Salon-mieux-vivreL'idée, à travers ce livre, est de témoigner en tant que thérapeute et artiste. Souvent, les gens me disent : « Wouaw, tu arrives à faire tout ça ! ». Mais quand j'accompagne les gens et que je leur propose des pistes, c'est important de montrer que j'ai moi aussi les mains dans la pâte et que c'est possible de transformer sa vie. Rires. Cela m'a amenée sur un cheminement de réappropriation de mon corps et de ma féminité. Et c'est ce qui me permet aujourd'hui de travailler avec des femmes qui ont vécu des blessures de tout ordre, qui portent atteinte à la féminité ou à la sexualité. Cet accompagnement les aide à se réapproprier leur lumière, leur beauté, leur puissance.


Quelle sera la teneur du concert méditatif et thérapeutique que vous allez présenter ?

Le fil rouge de ce concert se déroulera autour de ma passion sur le pouvoir de retrouver sa liberté d'expression. Le concert s'inspire également du CD « Se déployer », de musiques et chants intuitifs, qui sort mi-septembre. Je prendrai avec moi quelques instruments de musique et je laisserai faire...ce sera un mélange de poésie et de chants intuitifs. Concernant le chant intuitif et mes racines, il faut dire que mes parents ont choisi de nous apprendre le français, pour que nous soyons plus à l'aise et que ce soit plus simple pour nous. Je n'ai donc pas appris la langue de mes origines...Le chant intuitif est pour moi un peu comme une revanche, parce que je regrette beaucoup de ne pas pouvoir parler ma langue. Et en même temps un merveilleux cadeau qui me permet d'explorer une expression vocale sans frontières. Rires.

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Lausanne, le 31 août 2013
Catia D'Amore

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Dominique-Rankin-Salon-du-Mieux-vivreDominique Rankin, T8aminik, est un chef héréditaire algonquin. 49e homme-médecine du Canada, il est, depuis le décès de William Commanda, le nouveau guide spirituel, « Chomis », dans la tradition Anicinape. En 2011, avec Marie-Josée Tardif, il écrit « On nous appelait les Sauvages », un récit autobiographique. Son histoire, intimement liée à celle des peuples autochtones, il nous la raconte et la partage non sans humour, de pays en pays, au travers de ses nombreuses conférences.

·  Dominique Rankin, « On nous appelait les Sauvages », vendredi 8 novembre à 18h15.

· Dominique Rankin et Marie-Josée Tardif, « Mashkiki : Médecine et guérison, selon les Algonquins, samedi 9 novembre à 12h00.

Cher T8aminik, je suis heureuse de vous entendre. Cette année vous allez venir au Salon du mieux-vivre de Fribourg pour 2 conférences.

Premièrement, je suis très honoré de l’invitation que j’ai reçue par chez vous. Aujourd’hui, depuis le décès de mon guide spirituel, Monsieur William Commanda, je porte le titre de Chomis, ce qui veut dire grand-père et/ou guide spirituel. Depuis, je continue à diffuser sa vision. Je siège actuellement au cercle de la paix de Montréal en tant que conseiller. Au niveau international, je suis en communication avec d’autres guides spirituels, notamment le Dalaï Lama ou Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies. Ces différentes fonctions me permettent de faire connaître les peuples autochtones canadiens et leurs histoires à travers le monde.

L’autre rôle important pour moi, est de me rapprocher de mes semblables, les communautés des réserves, pour les aider à retrouver leur fierté. De 1955 à 1975, ce fut une période extrêmement dure pour tous les autochtones du Canada. Il nous était interdit de pratiquer nos rites, nos coutumes. Les enfants, dont je faisais partie, étaient séparés de leurs familles et placés dans des pensionnats. A la violence du déracinement se sont ajoutées la violence physique, la violence mentale et l’humiliation.

Alors, aujourd’hui, mon rôle est d’aller dans une direction de paix intérieure pour chacun de nous, de travailler avec la médecine traditionnelle « Mashkiki » sur le plan physique et mental, et d’enseigner aux futurs hommes-médecine et femmes-médecine.

Pouvez-vous nous parler un peu de votre histoire ?

Avant d’écrire, j’étais un homme très malheureux. J’avais peur des gens, de leur jugement, j’avais peur de perdre mes amis. Tout ceci était en lien avec ce qui s’était passé dans ma vie. Puis, un jour, William, le grand-père Chomis qui était mon guide, m’a dit : ce que tu as vécu, ces 6 années au pensionnat, ce sont des enseignements, tu ne dois pas garder toutes ces blessures en toi, tu dois écrire un livre. Mais ce livre, tu dois l’écrire comme un guide et non pas comme une victime.

J’ai eu la chance d’être accompagné par une personne extraordinaire, Marie-Josée Tardif, qui a dirigé la rédaction du livre. Parce que nous, les autochtones, on écrit pas. Si c’était moi qui l’avais écrit, à ma façon, on aurait rien compris. Rires. Grâce à la communication entre nous, Marie-Josée a pris le temps de me connaître. Dans ce récit, j’ai ouvert mon cœur, mais j’ai eu de la misère aussi.

J’y ai parlé de ma vie heureuse d’enfant de la forêt, proche des animaux, proche des plantes. Les animaux sauvages me connaissent, aujourd’hui encore, et lorsque je les approche, ils ne me font aucun mal.

Mais j’y raconte aussi notre souffrance, comment on nous a arrachés à nos parents pour nous placer dans des pensionnats où nous allions tous être maltraités. Il y a eu plus de 90’000 enfants ainsi « kidnappés » au Canada.

Votre nom de naissance est Kapiteotak, qu’est-ce que cela signifie ?

Cela veut dire « un enfant que l’on entend pleurer de loin », ou aussi, « un enfant que l’on entend chanter de loin ». Aujourd’hui, c’est un nom qui me va bien, puisque je suis appelé par de nombreuses communautés, afin de m’exprimer et d’être entendu.

Pourtant, lors de ma naissance, tous les hommes et femmes-médecine avaient dit de moi que je serais un enfant protégé et que je vivrais toute ma vie dans la forêt avec les animaux. Mais ça ne s’est pas passé comme ça.

Mon cheminement pour devenir qui je suis aujourd’hui m’a demandé beaucoup de sacrifices, notamment avec ma famille, que je ne voyais pas beaucoup. Au début, je n’aimais pas du tout ça, j’avais juste envie de jouer avec les autres garçons. Aujourd’hui je comprends quel beau cadeau m’ont fait les anciens.

A l’âge de 12 ans, vous partez dans la forêt pour aller chercher l’esprit de l’animal. Comment cela s’est passé ?

Oui, cela fait partie du cheminement d’un jeune homme choisi pour devenir un homme-médecine. Il doit aller chercher l’esprit de l’animal qui l’accompagnera toute sa vie. Dans notre culture, notre spiritualité, on m’a appris à ne pas tuer les animaux. Une fois dans la forêt, j’y suis resté 8 jours et j’y ai rencontré l’ours. On ne s’est pas fait de mal, on s’est tout simplement amusés, j’étais en communication avec lui. A l’époque, cela faisait déjà 4 ans que j’étais dans la souffrance du pensionnat. L’ours m’a aidé, il m’a donné la lumière, il m’a montré comment être un guerrier. Je lui ai demandé s’il voulait me donner sa vie, il a accepté. Cela s’est passé lorsque j’avais 12 ans, aujourd’hui j’en ai 66…et j’ai toujours la peau et le crâne de l’ours chez moi.

Dominique-Rankin-Marie-Josee-Salon-du-mieux-vivreA l’adolescence, les mauvais traitements que vous avez subis durant 6 ans vous poussent à commettre un acte de violence contre un prêtre. Paradoxalement, ce geste met un terme à votre souffrance. Le juge devant lequel vous êtes présenté fait la lumière sur les maltraitances systématiques infligées aux pensionnaires et pousse votre père, T8amy, à porter plainte. Peu de temps après ces événements, votre papa organise une excursion pour vous emmener à un Matato, une hutte de sudation. Pouvez-vous nous en parler ?

Papa souffrait de la façon dont je me comportais. Je restais violent, agressif, c’est la peur qui me tenait, la peur des missionnaires, la peur des blancs, j‘avais peur de tout le monde. Un jour, papa a dit : on va aller se promener. Il ne m’a pas dit où, il a juste dit : on va s’évader, on va faire un voyage, juste nous deux. Il s’était acheté un véhicule qui avait de la misère à avancer. Rires.

Puis, on a roulé, roulé, roulé. A l’heure du déjeuner, nous nous sommes arrêtés dans un restaurant, papa a commandé la nourriture et surtout, il me parlait en indien. Au pensionnat, dès notre arrivée, il nous était interdit de parler indien, au risque d’y laisser la langue ou de manger du savon. Alors, j’ai dit à papa: Arrête de parler ta langue sale ! Il y a plein de blancs ici ! Mon père est resté un moment en silence, puis il a pris une voix dure et m’a dit en indien : Lève toi ! Regarde tous les gens qui sont assis là, ce ne sont pas des blancs, ce sont tes frères et tes sœurs. Sois fier de qui tu es ! Le reste du voyage s’est passé dans le silence.

Nous-nous arrêtons au bord d’un large cours d’eau où quelqu’un nous attend avec un bateau. Nous embarquons et naviguons à nouveau sur une longue distance. Lorsque, enfin, un ponton apparaît, il y a beaucoup de monde qui nous attend. Parmi les gens présents, un grand-père me tend la main pour m’aider à débarquer. Nous continuons à pied, pour nous enfoncer encore d’avantage dans la forêt. Le grand-père avance avec nous. Une fois passé un dernier campement de tipis, je vois le feu, un gros feu sacré, à côté duquel il y a le Matato et de nombreux hommes-médecine.

Le grand-père me dit : c’est pour toi. C’est lui qui entre en premier dans la hutte. Il m’invite à le suivre, car papa ne peut pas venir. Il me place à l’intérieur, dans l’ouest. La porte est refermée derrière nous, l’obscurité et la chaleur qui augmente rapidement ne me rassurent pas. Chacun des hommes-médecine se présente sur un fond de chant extraordinaire. Les enseignements commencent – dans le Matato, il y a 4 portes d’enseignements, une par point cardinal – la première porte était très douce, la 2e porte était composée de chants et de paroles. A la 3e porte, les enseignements se sont fait plus directs, droit au cœur : Kapiteotak, qui t’a violé ?!? Il m’a fallu beaucoup de temps pour répondre, j’ai fini par dire : c’est les missionnaires. Dans un silence total, j’entends: Tu mens ! Dis la vérité et tu pourras t’en sortir. Les questions fusaient, j’ai passé en revue tous ceux qui m’avaient fait du mal, mais toujours j’entendais la même réponse : non. Acculé, la peur et la colère au ventre, mon agressivité finit par se montrer, je voulais sortir de la hutte. Les chants et les tambours se sont fait intenses, le calme est revenu progressivement en moi. C’est comme si j’étais seul dans l’obscurité, je n’entendais plus rien, seule la voie du grand-père arrivait jusqu’à moi : ça va, Kapiteotak ? Je veux sortir. Non. C’est ici que tu dois tout laisser. Donne tes souffrances aux grands-pères et aux grands-mères – noms donnés aux pierres qui sont placées dans le foyer au centre de la hutte -. Puis, il m’a longuement enseigné. Il m’a appris que j’avais été maltraité par des gens malades, il m’a appris à ne jamais juger.

Papa m’a ramené à la maison. Sa sagesse le tenait éloigné de ma souffrance, jamais il n’y entrait. Il me disait simplement : pleure, pleure tant que tu veux. C’est entouré de ma famille, dans mon environnement, que j’ai recommencé à côtoyer les animaux, que j’ai retrouvé mon esprit.

Plus jamais, après ça, je n’ai jugé les gens. Aujourd’hui encore, c’est comme ça, j’ai appris à m’aimer et à aimer les autres, j’ai appris à dire je t’aime. Vous, par exemple, je ne vous connais pas encore, mais je peux vous dire : je t’aime, ma petite sœur.

Quel message transmettez-vous aux populations autochtones et aux peuples des autres pays que vous visitez ?

La force des enseignements que je transmets me vient des sept feux sacrés.

Le premier feu, la renaissance

Le deuxième feu, la vérité

Le troisième feu, le respect

Le quatrième feu, l’acceptation, le pardon

Le cinquième feu, la guérison

Le sixième feu, la fierté

Le septième feu, le courage

Quel que soit la croyance, chez nous on l’appelle Mashkiki, l’esprit de guérison, avancer avec simplicité en tant qu’Anicinape, être humain.

Cher Kapiteotak, je vous remercie chaleureusement pour ce partage.

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Lausanne, le 1 octobre 2013

Catia D’Amore

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Caroline-Messinger-Salon-du-mieux-vivre

Caroline Messinger est coauteur d'une dizaine d'ouvrages avec Joseph Messinger - son mari, disparu l'an dernier - traitant de la recherche et de l'observation des gestes, qui occupent une grande place dans le langage non verbal. Lors de leur rencontre, il y a 20 ans, elle s'est rapidement associée à son travail, puis à l'écriture. En avril 2013, la sortie de la 6e édition de « Ces gestes qui vous trahissent », aux éditions First, revisite plus de 20 ans d'expérience. Caroline Messinger nous fait le plaisir de choisir les Salons du mieux-vivre pour sa première venue en Suisse. Elle nous présentera deux conférences.


• «Programmation Neuro-Gestuelle : Vos gestes ont la parole », samedi 9 novembre 2013, à 17h00.
• « Programmation Neuro-Gestuelle : Ces gestes qui vous changeront la vie », dimanche 10 novembre 2013 à 13h00.


Chère Madame Messinger, je vous remercie de m'accueillir ce soir par téléphone pour les Salons du mieux-vivre. Pouvez-vous nous expliquer ce qu'est la programmation neuro-gestuelle ?
La programmation neuro-gestuelle, c'est d'abord une discipline initiée par Joseph Messinger, spécialiste du langage non verbal et de la gestuelle. La programmation neuro-gestuelle telle qu'il l'a développée, est une discipline qui allie la symbolique du langage gestuel et l'intelligence émotionnelle. C'est une manière pragmatique et efficace de communiquer avec l'autre et de mieux se comprendre soi-même en termes de communication non verbale. Souvent, les gens viennent vers moi avec l'objectif de comprendre ou deviner ce qui se passe chez leurs interlocuteurs. Mais on ne comprend jamais aussi bien la gestuelle et son décryptage qu'en partant de sa propre expérience et de son propre ressenti.


Comment se fait-il qu'il y ait autant de dissonance entre ce qu'exprime notre bouche d'un côté, et nos gestes de l'autre ?
Pour une raison assez simple. De façon très générale, c'est quelque chose qui prend sa source au niveau de l'éducation. Nous privilégions avant tout la réflexion, nous sommes tous très investis dans l'intellect, dans le raisonnement, au détriment de ce que peuvent exprimer le corps et les gestes. Or, le corps a sa propre intelligence. Quand j'évoque l'éducation, je dirais même que cela remonte plus loin...de façon un peu humoristique, je vais citer une phrase que vous connaissez sans doute : « Je pense donc je suis ». Rires. L'existence de l'être humain passe par son intelligence, point.


Cela veut-il dire que nous oublions notre corps ?
Complètement. Le corps, on le remarque quand il est beau, quand il séduit. Ou alors, on se souvient qu'il existe à partir du moment où il devient un objet de préoccupation, de souffrance. Mais entre les deux, on oublie complètement que le corps peut être un allié fondamental, et que se priver de la compréhension du corps, c'est se priver d'un potentiel énergétique considérable.


De quelle façon la PNG peut-elle être un outil de développement personnel ?
Qu'est-ce que représente le langage des gestes ? Eh bien, c'est tout simplement le langage de nos émotions. Apprendre à écouter son corps, prendre conscience de ses gestes, c'est déjà faire un premier pas vers la compréhension de ses émotions. Ces gestes ne font que traduire ce qui se passe au niveau de notre climat mental, c'est l'expression, en temps réel, de ce que l'on vit en termes d'émotions. Imaginons un instant que nous puissions faire le chemin inverse, que nous puissions partir de la compréhension du geste pour remonter à l'émotion. Et, ainsi, en transformant ou en se réappropriant les gestes, pouvoir influencer sur son climat mental ou sur ses émotions. C'est un outil qui sert à se revaloriser sur le plan comportemental, à travailler sur la confiance en soi, et donc, à développer une meilleur image de soi. Quand le corps bouge, l'esprit bouge.


Est-il donc possible d'influencer nos pensées et nos émotions en éduquant notre corps ?
En partant du fait que les gestes sont effectivement l'expression inconsciente de nos émotions, le corps, instinctivement, va adopter des attitudes, des postures, qui sont destinées à soulager ou à évacuer une émotion négative. Sur la quantité de gestes que nous reproduisons, les statistiques qu'avait établies Joseph Messinger sur plusieurs décennies d'observations, montrent qu'environ 20% des gestes sont signifiants et 80% sont destinés simplement à évacuer les pensées négatives ou polluantes. Ce dont il faut prendre conscience, c'est qu'un geste qui, à la base, est censé évacuer une pensée parasite, ou l'émotion générée par cette pensée, s'il est reproduit de façon systématique, devient lui même polluant. Voici un exemple : Il y a des gestes qui sont très caractéristiques du stress. Lorsque vous croisez vos doigts comme un geste de prière. Il s'agit d'un geste à la base sécurisant, qui sert à rééquilibrer l'émotionnel et le rationnel, l'hémisphère gauche et l'hémisphère droit du cerveau. S'il est reproduit de façon systématique, il devient au contraire insécurisant.


Notre corps est souvent considéré comme étant séparé de nos pensées. Comment retourner à une écoute de ces gestes qui nous échappent ?
Pouvoir se réconcilier avec son corps et profiter de son potentiel, notamment énergétique, est l'objectif de la PNG. La manière à la fois la plus simple et la plus compliquée à mettre en place est ce que Joseph Messinger appelle l'autoscopie gestuelle. C'est développer la capacité de rester à l'écoute de son corps, d'analyser et de ressentir ses propres gestes en temps réel et de s'ancrer dans le présent pour investir tout son mental dans le corps.


A qui s'adresse la PNG ?
Il y a des personnes qui s'intéressent à la PNG pour des raisons professionnelles, d'autres personnelles. Mais tous sont sensibles à tout ce qui est de l'ordre de l'épanouissement, du bien être ou du développement personnel.


Pourriez-vous nous donner l'exemple d'un geste souvent reproduit ?
Le croisement des jambes est un geste tellement banal qu'on ne le voit même pas. Pourtant, tout le monde y passe, même en en ayant conscience. Rires. C'est une posture phare de la PNG. C'est un geste barométrique très intéressant. Dès que quelqu'un s'asseoit, en général, l'automatisme, c'est de croiser les jambes. Sur le plan énergétique, ce geste est considéré comme négatif. Beaucoup de paramètres entrent en ligne de compte pour le décryptage des jambes croisées. Pour commencer, si vous êtes un homme, ou une femme, si vous êtes gaucher ou droitier, et finalement, quelle jambe vous croisez. Prenons un femme droitière : elle croise sa jambe gauche sur la jambe droite. C'est un geste plutôt positif. Il exprime une certaine maîtrise de la situation, une certaine assurance, de la confiance en soi. Si nous prenons un homme droitier, son geste exprimera les mêmes informations pour autant qu'il croise la jambe droite sur la jambe gauche.

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Lausanne, le 7 octobre 2013
Catia D'Amore

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Catherine-Balance-Salon-du-mieux-vivreCatherine Balance est auteur-compositeur, journaliste, animatrice et réalisatrice à la radio. Elle s'intéresse aux thérapies alternatives, et s'est formée à la PNL, à l'hypnose ericksonienne et à la respiration consciente. Aujourd'hui thérapeute, elle reçoit en consultation individuelle et anime des ateliers d'épanouissement personnel. Catherine Balance est l'auteur de plusieurs livres, en particulier « Être intuitif » et « L'intuition mode d'emploi », dont « La voix de l'intuition », sorti en février 2013 aux éditions de l'Homme, est une version révisée et enrichie. Elle sera présente au Salon du mieux-vivre, pour deux conférences :


• « La voix de l'intuition », vendredi 8 novembre à 18h15.
• « Le rendez-vous intérieur », samedi 9 novembre à 12h00.


Elle animera également un atelier - Intuition et connaissance de soi : vers un quotidien apaisé – à Fribourg les 23 - 24 novembre 2013


Chère Madame Balance, merci de m'accueillir ce soir par téléphone pour les Salons du mieux-vivre. Qu'est-ce que pour vous l'intuition ?
C'est une manière d'aller chercher de l'information autrement qu'avec le cerveau gauche, autrement que par la logique ou le raisonnement. On peut ainsi aller à la rencontre d'informations dont on ne savait rien auparavant. C'est un phénomène que l'on observe très bien avec la télépathie. Lors des ateliers que je propose, je fais souvent travailler deux personnes ensemble. Elles ne se disent rien de leurs vies respectives et je leur demande de faire un exercice silencieux, où, à tour de rôle, elles imaginent qu'elles se connectent à l'autre par la pensée, puis elles écrivent ce qui vient. La plupart du temps, ce qu'elles écrivent correspond tout à fait à la situation ou à la question que se pose leur partenaire. L'intuition nous permet d'avoir un accès quasi infini au réseau d'informations.


Le cerveau droit serait donc le siège de l'intuition, l'endroit qui nous permet de nous connecter à quelque chose de plus grand que nous?

C'est ce que disent quelques uns des scientifiques qui se sont intéressés à nos hémisphères cérébraux, notamment parce que l'hémisphère droit du cerveau est le siège de l'image, du symbole, du dessin, et du ressenti, fonctions que l'on retrouve dans les manifestations de l'intuition. Le Prix Nobel Roger Sperry a, le premier différencié les spécificités de chaque hémisphère, Paul MacLean, neurobiologiste a, de son côté, inclus l'intuition au sein du cerveau droit et Ned Hermann a ensuite créé une grille des fonctionnalités de chaque hémisphère, dont l'intuition, sous la forme d'un quadrant représentant les cortical et limbique gauche et droit.


Est-il possible de développer l'intuition, de s'y entraîner ?

Oui. J'ai pu constater tout au long des années d'atelier sur l'intuition avec de nombreux stagiaires, que plus nous sollicitons l'intuition, plus il devient facile de l'écouter par la suite dans la vie de tous les jours. Les travaux actuels sur la plasticité du cerveau montrent que plus nous sollicitons une partie ou une fonction du cerveau, plus elle aura tendance à se développer. C'est la répétition, tel l'entraînement pour apprendre une nouvelle langue, par exemple, qui va créer une place plus importante dans l'hémisphère et permettre d'en apprendre encore d'avantage. A contrario, une fonction qui n'est pas ou peu utilisée, va perdre de son volume.


Comment différencier l'intuition de notre bavardage mental ?
C'est un travail d'observation. Cela ne se fait pas d'un claquement de doigt. Après un jour d'atelier, on va commencer à comprendre comment cela fonctionne. Le premier exercice que je recommande, c'est de tenir un carnet 3 semaines au moins, 3-4 mois pour les plus courageux, et d'y noter chaque information qui paraît être intuitive. Une information intuitive est généralement rapide, globale et neutre. S'il y a explication, justification ou détails, c'est une information qui découle du raisonnement. Lorsque nous sommes submergés par une émotion, il devient difficile de percevoir les messages de notre intuition. Il est préférable alors de laisser passer quelques heures ou quelques jours pour se retrouver dans un climat émotionnel favorable. Souvent, l'intuition est neutre, mais lorsque elle est associée à une émotion, cela devient plus compliqué. S'agit-il d'une émotion que nous connaissons déjà ? Si c'est le cas, il est fort probable que ce n'est pas une intuition. Par exemple : j'ai une amie québécoise qui avait toujours peur lorsqu'elle rentrait chez elle le soir, tard, à Paris, alors qu'au Québec, elle n'avait pas cette peur. Du fait que cette émotion était toujours présente, elle ne pouvait distinguer l'intuition de son émotion.
Il est intéressant de rester attentif à tout ce que vous notez dans le carnet, en particulier si des signes se manifestent dans les jours qui suivent, qui confirment ou contredisent votre intuition. Ensuite, il s'agit de choisir entre suivre ou pas cette intuition. Je vous donne un nouvel exemple : il y a quelques années, j'ai eu l'idée de placer un exercice pour les enfants dans le livre que j'étais en train d'écrire. Le lendemain, un ami m'appelle et me dit : j'ai écouté une super émission, hier ; elle devrait te plaire, Catherine, parce qu'elle traitait de la créativité. Il m'envoie le lien, et c'était une émission avec Susie Morgenstern qui fait des livres pour les enfants et qui leur permet de développer leur créativité. J'y ai trouvé un exercice intéressant, que j'ai finalement cité et adapté dans mon livre.


Comment se manifestent les intuitions ?
L'intuition est une expérience personnelle, intime, différente pour chacun. Pour certains, une bonne nouvelle intuitive va ouvrir au niveau du plexus une sensation de bien être, de joie, de chaleur. Cela peut être une légèreté, une couleur qui vient à l'esprit. Pour chacun d'entre nous, il y a une façon spécifique de commencer à discerner comment on perçoit l'information intuitive. En plus du journal où l'on note les intuitions, je propose de décrire comment cette information s'est présentée au niveau sensoriel, comment pourriez-vous décrire la façon dont elle s'est présentée à votre conscience ? A force d'observation, on va relever la façon dont elle se présente à nous.


Quel sera le sujet de la 2e conférence que vous nous présenterez le samedi 9 novembre, « Le rendez-vous intérieur » ?
Comment être heureux au quotidien, comment être mieux dans la vie, chaque jour...quels sont les outils que nous avons, les attitudes, les comportements, les façons d'être, qui vont faire qu'au réveil, le matin, nous sommes heureux d'attaquer la journée, contents de vivre, curieux de ce que l'existence va nous apporter de nouveau ? Comment trouver l'assurance d'une vie plus sereine, à travers une hygiène de vie que l'on peut appliquer à notre quotidien ? Cela peut commencer par une observation de soi. Quels sont les comportements dont j'aimerais me débarrasser, que je souhaite transformer ? Est-ce que j'ai toujours besoin d'être en colère ? Est-ce que le jugement m'est utile ? Comment est-ce que je peux m'ouvrir à la différence de l'autre ? Comment je peux changer mon regard sur moi, sur les autres, sur ce que je vis ? Comment je peux évoluer au travers de tout ce qui m'a permis de me défendre depuis que je suis petite ? La conférence va aborder tous ces sujets. Nous allons parler de la méditation, de la relaxation, et des effets bénéfiques d'une telle pratique sur notre métabolisme, de comment nous pouvons nous réjouir de tout ce que nous avons à vivre et, quoi qu'il arrive, être dans cet état de réjouissance.

 

Est-ce qu'il y a quelque chose que vous aimeriez partager avec nos lecteurs-internautes ?
Le fait de m'intéresser à l'intuition a complètement changé ma vie. Mon premier livre s'appelle « La pensée créatrice ». Il était vraiment basé sur le b a ba de tout ce qui touche à la Méthode Coué, aux affirmations, etc. Mais ce n'était pas vraiment mon livre. Il y a une partie personnelle dedans, mais surtout le travail fait avec un thérapeute qui m'avait initiée à penser différemment. De ce changement de pensée et de regard est né un premier livre sur l'intuition, qui était en fait une commande de mon éditeur de l'époque. Il m'avait demandé si je voulais écrire sur le sujet. Je trouvais que c'était une jolie idée, mais je n'avais pas de plan, et j'y suis allée à l'intuition, comme un chercheur. Je me suis demandée comment je pouvais discerner, découvrir des choses. Je me suis observée durant plusieurs semaines et j'ai commencé à écrire. L'intuition m'a permis de commencer à me poser des questions fondamentales sur moi, et de commencer à comprendre que je tenais un fil magnifique pour une transformation intérieure. Pour que ma vie soit meilleure et que le monde soit meilleur.


« Vas, vis, trouve le bonheur », c'est le thème de cette année. Quelle phrase vous vient pour une piste vers le bonheur?
Soyons le plus possible dans la curiosité et l'accueil de ce qui va arriver, plutôt que d'être dans l'attente de ce que nous voudrions qu'il arrive.

Site internet

Lausanne, le 21 octobre 2013
Catia D'Amore

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 Philippe-Hurni-Salon-du-mieux-vivrePhilippe Hurni, directeur de Foca-Lucia, sera présent au Salon du mieux-vivre de Fribourg avec un stand de minéraux (306). Vous trouverez aussi sur leur étal le livre « Natura », de Pierre Lassalle, ouvrage dont il s’est beaucoup inspiré pour vous proposer des ateliers en extérieur.

Aller à la rencontre de la Nature de manière vivante : atelier en extérieur d'environ 1h30. Le but est d'expérimenter une relation vivante avec la Nature et les êtres qui la constituent, derrière l'aspect physique-matériel. Par des exercices simples d'ancrage, décharge et recharge, il est possible de ressentir la sécurité et de se ressourcer en conscience au contact des êtres qui créent la Nature ! Puis, dans un état d'esprit de gratitude et de collaboration, de faire l’expérience d'un don à la Nature.

·    Atelier animé en alternance par Sophie Leyvraz, Philippe Hurni, Jacques Josserand et Stéphane Jeanmairet. Horaires : le samedi et le dimanche à 11h00 et les trois jours à 15h00.

Bonjour Philippe Hurni, pouvez-vous nous parler des ateliers que vous allez proposer aux visiteurs du Salon du mieux-vivre ?

Ce que nous avons envie de vous proposer durant ce Salon, c’est vraiment toute cette rencontre avec la nature, mais de manière vivante. Tout d’abord avec les minéraux. Observer que, quand on touche, quand on porte ou quand on joue avec une pierre, il y a quelque chose qui est au-delà du plan physique. Si on peut constater que ce minéral nous fait du bien, qu’il soulage un mal, nous aide à passer un cap ou à transformer un état d’âme, c’est le fait de l’être élémentaire qui se trouve derrière le plan physique. C’est lui qui a créé cette pierre. Ce que l’on perçoit alors, c’est sa trace, sa signature énergétique.

En partant de cela, et pour aller plus loin, l’idée sera justement de proposer aux personnes présentes d’aller vivre cela en nature. C’est-à-dire, de poser un nouveau regard sur la nature. Non plus un regard de manière souvent morte, où l’on voit la nature uniquement dans son aspect physique, dans ses formes, dans ses couleurs, qui sont d’ailleurs très belles, mais d’arriver à vraiment percevoir que, derrière ce plan physique, des êtres l’ont construite, l’habitent. Ces êtres, on peut les ressentir, on peut entrer en relation avec eux. Bien sûr, ils n’ont pas de corps physiques, mais on peut en percevoir l’essence, l’énergie, la joie.

Quels genres d’exercices allez-vous proposer ?

Nous allons proposer quelques exercices très concrets, d’ancrage, de décharge, de recharge, de don à la nature, pour vraiment expérimenter par soi-même que, derrière ce plan physique, il y a une réalité qui existe. C’est ça que nous avons envie de partager avec les gens qui seront présents.

Quel est votre premier souvenir de contact avec une pierre ?

C’était il y a déjà quelques années, quand j’ai décidé de collaborer avec une librairie de la région lausannoise. Comme toutes les librairies, elle avait de la difficulté à tourner. Rires. L’idée était de trouver un produit qui pourrait aider le commerce à tourner financièrement. Nous sommes donc aller acheter quelques minéraux. Puis, je me suis dis, bon, il va falloir les présenter, à présent, ces minéraux. J’ai donc lu un premier livre de lithothérapie, dont j’ai trouvé le contenu très intéressant. Enthousiasmé, j’en ai lu un deuxième, mais là, j’ai trouvé étrange parce que les deux ouvrages ne disaient pas la même chose, je n’arrivais pas à faire le lien. Alors, la plus grosse erreur ou plus grande idée, je ne sais pas, ça a été d’en lire un troisième. Rires. Je ne comprenais plus rien, j’ai donc posé les livres à leurs places. Je me suis alors souvenu d’exercices que j’avais faits quelques années auparavant de rencontre avec les êtres élémentaires de la nature. Par la méditation, j’ai cherché à entrer en relation avec le minéral, et là, c’est un monde qui s’est ouvert, parce que j’ai perçu le vivant. De cette façon, je trouvais l’essence de la pierre, et par déduction, un lien avec ce que j’avais lu précédemment.

Est-il nécessaire de se rendre dans des forêts légendaires comme celle de Brocéliande ou de la Sainte-Baume pour être en contact avec la nature ?

Les premières expériences que j’ai faites de rencontres avec les élémentaires, se sont faites dans la forêt de Brocéliande. C’est vrai que c’est un endroit qui est chargé de toute une mythologie, de tout un passé et probablement que c’est plus facile ou plus riche de le faire dans ce genre de forêts. Mais, de façon générale, c’est possible dans toute forêt qui est à l’état naturel, ou dans n’importe quel coin de nature. Lorsque une forêt est trop cultivée, et qu’il n’y a par exemple que des sapins plantés par l’homme, les élémentaires seront là, mais ils n’auront pas le même enthousiasme. Pour ce qui est de la Sainte-Baume, je pense qu’elle est plus liée à Marie-Madeleine qu’aux aspects des élémentaires. C’est tout de même une forêt domaniale protégée et laissée à l’état semi-naturel depuis 2000 ans.

Quel est le souvenir que vous retenez de votre première expérience avec la nature ?

J’ai ressenti beaucoup de gratitude. C’était justement dans cette forêt de Brocéliande, lors de mon premier stage avec Pierre Lassalle. Ce qui était impressionnant, c’était l’interaction des gens présents avec les éléments de la nature. Et cela s’est vu particulièrement avec la météo que nous avons eue ce jour-là. C’est-à-dire que, en fonction des exercices que nous faisions, nous prenions conscience de notre action sur le temps, dans la mesure où c’était au printemps, et dans l’heure, nous somme passé d’un ciel bleu avec un soleil rayonnant, à de la grêle, à une pluie battante, puis à nouveau du ciel bleu…c’étaient des changements d’une rapidité que je ne connaissais pas, et même les bretons qui étaient là étaient étonnés. Puis, ce qui était beau et qui m’a touché, c’est lorsque nous faisions des exercices dans lesquels nous offrions le meilleur de nous même à la nature, par un don. J’ai ressenti cette notion d’harmonie que l’on pouvait aider à créer au niveau de la nature.

NATURA-Pierre-Lassalle-Salon-du-mieux-vivreNous vivons une période, internet aidant, où de plus en plus de gens s’intéressent à la nature et à la façon de la respecter. Mais, pris par leur travail, leurs activités, ils ne savent souvent pas comment faire pour se connecter à la nature. Que pourraient-ils faire ?

C’est juste un choix. Si on veut rester collé à ce que la société nous propose, c’est un choix. Si on se rend compte que cette société nous amènera forcément dans le mur, et que l’on a un tout petit peu de bon sens, je pense que tout le monde peut faire soi-même sa propre réflexion. Après, c’est à nous de choisir de faire différemment de la société. Il y a un moment donné, il faut faire un choix, et ça c’est une démarche individuelle.

Donc, il n’y pas de voie du milieu.?. Pour tous ceux qui aimeraient avancer dans plus de connaissance et de respect de la nature, mais qui ne savent pas comment ?

Si je peux donner un ou deux conseils de base pour avoir cette capacité de faire un choix, mettez votre natel à la poubelle, mettez votre télé à la poubelle, et déjà ça ira mieux! Nous sommes dans une société où nous sommes conditionnés par les médias, par l’aspect économique. On veut que l’on soit des consommateurs. Tant que l’on accepte d’être des consommateurs, on se limite. Il faut bien prendre conscience que nous somme libres, et si nous refusons de consommer, la société ne va rien nous faire.

Est-ce qu’il y a un exemple d’exercice, pour les gens qui ont fait le choix de se balader dans la nature. Qu’est-ce qu’ils peuvent faire pour entrer en contact avec elle ?

La première question à se poser avant d’aller dans la nature, c’est pourquoi est-ce que j’y vais ? Qu’est-ce que je peux lui amener, qu’est-ce que je peux donner de moi pour casser ce schéma typique de notre société où je dois toujours prendre, et où je vais dans la nature pour me ressourcer, pour prendre, pour piller la nature ? Ce sont ces comportements qui la tuent. Donc, c’est l’état d’esprit qu’il est nécessaire de changer. Aller dans la nature pour avoir envie de lui offrir quelque chose. Et cela commence par la remercier. Ça c’est l’état d’esprit de base. Puis après cela, il y a un exercice tout simple à faire en nature, qui est l’ancrage. On se tient debout, pieds nus c’est encore mieux, yeux fermés, puis on imagine l’énergie de la terre, visualisée par une couleur vert turquoise, qui monte de la terre et qui entre en nous par la plante du pied droit, qui monte jusqu’au chakra racine, qui tourne deux fois pour le nettoyer et qui redescend à la terre par la jambe gauche. On peut voir ensuite cette énergie qui fait le même circuit dans la terre pour se purifier, pour se nettoyer et le tour recommence autant de fois qu’il faut pour sentir que la terre nous nourrit et qu’elle absorbe tout ce que nous n’arrivons pas à transformer nous mêmes. Puis exprimer sa gratitude.

Lausanne, le 24 octobre 2013

Catia D’Amore

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 Stephane-Allix Salon-du-mieux-vivreStéphane Allix est journaliste d’investigation, écrivain et réalisateur. Il débute sa carrière de journaliste en rejoignant clandestinement, à 19 ans, en 1988, les résistants afghans en lutte contre l’occupant soviétique. Au printemps 2001, la mort de son frère bouleverse son existence : *«… J’étais présent au moment de l’accident… Ce moment a été évidemment un moment de bascule totale. Tout ce à quoi vous croyiez auparavant qui n’est pas solidement engrammé dans vos cellules, est balayé… ». Depuis 10 ans, il s’est engagé dans l’étude et la recherche sur des phénomènes dits inexpliqués. Il compare les disciplines telles que la psychiatrie, la physique quantique, la biologie, les connaissances traditionnelles ou encore les savoirs chamaniques. En 2007, il fonde l’INREES, Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires, qu’il préside tout en poursuivant sa carrière d’écrivain. Il est en outre l’auteur de « La mort n’est pas une terre étrangère » chez Albin Michel.

*Émission « De Profil », la Première, 12 mai 2013

Il sera à Fribourg pour nous présenter deux conférences:

·    « Face à l’extraordinaire», samedi 9 novembre à 10h45.

·    « La mort n’est pas un terre étrangère», dimanche 10 novembre à 15h30.

Au début de l’entretien, Stéphane Allix m’apprend qu’il est en train de céder la présidence de l’INREES, mais qu’il restera fondateur…

Cher Monsieur Allix, je vous remercie de me recevoir par téléphone pour les Salons du mieux-vivre. Pouvez-vous nous présenter l’INREES ?

INREES signifie Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires. De manière synthétique, c’est un grand espace francophone d’information sur l’extraordinaire au sens large, à savoir des domaines qui touchent à la psychologie frontière, à la spiritualité, au bien-être mais aussi à des phénomènes que l’on qualifie parfois de surnaturels qui se produisent autour de nous. Dans notre société, ces phénomènes sont soit décriés sous prétexte qu’ils ne sont pas sensés être possibles ou alors, font l’objet d’une espèce de vénération un peu New Age qui ne fait pas tellement preuve de discernement. La vocation de l’INREES est donc de faire connaître les recherches scientifiques, médicales, cliniques ou psychologiques quand elles existent. Cette démarche a pour but de permettre à ceux qui en font l’expérience, en Europe, de pouvoir les vivre d’une meilleure façon. Dans un sens plus général, pour que tous ceux qui sont curieux de ce type d’expériences ou de ces dimensions un peu plus subtiles et invisibles de notre réalité, puissent trouver des éléments d’information scientifiques sur cet espace internet. L’INREES est aussi un espace d’organisation de grandes conférences, et, par exemple, la semaine dernière, nous avons reçu Matthieu Ricard. Les thèmes abordés touchent la psychologie frontière, la science ou la spiritualité. Il existe aussi une version magazine qui s’appelle « Inexploré ». Elle est diffusée en France, en Suisse et en Belgique tous les trimestres et reprend toutes ces questions.

…En préparant mes questions, un fil rouge est apparu, et comme le hasard n’existe pas, j’étais très heureuse de pouvoir réaliser cet entretien maintenant. Nous sommes à la fin du mois d’octobre, à la veille de la Toussaint. Il y a trois ans, j’ai découvert l’INREES, en effectuant des recherches sur David Servan Schreiber qui venait de décéder…

Avant l’INREES, votre carrière de journaliste a commencé très tôt, à 19 ans, comme reporter de guerre en Afghanistan, pourquoi ce choix ?

Vous parliez de la mort, ce n’est sans doute pas par hasard. J’ai une fascination pour elle depuis presque l’enfance. C’est cette fascination, dont je parle un peu dans mon dernier livre, « La mort n’est pas une terre étrangère », qui m’a poussé à aller dans un premier temps sur des zones de conflit. Je voulais voir comment des gens peuvent s’entretuer, comment des êtres humains peuvent en arriver à de telles extrémités. J’étais mené aussi par cette attirance un peu puérile, parfois morbide, pour le danger quand on est adolescent…pour moi, ça a été ça, notamment le maquis en Afghanistan. Journaliste, c’est un métier qui nous colle à la peau toute notre vie, on ne peut pas arrêter de l’être. Un journaliste, c’est quelqu’un de curieux, qui pose des questions, qui a envie de partager ce qu’il a découvert avec d’autres, au fond c’est bien plus qu’un métier. Cette espèce de curiosité que j’ai depuis plus de 25 ans continue à m’habiter, elle s’est simplement déplacée. La mort reste très présente, parce que, après cette fascination sans objet d’une certaine manière, la mort de mon frère devant moi en Afghanistan en 2001, a cristallisé une interrogation, un questionnement, et a rendu cette curiosité un peu légère beaucoup plus impérieuse, nécessaire et partie prenante de chaque seconde de mon existence. La mort n’est donc pas pour moi un concept auquel je ne réfléchis que de temps en temps, à la période de la Toussaint, c’est quelque chose au contraire qui m’habite à chaque seconde, non pas dans une espèce d’entretien morbide, mais comme l’aboutissement de ma vie. Ce moment va arriver, ce moment existe, il sera le clou de mon existence, comme il est le clou de l’existence de chacun et à ce titre là, c’est un peu un miroir qui regarde vers le passé sur notre propre existence. Le fait que je rende cette disparition présente au quotidien, me pousse à essayer d’améliorer ma vie chaque jour, d’améliorer mon comportement, pour me préparer du mieux possible à cet instant qui arrivera quand il arrivera.

Avez-vous déjà quelques réponses ?

Oui, en partie. Mais en même temps que les questions trouvent des réponses, de nouvelles questions apparaissent et surtout des questions qui changent de nature. C’est un peu l’objet de ma réflexion actuelle. Face à quelque chose comme la mort, comme la fin d’une existence que l’on a traversée avec une individualité, avec une certaine vision de soi-même, avec un certain amour de soi-même, sa propre disparition reste impensable. Quelque soit la préparation que l’on puisse avoir, même le plus Dalaï Lama des Dalaï Lama doit avoir une petite pointe d’appréhension au moment ultime où tout s’arrête. On peut s’y préparer, même très bien, mais je pense qu’il reste une part de mystère qui échappe à la réflexion, à l’intellectuel, à la pensée et à toute réponse, et c’est cette part de mystère que j’ai envie d’explorer aujourd’hui. Cette recherche ne trouve pas réponse dans des mots, dans une philosophie, dans une pensée, elle trouve juste une réponse dans une sorte de ressenti impalpable, quelque chose qui est très difficile à formuler. Du coup, j’y arriverai pas. Rires.

Est-ce que c’est quelque chose de l’ordre de la confiance, de l’acceptation ?

Il y a de tout cela je pense. Le corps et la psychologie sont travaillés par cette réflexion au quotidien. L’acceptation, la confiance, la conscience de cet événement se structure jour après jour, au fur et à mesure que l’on y pense. Il y a quelque chose d’une autre nature, qu’il me serait bien difficile d’expliciter ici parce qu’elle est de l’ordre de l’indicible. Que quelque chose soit vivant, présent, interactif avec vous et que la seconde d’après, il ne soit plus accessible du tout, c’est vertigineux, impensable. Il ne faut donc pas le penser, il faut faire autre chose, mais je ne sais pas quoi…j’y travaille.

Quel événement vous a mené de la guerre à l’extraordinaire ?

C’est évidemment la mort de mon frère, qui a donné à mes questions la nécessité absolue d’avoir des réponses. Avant, j’allais sur des lignes de front, je voyais des gens se tuer, je faisais des photos, je faisais du reportage de guerre, c’était parfois excitant, parfois terrifiant. Mais voilà, cela restait distant, cela restait loin de moi. Mes parents n’étaient pas proches de la mort, moi, j’étais immortel, comme mes frères. Et, du jour au lendemain, mon frère est mort devant moi. Ca change tout. Cela va donc m’arriver aussi. Mais lui, où est-il maintenant ? C’est vrai que j’ai commencé à bouillonner intérieurement pour essayer d’avoir des réponses à ces questions-là. Mais comme la plupart des occidentaux laïcs, je n’avais pas de réponses, je n’avais pas même idée de où je pouvais les trouver. Je ne me suis pas tourné vers la spiritualité, ce n’était pas là où j’avais envie d’aller, ce n’était pas des réponses spirituelles dont j’avais besoin. J’avais besoin de concret, de pratique, de rationnel. Où est-il ? Peut-être que Dieu est amour et que Dieu l’aime et qu’il est au séjour des bienheureux. Mais où est ce ? Le démarrage de ce questionnement, m’a fait découvrir, à ma grande surprise, toute une communauté de médecins, de scientifiques, de chercheurs, d’écrivains, et autres qui s’intéressaient à ces questions avec les pieds sur terre, sans avoir de réponses toutes faites. On a aucune preuve qu’il y ait une vie après la mort, mais on a aucune preuve qu’il n’y en ait pas. Cet espace laisse la possibilité à plein de choses. L’idée de l’INREES est venue dans un second temps, après l’écriture du livre qui relate cette enquête, pour essayer de structurer quelque chose d’un peu plus ambitieux dans le monde francophone.

Pour vos enquêtes, vous êtes entouré de nombreux scientifiques, de philosophes, de guérisseurs et de personnes qui racontent leurs expériences extraordinaires. Vous restez cependant toujours curieux, ouvert, mais pas crédule.

Cela me semble être le b.a.-ba du métier de journaliste. Ce n’est pas quelqu’un qui sait tout, il ne sait rien. Il n’est pas là pour juger, il n’est pas là pour expliquer à tout le monde ce qu’il a compris. Un journaliste ce n’est pas un nombril, c’est une passerelle. Un journaliste va à la rencontre des gens, essaie de le faire sérieusement, et essaie de ne pas se faire berner par des charlatans. Il pose un cadre d’enquête, et s’intéresse aux gens qui ont fait preuve de leur honnêteté intellectuelle, et aux phénomènes qui ont fait preuve de leur caractère inexpliqué. Ce n’est pas d’inventer des pseudo réponses pour rester rationnel qui est extraordinaire et journalistique, ça, c’est l’attitude de croyants qui ne croient en rien et qui veulent absolument le prouver, cela s’appelle de la propagande. En restant moi-même journaliste, je continue à être émerveillé durant les enquêtes. Encore récemment, j’ai vécu des moments d’émerveillement pur où je reste sans voix parce que tout d’un coup je suis devant un témoin dont je ne peux absolument pas, si je veux rester rationnel, remettre en cause ce qu’il me dit. Et pourtant, ce qu’il me dit est juste impensable. Qu’il s’agisse du dossier ovni ou de la vie après la mort ou autre chose, c’est extraordinairement excitant !

Pourquoi ne parlons-nous pas plus librement de tous ces sujets ? Pourtant, s’il arrive que quelqu’un ose prendre le fil de l’extraordinaire et raconte son expérience, les langues se délient…

Il y a certainement plusieurs raisons. Des raisons d’ordre psychologique, culturelles. Dans les raisons psychologiques, si on veut simplement s’attacher à l’aspect humain, on a des mécanismes en nous qui sont des mécanismes de protection. Dès que l’on est confronté à quelque chose de vraiment nouveau, on est dans une espèce de protection et de refus. Devant l’impossible, on a une première réaction, consciente ou inconsciente, qui nous dit « c’est pas possible » et qui met en branle dans notre cerveau tout un mécanisme pour essayer de trouver une explication rationnelle. Si je vous dis, par exemple : Je suis marié, et, de nombreuses années après le mariage, je continue à être amoureux de ma femme, ça n’active aucun mécanisme psychologique particulier en vous. En revanche, si je vous dis que, pendant que nous parlons au téléphone, je vois un énorme ovni survoler le sud de Paris, vous allez immédiatement vous dire : Hou là ! Mais qu’est-ce qu’il me raconte ? Il est en train de péter les plombs. Pourtant, je viens de vous parler de deux choses qui sont potentiellement des choses dont je fais l’expérience, mais l’une ne provoquera aucune réaction parce que c’est de l’ordre du connu, alors que l’autre, parce qu’elle n’est pas sensée être possible, va déclencher une réaction. Vous ne me croirez plus, vous me trouverez farfelu. Même avec la meilleure volonté du monde, nous sommes tous comme ça. Il ne s’agit pas d’intelligence, même des personnes très intelligentes vont avoir ce blocage. C’est vraiment une question d’être capable ou pas de maîtriser ses propres mécanismes de fonctionnement psychologique. Et cela demande beaucoup d’efforts…ou un accident. Moi, c’est ce qui m’est arrivé, un accident, un frère qui ne doit pas mourir et qui pourtant, à 30 ans, est mort. Ca balaye les choses de façon tellement violente que les nouvelles qui apparaissent dans la vie ensuite, sont moins jugées arbitrairement.

Puis, nous avons des habitudes culturelles. On vit dans une société, qui depuis quelques siècles s’est orientée dans une direction qui est celle de l’approche scientifique et expérimentale de la réalité. Ne sont réelles que les choses que l’on peut mesurer, peser, reproduire. Le reste est du domaine du subjectif. Le subjectif ne pouvant passer à la loupe de nos outils d’examens, étant d’une autre nature, on le cantonne à l’imaginaire, à la rêverie. Mais c’est uniquement l’orientation qu’a prise notre société occidentale depuis quelques siècles. D’autres cultures, ou notre société dans le passé, avaient un autre rapport à la réalité, où les rêves, le subjectif, pouvaient avoir une part beaucoup plus importante. On vit dans une culture qui a un rapport à la réalité qui nous conduit à avoir nous aussi cette attitude de rejet de tout ce qui est subjectif.

Pour finir, quand les hasards de la vie font que vous vous intéressez au dossier ovni, aux extraterrestres, à la vie après la mort, vous aurez le plus grand mal à trouver des informations solides. L’information est noyée au milieu de tout et n’importe quoi, vous n’avez pas accès à quelque chose qui soit une référence et c’est aussi là-dessus que l’INREES a un rôle à jouer. On a besoin aussi de balises et de repères dans cet univers-là.

Je me souviens de mes premiers mois d’enquête quand j’ai décidé de m’intéresser à ces phénomènes, j’ai vraiment consacré beaucoup de temps à lire plein de choses pour, avec le temps, réussir à dissocier ce qui me paraissait farfelu ou alors totalement hypothétique ou totalement lié à la personnalité d’un écrivain, de ce qui était un peu plus objectif.

L’une de vos conférence se nomme « Face à l’extraordinaire», de quoi s’agit-il ?

Cette conférence raconte mon entrée dans ce monde de l’extraordinaire. Depuis le moment où un lama tibétain qui vient de s’échapper du Tibet me met dans la tête une petite graine, jusqu’à ce que je décide de la faire éclore et de l’explorer. Sauf que cette petite graine allait me confronter à des choses auxquelles je n’étais absolument pas préparé, qui pour moi faisaient partie du domaine de l’imaginaire ou du non existant. Cette petite graine posée, puis, l’année suivante, la mort de mon frère, m’ont amené sur un terrain où j’ai été confronté à des choses que je pensais absolument inimaginables, dans le sens extraordinaire. Ce qui m’a paru le plus important alors, a été d’explorer quels étaient mes mécanismes de rejet.

Le thème de ce 14e Salon du mieux-vivre est le bonheur. Pouvez-vous nous dire, si vous le savez, quel est l’état des recherches scientifiques sur ce sujet ?

Ce n’est pas mon cœur de domaine. Je vous inviterais plutôt à plonger dans l’énorme pavé que vient de sortir Matthieu Ricard « Plaidoyer pour l'altruisme : La force de la bienveillance », qui est une œuvre absolument magistrale. L’altruisme étant l’une des composantes du bonheur.

Pour revenir à la question, je me méfie un peu de ce mot, le bonheur. Est-ce une absence de souffrance, un confort tranquille ? Moi, je ne sais pas ce qu’est le bonheur. J’ai vu à travers la planète, sur les terrains sur lesquels je suis allé, beaucoup de souffrance, beaucoup de conflits, j’ai vu une nature humaine qui est vraiment beaucoup plus encline à vouloir la bagarre qu’à vouloir l’harmonie. J’ai l’impression que la recherche du bonheur, que nous poursuivons, nous, en occident, est une espèce de luxe de petit bourgeois à qui il n’arrive aucun problème depuis quelques décennies. Je dis ça parce que la seconde guerre mondiale a soixante ans maintenant. Mais c’est oublier un peu vite ce que nos grands-parents ou parents ont fait pendant cette seconde guerre mondiale. C’est oublier un peu vite qu’on serait absolument capable de refaire exactement les mêmes choses qui se sont passées il y a soixante ans. Pour moi, je préfère le mot risque ou le mot danger. La mort de mon frère et la confrontation à l’idée de mourir me fait préférer la mise en danger de mes connaissances, de mes croyances, de mon mode de vie. Ce n’est pas le bonheur qui va m’aider à mourir, c’est l’apaisement, c’est la paix intérieure, c’est l’altruisme. Le bonheur, c’est un épiphénomène qui viendra couronner peut-être de façon indirecte cet état de bienveillance que je réussirai à atteindre. Est-ce que vous allez demander à un Iraquien quelle est sa conception du bonheur, ou à un Syrien en ce moment à Alep ou Damas ? Ça n’a aucun sens cette question. Nous, on peut se la poser, en Suisse, en France, aux Etats-Unis. Mais justement, vu que cette question ne peut pas être posée de la même manière à l’ensemble de l’Humanité, pour moi, ça la rend, je suis peut-être un peu sévère, pardonnez-moi, inutile. Je ne cherche pas le bonheur, je cherche à ce que mes souffrances et celles des autres soient diminuées.

…Cette question a suscité la discussion…après quelques échanges, Stéphane Allix, reprend le fil…

J’ai beaucoup d’admiration pour la façon dont Frédérique Lenoir expose ses idées et ses connaissances astronomique sur les religions. Je pense qu’il a une façon d’en parler qui est absolument merveilleuse. Pour moi, j’y entends quelque chose qui est déresponsabilisant. Vous savez, on voit toujours le verre à moitié vide ou à moitié plein. Moi, dans cette recherche du bonheur de la société, je vois les éléments à mon sens qui ne nous enrichissent pas. C’est-à-dire que ce n’est pas le bonheur que l’on cherche, mais le confort, la tranquillité, la paix pour soi, puis les autres, on s’en fout. Pour moi, c’est peut-être la déviance de la recherche du bonheur. Je préfère encore une fois insister sur la véritable paix qui vient quand on se met en danger, quand on pense aux autres avant de penser à soi-même. Comme le dit Matthieu Ricard dans son dernier livre, en citant je ne me souviens plus qui : « L’argent ne fait pas le bonheur, sauf quand on le donne ».

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Lausanne, le 3 novembre 2013

Catia D’Amore

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